Avant le naufrage... ou l'histoire du Havre d'avant

L'histoire du Havre et des Havrais... avant le naufrage !

29 février 2008

La rue Thiers et le quartier (suite)

Il y a quelques jours, nous avons déjà évoqué ce sujet dans un billet qui donnait surtout des informations historiques. Aujourd'hui, place à la photographie avec cette petite série de cartes postales de la rue Thiers et de son quartier.

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Vraiment le début du quartier Thiers. On aperçoit le clocher majestueux de l'église Saint-Michel et à sa droite, deux bâtiments de l'hôpital Flaubert encore debout aujourd'hui. Ils le resteront même après le départ de la maternité sur l'hôpital Jacques-Monod d'ici 2009 car ils sont classés.

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Sur le trottoir gauche de la rue, on reconnaît la façade imposante du magasin BOKA (à sa place aujourd'hui, se trouve le magasin EURODIF). Juste à côté, deux petites boutiques qui ne paient pas de mine et pourtant... il s'agit de celle du chapelier Lefrançois. C'est à cet endroit que s'installera le chapelier CODET en 1912, boutique dont le nom existe toujours rue Thiers (je ne sais pas s'il s'agit de descendants ou si le nom a été racheté). A sa droite, on peut noter que la façade de la confiserie est en cours de réfection. Un peu plus loin, on trouve une belle bâtisse sur laquelle il est écrit 'A l'Orpheline'.
Enfin, tout au fond, on distingue l'entrée du magasin FRANCE MODE qui deviendra plus tard PRISUNIC.

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On arrive à la seconde partie de la rue Thiers, au carrefour de la place Thiers. A gauche, on monte par la rue de Montivilliers (actuelle rue d'Ingouville) sur les hauteurs de la côte, et tout droit, on prend la rue Thiers en direction du Rond-Point. Juste à gauche de la carte postale, se trouve l'Hôtel du Bras d'or. C'est ici que s'installera le grand cinéma REX, puis plus tard le magasin DARTY. En face se trouve le célèbre magasin 'A la Boule d'Or' (que l'on distingue en façade), magasin qui deviendra le PRINTEMPS.

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Dernière carte postale. On arrive à l'ancienne place du Champ de Foire. A droite se trouvent plusieurs petits magasins comme 'Au Porte-Bonheur', ou 'Au Myosotis'. A l'angle de la rue Maréchal Galliéni se trouve la grande pharmacie Thiers, dont l'immeuble est encore visible aujourd'hui.

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28 février 2008

Inauguration de la motte féodale d'Aplemont

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Numérisation extraite du Havre Libre du mercredi 27 fevrier 2008.

Hier, mercredi 27 février 2008, a eu lieu en fin de matinée l'inauguration de l'aménagement de la motte féodale d'Aplemont. Vous pouvez retrouver un reportage photo de cette inauguration sur le blog Havre Aplemont Photo.

A cette occasion, France Bleu Haute Normandie avait délégué sur place Fanny Borius afin de rendre compte de l'événement. Voici son reportage audio.

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27 février 2008

Le Havre, avant sa fondation en 1517...

Dans les commentaires d'un précédent billet sur les Manuscrits retrouvés de Jacques Augustin Gaillard, 'stalin', un lecteur passionné par l'histoire du Havre m'a laissé ce message : "je trouve étonnante la vue de 1500 avec une implantation de maisons et la passe ouverte coté mer. Est-ce une vue de l'artiste ou une expression historique qui contredirait tout ce que je sais des travaux qui ont fondé le port puis la ville à partir de 1517 (accès par la fosse de Leure, barre de galets interdisant une entrée par l'ouest et uniquement une vieille chapelle difficilement localisable). Cette interrogation très pertinente méritait je trouve une réponse un minimum fouillée, d'où ce post.
Tout d'abord, pour ceux qui ne l'aurait pas vue, voici la vue de 1500 en question, dessinée par Gaillard, toujours extraite de l'ouvrage de Hervé Chabannes :

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Je ne suis ni spécialiste de Gaillard, ni chercheur ou grand spécialiste de la fondation du Havre, toutefois, je peux affirmer plusieurs choses.

