Avant le naufrage... ou l'histoire du Havre d'avant

L'histoire du Havre et des Havrais... avant le naufrage !

22 avril 2008

Montée du HAC en Ligue 1

Ce soir, le H.A.C a validé son ticket pour la Ligue 1 de football professionnel. Il ne reste plus que le titre de Ligue 2 à aller chercher, ce qui sera peut-être fait dans les semaines à venir.

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Cependant, cette accession à l'ancienne première division de football n'est pas une première dans l'histoire du club. De même, en cas de titre cette année, Le Havre Athlétic Club obtiendrait le record absolu de titre en deuxième division, puisque ce serait le cinquième de son histoire.
Pour fêter dignement cette montée, mais rester dans l'esprit du blog, à savoir l'Histoire du Havre et des Havrais avant les bombardements de 1944, je suis allé rechercher des traces du glorieux passé du club doyen avant guerre.
La première montée du HAC dans l'élite du football professionnel eut lieu en 1938. Il y eut bien sûr plusieurs titres, y compris en première division, au début du XXème siècle, mais nous ne les prendrons pas en compte puisqu'à l'époque, on ne parlait pas de football professionnel, et seulement une dizaine d'équipes, lors des années fastes, se disputaient le titre. Le premier championnat de France professionnel fut disputer lors de la saison 1932-1933. Vingt équipes, réparties en deux groupes de dix se disputaient alors le titre suprême. Et, le HAC n'en faisait pas partie...
Comme dit précédemment, la première accession du HAC à la première division de football eut lieu au terme de la saison 1937-1938. Un peu comme cette année, le HAC s'adjugea la montée plusieurs journées avant la fin du championnat. Le titre fut obtenu en même temps, tant l'équipe du HAC survola ce championnat. A l'époque, on ne parlait pas encore de première et deuxième divison, encore moins de Ligue 1 et Ligue 2, mais d'une division nationale, et d'une division interrégionale.

Voici la Une du Petit Havre le vendredi 13 mai 1938, au lendemain de cette accession et de ce premier titre de Champion de France de ce qui deviendra la deuxième division...

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Excusez la piètre qualité de ce document, mais il est tiré d'un microfilm disponible aux Archives Municipales du Havre, mais photographié en positif, c'est-à-dire en blanc sur fond noir...

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Le HAC obtint le titre après une victoire 7 buts à 1 face à Caen, tout un symbole pour les passionnés de football aujourd'hui !


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Devant la difficulté à lire ces documents, je vous les ai retranscrits.

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Le Petit Havre - Vendredi 13 mai 1938

LA VIE SPORTIVE

Le H.A.C. est CHAMPION de FRANCE (division interrégionale)

Par 7 buts à 1, le H.A.C. a battu Caen.
Il est désormais sûr du titre et de l'accès en Division Nationale.

Quelle foule, hier soir, à la Cavée... 7.500 personnes pour le moins. 63.000 fr. de recette. Un succès inespéré pour un jeudi soir ! L'an dernier, au Havre, un dimanche, ce match n'avait pas réuni les deux tiers de cette somme.
Le H.A.C. a mis le point final à sa saison brillante, sans se soucier de ce qui lui reste à faire - et cependant, il entend terminer en beauté - il a assuré, voire affermi sa position de leader.
Battre Caen par 7 buts à 1, c'est un triomphe magistral, mais aussi inespéré pour ceux qui, comme nous, suivent de près les évolutions du club professionnel havrais.
Caen, nous n'avons aucune fausse honte à l'avouer, nous faisait peur... Pourquoi ?
Parce que, tout d'abord, ses dernières parties dans le Midi - contre Alès et Toulouse - avaient été nettement mieux réussies que celles du H.A.C.
Pourquoi ? Mais parce que Caen venait de passer 3 buts à 1 à Boulogne, alors que le club havrais avait dû baisser pavillon devant ces mêmes Boulonnais.
A ceux qui ont vu le match d'hier soir, nous citerons la première demi-heure du SM Caennais.
Le public qui retenait ses "[un mot]", commença à les déchaîner, lorsque au bout de la demi-heure, le HAC avait ouvert le score par Witta. Il laissa sa joie déborder lorsque ce même Witta tira superbement un coup franc quelques minutes avant la mi-temps.
Ces deux buts acquis, "on" respirait plus librement car ne riez pas, Caen nous avaient donné chaud. Le troisième but, hélas, devait lui donner le coup de grâce. Pour la suite, reportez-vous aux détails de la partie par notre collaborateur.