  • Gaillard s'est servi de plans existants, trouvés dans des archives, pour dessiner les siens. Hervé Chabannes a expliqué que c'était notamment très visible sur le plan n°2, puisqu'on avait trace des trois bateaux y figurant sur le plan d'un autre érudit dont j'ai oublié le nom. Ce bateau, c'est la Grande Françoyse, le plus gros navire jamais construit à l'époque de François Ier. En bas à droite, on découvre sa construction dans la crique de Leure ; en bas à gauche la tentative de sortie du navire du port du Havre, mais ayant un trop grand tirant d'eau, il ne put jamais passer la tour François Ier ; et en haut du plan, on a trace de son retour à côté du bassin du Roy où la grande Françoyse finira par s'échouer. Démontée, son bois servit à construire bon nombre de maisons du quartier des Barres.

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  • Toujours selon Hervé Chabannes et surtout Jacques Augustin Gaillard, il est clair que Le Havre était déjà habité avant l'acte de fondation du Havre en 1517. Ce n'est pas par hasard que cet endroit fut choisi. On ne peut imaginer un tel endroit, avec trois petites criques sans au moins un petit village de pêcheurs. 'Stalin' parlait de chapelle, mais qui dit chapelle, dit présence humaine autour... On a aussi trace d'une présence humaine (village) du côté de Leure dès le XIème siècle, donc bien avant la création du havre, même s'il semble que ce lieu était désaffecté lorsqu'on fonda Le Havre. Dans son Précis chronologique, Jacques Augustin Gaillard indique ainsi à l'année 1531 : construction de l'église Notre-Dame à la place d'une petite chapelle bâtie en bois et couverte en chaume, qui existait dès 1450. Il ajoute dans son introduction que cette chapelle était dédiée à la Sainte Vierge, sous le titre de Notre Dame de Grâce, d'où le port a tiré son premier nom de Havre de Grâce. Cette même chapelle étant devenue trop petite pour le nombre d'habitants qui croissait toujours, on bâtit en 1531 l'église évoquée plus haut. Le Havre de Grâce existait donc dès 1450, non comme une ville mais comme un bourg ouvert et un port qui avait déjà rendu des services et qui pourrait en rendre de plus grands par la suite. Mais François Ier en fut vraiment le père et le fondateur : c'est à lui que Le Hâvre doit son premier lustre et son accroissement. Gaillard conclue ainsi son introduction : d'après ce qui vient d'être exposé [j'ai fait une vraie coupe dans le texte...], l'on peut conclure que d'un petit asile de pêcheurs dans son origine, le port du Hâvre est devenu un port [en 1824] en état de recevoir les navires de la plus grande dimension et peut passer pour un des plus beaux établissement de l'Europe. Le Hâvre donc ne fut d'abord composé que de quelques cabanes éparses sur le rivage, le nombre s'en augmenta à mesure que le terrein s'étendait, il devint un petit village qui fut changé en ville qui n'est pas encore dans l'état de splendeur où elle peut parvenir.

  • Dans un précédent billet à propos du Café du Vieux Havre, j'ai également cité un article de presse daté de 1934, écrit par Alphonse Petit, journaliste au Petit Havre et membre entre autres de la Société Havraise d'Etudes Diverses et des Amis du Vieux Havre (Centre Havrais de Recherche Historique). Il écrivait ceci : dans un temps vraisemblablement très proche, l'immeuble portant les numéros 27 et 29 du Quai Notre-Dame va être livré aux démolisseurs. Quel est cet immeuble ? Tout simplement l'une des plus anciennes maisons de notre ville, car elle fut vraisemblablement construite sur le bord de la crique qui allait devenir plus tard le bassin du Roy, et son édification doit remonter bien avant que François Ier ait, par son ordonnance, décidé de la construction de la Ville Françoise. [...] Cette maison est vraisemblablement antérieure à la création du Havre, car les personnes mal informées auraient tort de croire que Le Havre fut créé de toutes pièces sur un terrain absolument nu, encore inhabité. Il suffit, pour se convaincre qu'il n'en était pas ainsi de se reporter à la charte de François Ier. Celle-ci est ainsi libellée : "Avons vouloir et intencion au long dud. port et havre de Grasse, faire construire et édiffier forteresse, et ville close, et laquelle afin qu'elle puisse estre peuplée et que en iceluy lieu se habituent gens de tous estaz, nous a semblé faire certaine exemption et affranchissment à tous ceux qui de présent y sont habituéz et que cy après il viendroit habiter et faire bastir en lad. ville..." Donc, lors de la signature de la charte, il est déjà question de "tous ceux qui de present y sont habituéz". Combien étaient-ils d'habitants en cette région ? De combien de logis disposaient-ils ? Il est assez malaisé de le dire. L'on trouve cependant dans l'Histoire de la Ville du Havre, de Borely, une "liste des habitants du Havre qui, en 1524, avaient acquis des places pour y bâtir, ou y avaient déjà des maisons". Ils étaient au nombre de 127, et, vraisemblablement, il y a dans cette liste, le nom de celui qui, à cette époque, était propriétaire de l'immeuble du quai Notre-Dame.

Je n'ai pour l'instant pas d'autres éléments formels à apporter à 'Stalin' ou à toute autre personne qui se poserait la même question que lui, posée en préambule. Toutefois, les éléments de réponse en ma possession tendent à montrer qu'il y avait bien des constructions et des habitants à l'endroit même où Le Havre fut créé, c'est-à-dire à hauteur du futur quartier Notre-Dame. Dans le même temps, Jean Legoy dit dans son ouvrage Le Peuple du Havre et son histoire, des origines à 1800, que si la Crique de Grasse est connue des marins de la région et qu'elle sert depuis longtemps d'abri aux bateaux de petit tonnage, cette zone vierge de toute habitation, laisse une entière liberté d'implantation ; car c'est une création "ex-nihilo" qu'envisage Du Chillou...

A vous peut-être maintenant, avec ces éléments, de vous faire une idée sur la question, et si vous avez d'autres 'pièces à conviction', à ne pas hésiter à les partager en en faisant mention dans les commentaires.

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26 février 2008

La Place de l'Hôtel de Ville, carrefour est

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Comme l'a souligné Geo hier, dans ses commentaires du précédent billet, en superposant des plans du Havre d'avant et d'après guerre, on constate que l'ancienne rue Thiers aboutissait avant 1944 à hauteur de l'actuelle Place de l'Hôtel de Ville, entre l'ancien restaurant Hippopotamus et le Théatre de l'Hôtel de Ville. La Place de l'Hôtel de Ville a en effet été agrandie vers le nord après la guerre.
La rue Thiers formait un véritable carrefour avec le boulevard de Strasbourg, comme on peut le voir sur notre photo. Le boulevard de Strasbourg est à droite, la rue Thiers en face, et les jardins de l'Hôtel de Ville juste à gauche, à hauteur des calèches.
Le boulevard de Strasbourg fut tracé et ouvert dans le premier semestre de l'année 1857, afin de rejoindre la gare et le nouvel Hôtel de Ville. Il fut construit sur les anciennes fortifications entièrement détruites à partir de fin 1854, comme le boulevard François Ier fut construit à la place des remparts. La place de l'Hôtel de Ville est achevée cette même année après deux ans de travaux.
Le 5 août 1857, Napoléon III et l'Impératrice Eugénie vinrent en personne inaugurer la Place, et par la même occasion tous ces travaux d'extension et de modernisation de la Ville du Havre. On commence déjà à parler de l'Ancien Havre, ou du Vieux Havre, en comparaison de la ville nouvelle...