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Le H.A.C. a donc franchi de magistrale façon cette phase dangereuse que certains étaient [un mot] à redouter.
Le voilà désormais certain - quoique il arrive - de jouer en division nationale.
Le voici, et c'est un titre de gloire, qui doit faire plaisir à tous les sportifs du Havre, Champion de France de division interrégionale.
Que Colmar (le second actuellement) gagne tous ses matches - ce qui est loin d'être prouvé - il lui faudrait le faire par des marges catastrophiques. Le goal average du HAC lui permet quelques écarts (et il n'est pas dit que l'on va se laisser battre aussi aisément qu'on veut bien le dire), la réputation est là.
Le HAC donc est certain du titre. Bravo, c'est la grande consécration cette fois méritée. C'est le réveil officiel du vieux club havrais qui ne pouvait décidément rester dans l'ombre ! A nous maintenant d'être traités sur le même pied que les autres grands clubs !
- Et au lundi 6 juin, à la Cavée, pour les fêtes officielles... le couronnement !

LES EQUIPES

Godard
Caron                                Jan
Othmann                  Borecky                    Dertiax
Belhadj         Samek        Chloupeck         Guérin        Rodes


Waggi         Witta        Frigério         Nemeur        Leconte
Fiévet                  Powolny                    Cléron
Jasseron                                Rabia
Schlégel

LA PARTIE

Le premier quart d'heure fut à l'avantage du HAC mais la défense caennaise se surpassant, nos représentants ne purent traduire.
Par la suite, Caen se reprit et un bolide de Chloupeck fut sauvé après un plongeon de Schlégel.
Belle ouverture de Frigério à Waggi mais le shot de celui-ci est détourné en corner par Caron.
Le HAC repart. Frigério envoie à Leconte, démarqué. Ce dernier centre à Waggi qui renvoie à Witta et c'est le premier but pour le HAC à la 32ème minute.
Coup franc contre le HAC, sauvé par Schlégel après une belle parade.
Les équipes font jeu égal avec des alternatives d'avance et de recul.
A la 43ème minute, sur coup franc, Witta marque le deuxième but pour les Hacmen.
A la mi-temps : HAC : 2 - Caen : 0.

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En deuxième mi-temps, le HAC fait cavalier seul, Caen paraissant fatigué.
A la quatrième minute, Leconte, de l'aile, marque le troisième but, la balle frappant la barre montante rentre dans les filets.
Puis, à la seizième minute, sur loupé de Caron, Waggi qui a bien suivi centre. Leconte reprend et c'est le quatrième but.
Caen ne se décourage pas et le HAC doit concéder deux corners dont les visiteurs n'en tirent aucun profit.
Pourtant, à la 25ème minute, sur mauvais dégagement de Jasseron, Guérin sauve l'honneur pour Caen. Feu de paille !
Cinq minutes après, Frigério passe à Waggi, qui inscrit le cinquième point.
Sur corner Gougeu (?) marque d'un bel heading le sixième et vers la fin, Waggi augmente le score le portant à 7.
M. Lecesne, de Paris, assisté de MM. Bowley et Lamy, fut un arbitre quelque peu hésitant.

CONSIDERATIONS

A Caen, on avait mis en ligne les deux étrangers Samek et Chloupeck. Uzan - pas qualifé le jour du match - (il était suspendu lors de la rencontre prévue pour le 7 avril) avait dû être remplacé alors que [un nom] était indisponible. Caen tint fort bien pendant la première demi-heure et on pouvait craindre le pire. Le HAC, fort heureusement, prouva qu'il avait toujours deux "mi-temps" dans le "ventre".

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Belle partie de Schlégel, lequel pensons nous va nous rester. Rabia et Jasseron dominèrent de loin Caron et Jan. Enorme ligne de demis, où Powolny fit surtout très bien après la pause. Fiévet, parfait et Cléron fort utile. En avants, Frigério fit un grand match... Il ne fut pas heureux dans ses tirs, le grand centre avant, mais dans la presque totalité des buts marqués, il a eu son mot à dire. Waggi, Witta, Nemeur, Leconte, ont tous été d'une classe supérieure aux avants caennais.
Chez les visiteurs, Godard fut formidable de brio. Sans lui, on se demande qu'aurait pu être le score. Jan fit mieux que Caron qui ne durait qu'une demi-heure. Tout comme Borecky, qui ne fut que 'feu de paille'. Othmann fit une partie courageuse. Dertiax aussi, c'est tout. Belhadj, puis Guérin sont à signaler parmi les avants décidés, Rodes ne fut pas heureux. Samek et Chloupeck manient bien la balle, mais ne savent pas s'en servir devant les buts.