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25 février 2008

La rue Thiers et le quartier

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Encore une photographie empruntée à l'ami Pierre Bruger du forum du GGHSM qui nous présente le début de la rue Thiers. Sur celle-ci, on distingue sans peine le clocher majestueux de l'église Saint-Michel, hélas disparu lors des bombardements de septembre 1944. Le clocher incendié, l'église en grande partie détruite (il ne restait plus que quelques piliers et des arcades au sortir de la guerre), on procédera ensuite à sa destruction et à la construction de l'église que nous connaissons de nos jours. On aperçoit la côte en arrière-plan, beaucoup moins peuplée qu'aujourd'hui...

Cette partie de la rue menait de la place du nouvel Hôtel de Ville à la rue de Montivilliers (actuelle rue d'Ingouville). Elle fut longtemps la promenade des gens à la mode, comme en témoignent les nombreuses enseignes des magasins d'habillement.

A la hauteur du tramway, hors champ, sur la droite, se trouve la Banque de France encore debout aujourd'hui. Celle-ci s'installa rue Thiers le 22 septembre 1856, c'est-à dire peu de temps après l'annexion de la commune d'Ingouville par celle du Havre (1852). C'est l'époque où le quartier Thiers 'explose'. Beaucoup de nouvelles constructions apparaissent. Le Havre est en train de s'étendre, ou plutôt de vivre une deuxième jeunesse.

En effet, en une dizaine d'années, on abat les remparts, on crée des rues (Franklin, Ancelot, de la Douane, de Metz, de l'Impératrice, le boulevard de Strasbourg...), on en prolonge d'autres (la rue du champ-de-Foire), on construit le nouvel Hôtel de Ville, si bien que le 5 août 1857, Napoléon III et l'Impératrice Eugénie viennent au Havre en visite officielle pour 'inaugurer la nouvelle ville'. Le Havre a alors 64.000 habitants. Le tour de la rue Thiers viendra quelques années plus tard...

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Car la rue Thiers n'eut pas toujours le tracé qu'on lui connaît aujourd'hui. Avant son élargissement en 1880 et son prolongement, elle s'arrêtait à hauteur de la Banque de France qu'on aperçoit sur la photographie ci-dessus, au fond à droite. Celle-ci n'est pas non plus dans sa version définitive puisqu'elle fut reconstruite en 1882. Vers 1890, le moins que l'on puisse dire, c'est que la rue n'avait plus le même aspect...

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Côté gauche de la rue, on pouvait trouver les magasins suivants : le restaurant Voisin, le magasin 'Au Patriote', le Grand Bazar du Bon Marché ou le café Levigneur, comme nous pouvons le découvrir sur la photographie suivante.

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A partir de 1880, en empruntant cette rue, on accédait à la rue de Montivilliers (actuelle rue d'Ingouville) d'où l'on montait vers la côte. On pouvait aussi tourner à droite pour suivre la nouvelle rue Thiers prolongée.

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En effet, après la rue de Montivilliers, la rue Thiers se prolongeait vers le Rond-Point. Changeant de nom à la hauteur de l'ancienne clinique des Ormeaux, elle prenait celui de rue de Normandie et menait jusqu'à la sortie du Havre. 

A l'origine, cette partie de la rue Thiers était sur le territoire d'Ingouville et se nommait alors 'Chaussée d'Ingouville'. En 1738, elle fut entièrement refaite, embellie, aménagée en promenade avec 800 arbres placés sur quatre rangées et formant trois allées bien alignés. La seconde partie de la rue, la Route ou Rue Royale (nommée plus tard rue de Normandie) ne fut construite qu'en 1765 et achevée 11 ans plus tard.

Les nouveaux immeubles et les grands magasins s'installent alors dans cette partie de la ville. Voici en quelques dates les événements marquants concernant ce quartier, et plus particulièrement cette rue Thiers :

  • 1835 : installation de l'auberge de la Pomme d'Or au coin de la rue Thiers et de l'actuelle rue Ancelot.
  • 1837 : installation du Champ de Foire à l'emplacement de la future Place Thiers.
  • 1839 : la Rue Royale qu'on a évoqué plus haut est dotée de trottoirs et de huit candélabres à gaz.
  • 1842 : installation de la poste d'Ingouville au 151, rue de Normandie.
  • 1845 : création de la partie Nord de la rue du Champ-de-Foire.
  • 1852 : annexion de la commune d'Ingouville par celle du Havre.
  • 1853 : M. Eugène Huet ouvre la mercerie "A la Boule d'Or" au bas de la rue de Montivilliers.
  • 1856 : la Banque de France s'installe rue Thiers.
  • 1861 : on asphalte les trottoirs de la rue Thiers.
  • 1863 : inauguration de la salle de spectacles de l'Alcazar au 19, chaussée d'Ingouville.
  • 1871 : installation de la Maison Desforges (vente d'instruments de musique) place Thiers.
  • 1872 : création du marché Thiers.
  • 1880 : percement et prolongement de la rue Thiers qui prend son aspect définitif. Elle part désormais de la place de l'Hôtel de Ville et va jusqu'à la rue de Normandie, en direction du Rond-Point.
  • 1881 : édification d'un marché couvert sur la place Thiers.
  • 1882 : construction de l'actuel immeuble de la Banque de France.
  • 1885 : M. Huet achète un terrain en face de son précédent magasin et y transfère sa Boule d'Or, rue Thiers. Cette enseigne deviendra plus tard 'Le Printemps'.
  • 1890 : la place Thiers reprend son aspect d'avant 1881 après démolition de son marché couvert.
  • 1912 : le chapelier Codet s'installe rue Thiers.
  • 1914 : électrification de l'éclairage des rues.

En 1880 a lieu au Havre la première célébration de la Fête Nationale. Après 1890, tous les 14 juillet, on prendra l'habitude de se rassembler place Thiers pour assister à un drôle de spectacle : le départ en début de soirée d'un ballon que l'on gonfle depuis le début d'après-midi.

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On pourra compléter ce sujet par ceux de Geo qui avait déjà fait quelques billets sur ce quartier il y a presque un an. Je me suis d'ailleurs aperçu en les consultant après coup qu'on avait des photos identiques, comme quoi il n'y a quand même pas pléthore de vues du Havre d'avant-guerre...

C'est ici, ici, ici, ou encore ici.


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24 février 2008

La Place Thiers

Hier, nous avons évoqué le marché couvert de la Place Thiers. Cependant, comme nous l'avons vu, sa durée de vie fut très limitée.
A l'origine, la Place Thiers n'était qu'un champ de foire enclos de murs. Son installation à cet endroit date de 1837. Ce n'est qu'en 1872 qu'on le transforma en place. Au mois de juin de cette année, on créa deux marchés : l'un à Thiers, l'autre au Rond-Point.
Ce marché de la Place Thiers était bi-hebdomadaire et très fréquentée par les ménagères du Havre. En 1890, le peu de succès des halles couvertes fit qu'on rendit à la place son aspect d'antan. Le 19 août de la même année, juste à côté, le funiculaire entrait en service...

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Sur cette photographie, on constate l'animation qui pouvait régner un jour de marché. Derrière les étals, dans le fond à droite, on peut apercevoir l'entrée du funiculaire. Tout en haut, la cheminée... je n'ai pas fait de recherches sur ce sujet, mais je pense qu'elle était intimement liée au fonctionnement du funiculaire qui avant son électrification en 1911 fonctionnait à la vapeur. On observe aussi l'étrange pointe dont j'ai déjà parlé dans un autre billet et que j'avais pris pour un clocher. Il s'agit en fait d'une des cheminées du Pavillon Maillard, dont l'aile a été détruite par deux bombardements en 1942 et juin 1944. (Merci Geo)