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Voici donc le compte-rendu qui parut dans la presse écrite, dans le Journal du Petit Havre, le lendemain de ce match, synonyme de titre et d'accession. On peut noter que cette année-là, le club doyen fut aussi demi-finaliste de la Coupe de France, éliminé après deux matches par le futur vainqueur : l'OM. Azéma, Bernardi, Black, Calours, Cléron, Fiévet, Frigério, Jasseron, Leconte, Nemeur, Powolny, Rabia, Schlégel, Vincent, Waggi, Witta furent de cette épopée.
Lucien Jasseron, capitaine de cette équipe, participera cette même année 1938 à la Coupe du Monde qui eut lieu en France, accompagné de César Powolny. Plus tard, il deviendra entraîneur du HAC. C'est lui qui était à la tête de l'équipe du HAC, victorieuse de la Coupe de France en 1959 face à Sochaux, dans le Stade Yves du Manoir de Colombes. Villenave, Hassouna, Lagadec, Salzborn, Eloy, Meyer, Strappe, Ferrari, Navarro, Bouchache, N'Doumbé et Saunier furent de cette partie.

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Cette année 1959 fut aussi synonyme de montée puisque cette année-là, le HAC était pensionnaire de deuxième division. C'est d'ailleurs à ce jour, le seul club qui n'appartenait pas à l'élite du football professionnel à avoir brandi le célèbre trophée.

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Quoiqu'il en soit, je tenais par ce billet à rendre hommage à travers leurs glorieux aînés à tous les joueurs actuels du HAC, à Jean-Marc Nobilo, au Président Louvel, à tout le staff administratif, technique et médical pour ces moments de joie qu'il nous ont procurés cette année. Espérons qu'ils continuent ainsi, obtiennent d'ici quelques semaines ce titre tant convoité de champion de France de Ligue 2, et que ce plaisir dure encore un peu l'an prochain...

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4ème rang : Franck SALE (recrutement) - Alain OLIO (Directeur de la Formation) - Sarah LACROIX (Kiné) - Jean-Christophe AUFFRET (Médecin) - Thomas PAVILLION (Prép physique) - Nicolas DEHON (Entr gardiens) - Patrice MONTHEIL (Entr adj) - Johann LOUVEL (Entr adj) - Vincent MARIE (Kiné) - / - Serge MARIE (Coordinateur sportif) - Bernard PASCUAL (recrutement)

3ème rang : Ali Allaoui ISSILAM - Loic NESTOR - Maxime BACA - Albert MILAMBO MUTAMBA - Benjamin LAURANT - Mike VANHAMEL - Christophe REVAULT - Olivier BLONDEL - Johny PLACIDE - Jérémy HENIN - Mahamdou CISSE - Selim BOUADLA - Mohamed YOUSSOUF

2ème rang : Ande DONA NDHO - Guillaume HOARAU - Valéry MEZAGUE - Adama SOUAMRE - Nikola NIKEZIC - Alain BELSOEUR (directeur gen.) Jean-Marc NOBILO (Entraineur) - Michel DEHAN (prép mental) - Cheikh Oumar DABO - Kevin FRANQUEVILLE - Jean-Armel KANA-BIYIK - Joao CARDEIRO - Abdellah KHARBOUCHI - Amadou ALASSANE

1er rang (assis) : Hassane ALLA - Jean-Pascal FONTAINE - Abasse BA - Olivier DAVIDAS - Nicolas GILLET - Luis GARCIA (Pdt de l'Association) - Jean-Pierre LOUVEL (Président) - Noel MARIE (Pdt du Conseil de surveillance) - Jamel AIT BEN IDIR - Damien TIXIER - Benjamin POLICE - Mamdou CAMARA - Kevin ANIN

Absent de la photo : Jean-Michel LESAGE

Les photographies de cet article sont extraites du microfilm Le Petit Havre (période mai-juin 1938) consultable aux Archives Municipales du Havre.

Le pêle-mêle, la photographie de l'effectif professionnel de la saison 2007-2008 et la photographie de la montée 2008 sont extraits du site officiel du Havre Athletic Club, consultable à cette adresse : Site officiel du HAC. Elles sont l'oeuvre d'Emmanuel Lelaidier.

La photographie couleur de l'équipe du HAC victorieuse de la Coupe de France 1959 est extraite du site http://www.pari-et-gagne.com


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17 avril 2008

La nef dite Grande Françoise

La nau Françoise devait être la plus grande et la plus belle nef de l'époque. Elle jaugeait 2.000 tonneaux et elle comptait plus de 100 mètres de long, trois rangs de sabords, deux gros mâts et trois misaines à l'arrière. De plus, elle était munie d'une puissante artillerie. On trouvait à bord, une chapelle, une forge, un jeu de paume, un moulin à vent, une maison construite en bois...