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23 février 2008

Le marché couvert de la Place Thiers

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On reste dans le même quartier. A la place de l'actuel parking Thiers fut édifié en mars 1881 un marché couvert. Cette place ne porta d'ailleurs pas toujours ce nom puisqu'avant la mort d'Adolphe Thiers en 1877, elle s'appelait place du Champ de Foire. Sur le plan suivant daté de 1893, on constate d'ailleurs la longueur de la rue du Champ de Foire (actuelle rue Maréchal-Galliéni, prolongée par la rue du Docteur Vigné) qui partait de la rue Jules Lecesne et accédait à la rue de Montivilliers (actuelle rue Georges Lafaurie).

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Ces halles couvertes ne remportèrent cependant pas un grand succès, si bien que dès 1890, on les démolit pour rendre à la place Thiers son aspect d'antan.

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22 février 2008

Le funiculaire vu de la Côte

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Cette carte postale envoyée par Pierre Bruger sur le forum du GGHSM, reproduite avec son autorisation, offre une vue complètement atypique du funiculaire puisqu'on le voit généralement représenté dans l'autre sens, avec une vue de la côte. De plus, elle offre un superbe panorama de la ville.

Les immeubles du premier plan n'existent plus aujourd'hui. Ils ont été détruits en 1941, puis reconstruits. C'est à cet endroit que se trouve maintenant l'entrée de la ZAC Coty et le Mc Donald.

Derrière, au second plan, la masse imposante de la Bourse. Avant guerre, elle se trouvait à l'emplacement de l'esplanade actuelle du casino, là où éclaboussent les jets d'eau. On peut repérer les arbres de la Place Carnot qui elle n'a pas changé de place.

Tout au fond, légèrement sur la droite, on peut voir le clocher de la cathédrale Notre-Dame, alors simple église.

Il reste deux bâtiments dont je ne trouve pas trace dans mes ouvrages :

  • le clocher au pied de la rampe du funiculaire. Est-ce la chapelle de l'Hôpital ?
  • les deux dômes, à la même hauteur que la Bourse, au deuxième tiers de la photo en partant de la gauche.

Si vous avez des éléments sur ces édifices : photos, descriptions ou tout simplement leur nom, n'hésitez pas à apporter vos connaissances en laissant des commentaires...

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21 février 2008

Le Café du Vieux Havre

Comme nous l'avons vu hier, le Café du Vieux Havre s'est éteint peu de temps avant la guerre, en 1934. Vétuste, devenu trop dangereux pour la sécurité publique, il fut démoli par la Municipalité.
Seulement, de par son pittoresque et sa construction quelque peu alambiquée, il était un petit peu devenu le symbole de ce Vieux Havre, en portant jusqu'au nom... De ce fait, il a largement été fixé sur la pellicule, de telle sorte que son souvenir est aujourd'hui bien conservé et que sans l'avoir vu, il fait partie de la mémoire de nombre de Havrais...

En voici quelques photographies extraites de différents ouvrages sur Le Havre.

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Fonds SHED

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Collection CHRH - Fonds Soclet

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Coll. Bibliothè
que Municipale du Havre - Raoul Lefaix

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Collection Gérald Lecanu

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Collection Gérald Lecanu
 

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Collection Alexandre Lecanu

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Collection Alexandre Lecanu

Toutes ces photographies datent d'avant 1930, puisque c'est vers cette année qu'il quitta son appellation de Café du Vieux Havre, 'connue de temps immémorial' pour prendre celle d'Amsterdam Bar.

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20 février 2008

La fin du Café du Vieux Havre, ou le Vieux Havre qui s'écroule...

On a évoqué hier un article de la presse locale daté de 1938 qui s'inquiétait de ce Vieux Havre qui disparaissait déjà peu à peu avant guerre. Un autre article du même auteur, toujours extrait du Petit Havre et daté du 3 février 1934, consulté aux Archives Municipales du Havre, nous donne un autre aperçu de ce Havre d'alors, plutôt moribond, et voué en partie à la déchéance...