Selon Guillaume de Marceilles, la Grande Nef Françoise fut faite en 1520 dans la fosse de Leure, distante du Havre de Grâce d'une lieue, par le capitaine Lespargne, gentilhomme de Bretagne, sous la responsabilité de l'architecte Jérôme Fer. "Elle fut longtemps à bâtir, était plombée à clous de fonte depuis la quille jusqu'à la première ceinte, avec trois rangées de sabords où elle avait son artillerie. Elle était si longue qu'il ne se trouva personne qui du fer d'une boule put atteindre par dedans une extrémité jusqu'à l'autre. Il y avait dedans une fort belle chapelle fondée en l'honneur de Saint-François. Au devant de cette nef était peinte une image de saint François qui est celle encore posée dans l'église Saint-François en la ville avec la figure d'une salamandre. Il y avait aussi dans la dite nef un jeu de paume, une forge, un moulin à vent, et une maison ceinte de bois et au derrière étaient plantées les armoiries de France avec une figure de phénix. En icelle y avait deux gros mâts, y avait quatre hunes l'une sur l'autre assis au petit mât, et trois sur le gros mât. Ce gros mât avait cinq à six brasses de tour, composé et assemblé de plusieurs pièces de bois sur le Perrey. Il ne s' est jamais vu une si grande pièce pour être du port de 2000 tonneaux. Le roi avait projeté de l'envoyer au pays du Levant pour faire tête au grand Turc. Achevée en 1524, elle mesurait 50 toises (97,50 m) de long et avait sept hunes avec le château devant et le château derrière, et avait le bois de quoi elle avait été faite quatre pieds d'épaisseur (1,30 m) et coûta plus de cent mil écus d' or".

Ce gigantesque navire, qui avait coûté plus de trois millions de francs, fut lancé au mois de mars 1524. Il fallait maintenant le faire passer par la Grande Barre dans le Hâvre de Grâce et, de là, lui faire gagner la pleine mer.

Malgré tous les efforts des pilotes et de l'équipage, on ne put le faire sortir du port, qui se trouvait être trop étroit. La profondeur d'eau de la passe, entre les deux jetées, n'offrait pas un tirant d'eau suffisant. Il aurait fallu démolir le port. On ramena donc le navire jusqu'à l'entrée de la Grande Barre, où il resta comme un objet de curiosité jusqu'en 1538.

On attendit la grande marée d'équinoxe du 23 septembre 1533, mais là-encore, ce fut un échec. Le 14 novembre de la même année, lors d'une grosse tempête, le navire rompit ses amarres dans un grain et se coucha sur le côté. Définitivement bloqué dans le port de part ses dimensions, la Nef Françoise fut alors dépecée à partir de 1538. Les matériaux furent employés à construire la plupart des maisons du quartier des Barres.

Les bâtiments de guerre de l'époque, au nombre d'une dizaine au Havre, n'avaient pas changé depuis le moyen âge. On trouvait les nefs et les galères à côté des vaisseaux ronds appelés caravelles.

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Ci-dessus, un vaisseau du type de la Grande Françoise. Quoique très lourds, les navires de ce type restèrent en usage jusqu'au XVIIIème siècle, époque où l'on débarrassa le pont des châteaux d'avant et d'arrière, pour donner plus de légèreté à ces navires. La manie de l'ornementation eut alors libre cours...

Source : la citation de Guillaume de Marceilles est extraite du site Patrimoine de France, article 'Bateau de combat : nef dite la Grande Françoise à Le Havre'.

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Sur ce dessin de Jacques-Augustin Gaillard, on retrouve les trois étapes de la courte vie de la Grande Nef Françoise : sa construction dans la fosse de Leure en bas à droite, la tentative de sortie du port en bas à gauche, et finalement son échouage et son dépeçage près de la Grande Barre.

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16 avril 2008

Le logis du Roy, premier hôtel de ville

Construite vers 1520, la maison de M. de Chillou devint un édifice public sous le nom de Logis du Roy. De forme quadrangulaire, elle avait un rez-de-chaussée, un étage, des combles et deux tourelles octogonales. A l'origine, ce bâtiment fut créé par Du Chillou pour son usage personnel.

Après la mort de du Chillou, cette maison fut affectée à la juridiction maritime et à l'administration municipale. Sous Henri II, en 1551, les bourgeois du Havre l'achetèrent aux héritiers de l'ancien gouverneur pour 50,000 francs : ce fut le premier Hôtel de Ville. Il le restera jusqu'en 1752.

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En 1679, on le dota de galeries latérales afin d'accueillir les notables qui y descendaient.

En 1752, on construisit un nouvel hôtel pour le lieutenant du roi, en remplacement du Logis du Roy qui tombait en ruines. Il fut édifié près de la porte du Perrey et servit d'Hôtel de ville de 1792 à 1859 et se nommait Hôtel de Beauvoir.  En effet, en 1792, le Logis du Roy cessa d'être hôtel de ville pour devenir la sous-préfecture et le tribunal de Commerce.

Voici maintenant la description qui en était faite dans un ouvrage de 1825.

C'est un vaste corps de bâtiments, situé au Havre, près de la place de la bourse. L'architecture en est de mauvais goût, quoiqu'il ait été construit à l'époque où les beaux-arts florissaient en France. Il fut bâti par Guyon le Roy, seigneur du Chillou, premier gouverneur de cette cité. C'était là qu'il demeurait, mais sous le règne d'Henri II, en 1551, les habitants en firent l'acquisition de Louis Duplessis, ancêtre du fameux cardinal de Richelieu. [Note 1] Les souverains qui venaient visiter le Havre, descendaient jadis dans ce vieil édifice. L'infortuné Louis XVI y logea le dernier.


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Devant l'ancien hôtel de ville se trouve une cour d'honneur, sous laquelle est une immense citerne pour fournir de l'eau au Havre s'il venait à être assiégé, et que les canaux qui lui en procurent fussent rompus.
Dans cet antique monument, il se passa autrefois un fait inouï, dont la cause est encore couverte d'un voile impénétrable. Sous le règne d'Henri IV, en 1599, le gouverneur du Havre y fit venir trois jeunes officiers de la garnison, nommés Raulin ; et là, dit-on, il les somma d'obéir à des ordres contraires au service du Roi : ceux-ci, mus par le sentiment de leur devoir, refusèrent de les exécuter. Alors, ils virent paraître des hommes plastronnés. Ces infâmes sicaires, soudoyés par le gouverneur, qui haïssait ces jeunes militaires, égorgèrent deux des frères dans la salle des assemblées. Le troisième avait échappé aux meurtriers, en fuyant par l'une des galeries régnant sur la cour, quand, poursuivi par sa fatale destinée, il demeura attaché à un clou fixé contre la muraille. On le massacra en cet endroit. [Note 2] Le père de ces infortunés, avocat au Havre, furieux d'une telle cruauté, voulut vainement ameuter le peuple contre le bourreau de ses fils. Ce fut probablement en expiation de cet assassinat que le corps des victimes fut déposé dans l'église Notre-Dame. Une épitaphe, placée sur l'un des piliers, indiquait que ces trois frères moururent à la même heure, le 16 mars 1599. L'auteur du crime fit courir le bruit qu'ils étaient coupables envers le Roi, mais ce moyen ne put le disculper de ce que sa conduite avait d'odieux. On connaissait l'inviolable fidélité de ces braves officiers, et chacun pensa qu'ils avaient été immolés à un ressentiment particulier.
Maintenant, ce vieux bâtiment renferme le tribunal de commerce, celui de la justice de paix et l'administration de l'octroi.
Certains jours de la semaine, la cour et l'escalier sont remplis d'une foule de gens qui se dirigent, les uns au tribunal de commerce, et les autres au tribunal de paix.
En observant ceux qui fréquentent le premier de ces tribunaux, on remarque que leur costume est généralement soigné et leur ton décent, ce qui forme un contraste parfait avec les individus qui se montrent à l'autre tribunal.
Au tribunal de commerce comme en première instance, ce sont presque toujours des avocats qui défendent les parties. Alors l'attention que l'auditoire apporte à leurs plaidoyers est proportionnelle à leur talent oratoire.

En 1839, le premier musée du Havre est créé dans une partie du Logis du Roy.

Deux ans plus tard, en 1841, on transfére le Tribunal de Commerce du Logis du Roy au 15, rue de la Halle. Complètement désaffecté, on peut alors faire place nette.

En 1842, on démolit définitivement le Logis du Roy pour installer au même emplacement le Musée des Beaux-Arts.

[Note 1] : Armand-Jean du Plessis, futur cardinal de Richelieu, était le petit-fils de Louis du Plessis, seigneur de Richelieu, marié à Françoise de Rochechouart. Ce Louis du Plessis était lui-même le petit fils de Guyon le Roy, seigneur du Chillou. Ce n'est donc pas un hasard si Richelieu se retrouva gouverneur du Havre en 1626.

[Note 2] : voir Le massacre des frères Raoulin et Le massacre des frères Raoulin (suite).

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15 avril 2008

La première Place de la Bourse

Si l'étranger qui vient visiter le Hâvre arrive par un des passagers sur la place de la Bourse, la ville lui apparoît sous un point de vue fort agréable. Devant lui est le vieil hôtel-de-ville, ancienne demeure des souverains qui venoient en cette cité ; à sa droite, le port rempli de bâtimens de toutes les formes et de toutes les grandeurs ; à l'extrêmité du grand quai, la douane, dont l'Etat tire des produits très considérables ; au-delà, le bassin de la barre et l'entrée du quartier militaire ; du côté opposé, la Bourse, plus remarquable par l'importance des affaires qui s'y font, que par sa construction ; non loin de lui, la tour de François Ier ; en face, la rue de Paris, au bout de laquelle se découvre le riant côteau d'Ingouville.