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Le sort en est jeté. Dans un temps vraisemblablement très proche, l'immeuble portant les numéros 27 et 29 du Quai Notre-Dame va être livré aux démolisseurs.

Quel est cet immeuble ?

Tout simplement l'une des plus anciennes maisons de notre ville, car elle fut vraisemblablement construite sur le bord de la crique qui allait devenir plus tard le bassin du Roy, et son édification doit remonter bien avant que François Ier ait, par son ordonnance, décidé de la construction de la Ville Françoise.

Nous voulons, en effet, parler de ce bâtiment bizarre, mal proportionné, aux mansardes inégales, qui occupe l'angle du Quai Notre-Dame et de la rue Saint-Jacques.

Avec ses fenêtres dissemblables, ses étroites lucarnes disposées à la valdrague, ses toitures qui furent jadis couvertes de pavés plats auquel on a substitué l'ardoise en ces dernières années ; avec ses colombages apparents, ses anciens aissantages en lamelles de bois, le bâtiment présente un caractère si vétuste, si particulier, si singulier, qu'il a tenté le crayon habile de bien des dessinateurs comme nos concitoyens, MM. Lefaix et Constant, ou retenu l'appareil des touristes photographes.

Grâce à eux, le souvenir de cette bâtisse sera conservé, comme le fut celui de la maison du passeur, dans nos archives locales et notamment au Musée du Prieuré.

Comme nous le disions plus haut, cette maison est vraisemblablement antérieure à la création du Havre, car les personnes mal informées auraient tort de croire que Le Havre fut créé de toutes pièces sur un terrain absolument nu, encore inhabité.
Il suffit, pour se convaincre qu'il n'en était pas ainsi de se reporter à la charte de François Ier.

Celle-ci est ainsi libellée :

"Avons vouloir et intencion au long dud. port et havre de Grasse, faire construire et édiffier forteresse, et ville close, et laquelle afin qu'elle puisse estre peuplée et que en iceluy lieu se habituent gens de tous estaz, nous a semblé faire certaine exemption et affranchissment à tous ceux qui de présent y sont habituéz et que cy après il viendroit habiter et faire bastir en lad. ville..."

Donc, lors de la signature de la charte, il est déjà question de "tous ceux qui de present y sont habituéz".

Combien étaient-ils d'habitants en cette région ? De combien de logis disposaient-ils ? Il est assez malaisé de le dire. L'on trouve cependant dans l'Histoire de la Ville du Havre, de Borely, une "liste des habitants du Havre qui, en 1524, avaient acquis des places pour y bâtir, ou y avaient déjà des maisons". Ils étaient au nombre de 127, et, vraisemblablement, il y a dans cette liste, le nom de celui qui, à cette époque, était propriétaire de l'immeuble du quai Notre-Dame.

Le dernier propriétaire sera certainement la ville du Havre.

En effet, M. Léon Gustave Chevallier, employé de commerce, demeurant à Sainte-Adresse, rue d'Ignauval, n° 18, suivant acte reçu par Me Hasselmann, notaire au Havre, les 7 et 13 décembre 1933, a vendu à la Ville du Havre :

"Une Maison, située au Havre, quai Notre-Dame, n° 27 et 29, à l'angle de la rue Saint-Jacques, construite en colombage et couverte de tuiles plates, élevée de rez-de-chaussée, comprenant boutique à usage de café-débit avec caveau à la suite, premier étage comprenant cuisine, salle et deux cabinets contigus, deuxième étage avec même distribution, troisième étage, deux mansardes, grenier et cabinets d'aisances.

"Ladite maison est édifiée sur une terrain d'une superficie de 37 mq cadastré section H, n° 111."