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La place de la Bourse présente des scènes d'une extrême variété et toujours intéressantes. On y voit paroître alternativement des gens de ton et de profession très opposés ; souvent, en même temps, des négocians, des marins, des employés aux douanes, des marchands Bas-Normands ; enfin, un assemblage d'une telle bizarrerie qu'on le chercheroit vainement ailleurs. Ces contrastes fort amusans pour l'observateur, lui font faire des rapprochemens très singuliers. A chaque marée, les productions des deux rives de la Seine s'échangent sur cette même place.
Dans les longues soirées d'hiver, le vent y apporte quelquefois, à l'oreille du passant, les sons confus de la voix rauque des marins, mêlés au bruissement d'une mer tempétueuse ; ce bruit a quelque chose de sinistre qui fait naître de sombres pensées ; mais, au milieu des belles nuits d'été, le même lieu retentit de refrains d'amour. La place est alors couverte de marins et de jeunes filles, qui forment des rondes en répétant les vieilles chansonnettes de leurs aïeux. Dans les réjouissances publiques on y élève un orchestre, et des hommes occupés toute l'année de pénibles travaux, y cherchent une distraction nécessaire à leurs fatigues. Les danseurs sont environnés de parens et d'amis qui, pendant qu'on se livre au plaisir, racontent à leurs voisins les beaux spectacles qu'ils virent, les fêtes qu'ils partagèrent. Le souvenir des joies du jeune âge est infiniment doux ; on aime à se rappeler que, dans cette vie passagère, il fut quelques instans de félicité : ces pensées de bonheur procurent à l'âme une satisfaction inexprimable.
Quand le Hâvre reçoit un de nos princes, c'est encore là qu'on élève des obélisques pour célébrer son arrivée.
Jadis, la fontaine de cette place étoit surmontée de la statue pédestre de Louis XIV : elle fut détruite pendant la révolution.
Sur un banc posé près de l'entrée de la tour, s'asseyent les pilotes. Ce sont pour la plupart de vieux marins qui ont beaucoup vu, beaucoup retenu, et peuvent, par conséquent, faire des récits longs et variés. Ils se racontent entre eux des faits divers avec une originalité très piquante. Ils semblent, tant ils mettent de vérité dans leur accent, que la chose se soit passée récemment.

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Ce texte est extrait d'une description du Havre publiée en 1825. L'orthographe d'époque a été conservée.

La deuxième illustration est extraite de l'ouvrage de Jean Legoy, Le Peuple du Havre et son histoire - volume 2 - Du négoce à l'industrie 1800-1914. Elle représente l'entrée du port et la place des Pilotes vers 1820. On y découvre au fond le logis du Roy, édifice sur lequel je ferai un billet dans les prochains jours. C'est une gravure anglaise, oeuvre de Gendall et Sutherland. (Collection Legoy)


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14 avril 2008

Les noms des rues et de la ville

Les principales rues dans le premier siècle qui suivit la fondation du Havre étaient les rues de Sainte-Adresse, (devenue rue d'Estimauville), de Saint-Michel (devenue rue de Paris) et la rue Françoise (devenue rue de la Gaffe).
On peut reconnaître parmi les voies d'avant guerre beaucoup de rues d'alors qui aboutissaient aux bassins. Ce fut l'ingénieur Bellamarto qui fut chargé de tracer les rues au nord de la rue de la Halle et de la place du Vieux-Marché, ainsi que celles du quartier Saint-François. Pour la salubrité de la ville, il voulait établir un système d'égouts destinés à amener dans le port les immondices des grandes rues. Dans la pensée de l'ingénieur, derrière les artères principales devaient être aménagées, à cet effet, de petites rues qui n'étaient pas destinées à être habitées. C'est ce qui expliquerait l'existence des rues étroites du Petit-Croissant, d'Edreville, Saint-Pierre, parallèles aux grandes rues Faidherbe, Dauphine et de Paris.

Les noms des rues du Havre ont diverses origines. Quelques-uns viennent des enseignes des maisons, alors que les rues n'étaient pas numérotées. D'autres prirent le nom des habitants, telle la rue d'Estimauville. Beaucoup proviennent de leur disposition ou de leur situation. Exemples : la rue Saint-Michel, qui menait à l'église paroissiale d'Ingouville ; la rue de Sainte-Adresse qui, prolongée, menait au village du même nom ; la rue du Pont-des-Barres, qui conduisait au pont du même nom ; la rue Notre-Dame, qui longeait l'église Notre-Dame ; la rue Françoise ainsi appelée du nom du fondateur de la ville ; les rues Saint-Eloi, Saint-Julien; Saint-Martin, du nom des Saints.
Les noms de ces rues ont varié au XVIIème siècle et surtout pendant la Révolution. La rue d'Estimauville fut un moment la rue du Chat qui danse. La rue Saint-Michel est devenue la rue de Paris, la rue du Pont des Barres fut appelée la rue des Drapiers, etc.

De son côté, le nom même de la ville fluctua les premières décennies de son existence. Le nom de ville Françoise paraît pour la première fois, dans un document officiel en 1530. Le roi écrit : "Notre ville Françoise de Grâce que nous avons fait bâtir et édifier et à laquelle nous avons donné notre nom en perpétuelle mémoire de nous". Jusque-là, on avait employé les expressions : lieu de Grasse, port de Grasse ou Grâce. Le nom de Havre (qui veut aussi dire 'port' dans le sens de refuge) seul est resté. Un 'havn' dans les langues scandinaves est un 'port', un 'refuge'. On retrouve d'ailleurs ce mot en anglais dans des villes comme Newhaven.

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13 avril 2008

Les armoiries du Havre

Chaque ville autrefois possédait des armoiries, un blason. C'était le signe de son existence et de sa personnalité civile. Elle le faisait sculpter au fronton de ses monuments, broder sur ses oriflammes et les étendards de sa milice ; ses actes en étaient revêtus.

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Les armoiries du Havre datent de François Ier, qui avait pris pour devise une salamandre. Ce sont ses armes qui sont devenues les armes mêmes de la ville : un écusson de gueules (rouge) à la salamandre d'argent sur un brasier d'or ; au chef d'azur (en haut, bleu), chargé de trois fleurs de lys d'or (emblème du pouvoir royal).
On inscrivit au-dessous cette devise : Nutrisco et extinguo : "Je nourris et j'éteins", ce qui aurait le sens de : "je soutiens les bons et j'anéantis les méchants."

Parallèlement, le quartier de Graville-Leure, eut aussi des armoiries symboliques, données par Jean-Baptiste Eyriès, représentant un marais coupé par trois criques et trois barres, ce qui auraient aussi pu convenir au Havre...

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Les armoiries de la ville aujourd'hui

Voici la description des armoiries actuelles en termes héraldiques "de gueules à une salamandre d'argent, couronné d'or sur un brasier du même ; au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or et surchargé d'un franc-canton de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules". On peut la trouver sur le site de la Ville du Havre, rubrique 'Les armoiries de la ville du Havre : en savoir plus...'             

Ce site précise que le blason havrais ne comportait au XVIème siècle que la salamandre, probablement concédé par François 1er, au titre de ses armoiries particulières.

Les trois fleurs de lys, armes des rois de France, furent ajoutées sans autorisation sous le gouvernorat du duc de Saint-Aignan (1664-1689) et surmontées d'un soleil rayonnant, symbole du pouvoir qui ne disparut des armoiries du Havre qu'au XXe siècle.

Celle de gauche fut recouverte par d'une partie noire portant un lion d'or... : le lion du royaume de Belgique, ajouté en 1926 avec l'autorisation de celui-ci et recouvrant l'une des trois fleurs de lys, perpétue le souvenir du séjour en exil du gouvernement belge entre 1914 et 1918, et celui de sa reconnaissance pour l'accueil réservé à ses ressortissants réfugiés au Havre.

Enfin, en 1949, la Ville du Havre fut citée dans l'ordre de la légion d'Honneur, au grade de chevalier, avec l'attribution de la Croix de guerre avec palme (décret du 28 février 1949 paru au Journal Officiel du 27 avril 1949). La remise officielle à la Ville par le président de la République Vincent Auriol eut lieu au Havre le 18 juillet 1949.

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12 avril 2008

Quelques adresses où loger dans Le Havre du XVIème siècle...

Au XVIème siècle, alors que Le Havre comptait environ 500 maisons, on ne recensait que trois hôtelleries. La principale était celle où pendait pour enseigne la Salamandre ; elle était située sur le Grand-Quai, près de l'allée Duval (sur l'actuel quai de Southampton, à hauteur du restaurant Le Southampton). La seconde, celle du Lyon d'or, devenu ensuite L'Aigle d'or, était située rue Saint-Michel (aujourd'hui rue de Paris). A l'angle de la rue de la Crique et de la rue Faidherbe s'élevait la maison du Passeur, évoquée hier. Enfin, s'élevait aussi au n° 49 rue Royale (plus tard rue Faidherbe) l'hôtel des Trois-Têtes. Un panneau provenant de cette auberge fut conservé. C'était un des rares vestiges de la sculpture sur chêne de la Renaissance (milieu du XVIème siècle), au Havre. Il avait été détaché de l'entrée de l'auberge en 1868. Je ne sais pas ce qu'il est aujourd'hui devenu.

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11 avril 2008

La maison du passeur

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La maison du Passeur était située sur le quai de la Grande-Crique, à l'endroit où aboutit aujourd'hui le pont Notre-Dame, dans le quartier Saint-François. C'était à la fois une auberge, et l'habitation du Passeur qui, avec sa barque, conduisait qui le lui demandait à travers la Grande Crique ou sur la jetée sud. Sur le poteau de cette maison étaient sculptées les enseignes du passeur : l'une représentait une barque et un batelier, pour indiquer qu'on trouvait là le passeur ; l'autre, un homme à cheval, indiquait qu'on logeait dans l'auberge.
Située un peu en avant du n°5 de la rue du Général Faidherbe (d'avant-guerre), cette maison fut démolie en 1832.
Cette ancienne taverne était antérieure à la fondation de la ville, au départ seulement entourée de quelques cabanes de pêcheurs.

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05 avril 2008

Fête de la Scie

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Ce week-end a lieu la Fête de la Scie à Harfleur. Vous pourrez en télécharger le programme en cliquant sur ce lien. Toutefois, cette fête ne date pas d'hier. Voici la description faite de ces jours festifs trouvée dans un ouvrage sur Le Havre, publiée en 1825. L'orthographe d'époque a été conservée.

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La Scie d'Harfleur

Le dernier jour du carnaval est un de ceux de l'année où le Hâvre présente l'aspect le plus riant. Alors la rue de Paris et celle des Drapiers sont remplies d'une affluence considérable de promeneurs. La circulation en est si rapide, la foule si grande, qu'on ne parcourt ces rues que très difficilement. Celui qui ne seroit pas dans la confidence du motif d'une semblable réunion, pourroit trouver singulier que, pour voir quelques masques de très mauvais goût qui vont et viennent parmi les passans, on montrât un tel empressement.
Les entretiens particuliers annoncent que le peuple est dans l'attente d'un événement agréable.
Les groupes se composent de gens de toutes les conditions, de paysans dont quelques-uns sont revêtus de costumes nationaux, d'habitans des villes voisines, d'étrangers. Les fenêtres sont garnies de spectateurs ; chacun est en habit de fête ; les physionomies expriment le plaisir, et la démarche, un désir inquiet de voir réaliser l'objet de son espoir.
Cependant un bruit a circulé et il a répandu la joie ; la foule s'est portée en tumulte vers la porte d'Ingouville. "C'est la scie d'Harfleur !", s'écrie-t-on de toutes parts. La porte de la ville est fermée. Un officier, suivi de la garde, vient reconnoître : au qui vive ? on répond : folie d'Harfleur. Immédiatement la porte est ouverte, et on laisse entrer des masques à pied, à cheval ou montés sur des ânes. Leur costume a de l'originalité et une sorte de bigarrure qui fait beaucoup rire. Ils sont précédés de coureurs, suivis de tambours, de trompettes, d'instrumens. On aperçoit, pour derniers masques, deux hommes costumés d'une manière bizarre, qui portent en triomphe une scie bariolée de rubans ; à côté de ces derniers est un troisième qui tient une espèce de sceptre aussi orné de rubans qu'on appelle bâton friseux.
Cette mascarade se dirige chez le maire de la ville, le commandant de la place et les principales autorités. Dans chacune de ses visites elle chante une chanson de circonstance, donne la scie à baiser et se retire après avoir pris quelques rafraîchissemens ; puis elle retourne à Harfleur avec la même pompe.
Avant la révolution on voyoit concourir, à ce divertissement de carnaval, des jeunes gens d'une classe aisée ; maintenant il n'est composé que d'artisans. Les années, en passant, apportent toujours avec elles quelques changemens.
Les antiquaires, les savans, les érudits, les hommes du monde, se sont occupés de rechercher l'origine de cette fête populaire. Plusieurs écrits ont été publiés à ce sujet. Les uns y ont vu un reste de féodalité ; les autres, un divertissement dont la source fut un acte de reconnoissance envers un homme auquel Harfleur dut son salut ; d'autres enfin, une de ces fêtes produites par le désir de s'amuser et que le charme du souvenir perpétue. Ces derniers n'ont pas été embarassés d'expliquer pourquoi la cie, qui existe dans les armes de la maison de Cossé-Brissac, dont un des membres a été gouverneur d'Harfleur, se trouve portée solennellement pendant cette singulière cérémonie.

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Malheureusement, la fin de cet article était illisible. Toutefois, ce texte permet de mesurer l'engouement qui entourait cette fête en 1825, et le ressenti que l'on en avait au Havre. Aujourd'hui, cette fête a encore évolué, mais l'essentiel est bien qu'on la perpétue encore...

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04 avril 2008

L'intérieur du Grand Théâtre

Beaucoup en rêvaient... Grâce à Josiane Grison, ce rêve est devenu réalité. Voici une photo de l'intérieur du Grand Théâtre qu'elle a publiée sur le forum du GGHSM. Je la reproduis sur ce blog avec son autorisation.

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Elle vient compléter un autre article publié précédemment ayant pour sujet le Grand Théâtre.

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