Evidemment, les amateurs de pittoresque regretteront la disparition de cette bâtisse qui apparaît bien singulièrement construite et agencée avec ses appartements exigus, son escalier tortueux, et ses poutres saillantes, mais nul ne saurait logiquement penser à la conserver, en la restaurant. Tous est usé et vermoulu : les poutres fléchissent, les encadrements des fenêtres se rompent au passage des voitures et l'ensemble ne tient que par la force de l'habitude.

Un effondrement complet est à redouter. La situation est si critique que lorsque la ville a fait, il y a quelques années, l'achat de la maison du forgeron de marine M. Rostaing, rue Saint-Jacques, qui n'était plus en état d'être habitée, il fallut renoncer à l'abattre. Ses assemblages de bois soutenaient et soutiennent encore la maison contiguë. En les enlevant on eut provoqué la chute de sa voisine. Il était prudent d'attendre, mais une telle situation ne pouvait s'éterniser sans compromettre la sécurité publique.

La maison est incontestablement appelée à disparaître.

                                                                        *    *    *
Comme on peut le remarquer, bien que depuis quelques années l'établissement de café-débit dont il est question dans l'acte de vente portât comme enseigne les mots "Amsterdam Bar", sur la façade du quai Notre-Dame, on peut lire sur celle de la rue Saint-Jacques les mots "Café du Vieux Havre". C'est en effet sous la désignation "Au Vieux Havre" que la maison était connue de temps immémorial. Rarement désignation ne fut plus justifiée.

L'immeuble est certainement âgé de près de cinq siècles. Dès son origine peut-être servait-il déjà de taverne, pour les équipages des bateaux de Fécamp, de Dieppe, de Saint-Valéry, qui venaient se réfugier dans la Grande Crique et qui, entre les époques de pêche, apportaient là du bois ou chargeaient des pommes et des fruits pour l'Angleterre. Sous son plafond bas, malgré deux décors peints en grisaille bleutée sur la muraille et représentant, l'un des bateaux de pêche dans le bassin voisin, l'autre la maison elle-même ; malgré un agencement quelque peu modernisé le café bar a gardé, en dépit de voisinages parfois fâcheux, une clientèle fidèle et une bonne tenue grâce à l'impulsion que lui a conservée son propriétaire M. Théophile Bacciochi, plus connu sous la dénomination du "père Théo".

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D'origine corse le père Théo est très connu des marins. C'est qu'il a lui-même beaucoup navigué, qu'il a bourlingué sur toutes les mers.

Après avoir voyagé comme matelot sur les voiliers de la maison Auger, le père Théo qui pratiquait couramment le hollandais, l'allemand et l'anglais était entré comme interprète pour les émigrants de 3ème classe sur les paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique. On le vit ainsi successivement sur 'La-Bretagne', 'La-Champagne', 'La-Gascogne' et 'La-Bourgogne'.

Mais celui qui est devenu le "père Théo" ne fut pas seulement connu des navigateurs, il eut aussi quelque célébrité jadis parmi la jeunesse qui fréquentait les petits cafés-concerts où l'on entendait des chanteuses plus ou moins bien dotées tout en buvant force bocks.

C'est que musicien, il tint les fonctions de chef d'orchestre, chez Jacobs, au fameux café chantant dénommé le "Star" et qui se trouvait au n° 37 de la rue du Général-Faidherbe. On le vit aussi comme pianiste au "Bijou Concert", petit établissement étroit qui exista longtemps rue de Paris, dans l'immeuble proche de la chapellerie Oswald et aussi dans l'un des derniers établissements de ce genre le "Concert Lavergne" où le père Théo remplaça son vieil ami Chancerel, qui, bon poète et compositeur primesautier, jouissait d'une réelle faveur populaire.

L'ancien interprète, l'ancien musicien est devenu à son tour tenancier d'un bar, mais si l'on y peut souper agréablement et s'y amuser en cordiale société, il est certain que le barman n'évoque pas sans joie ses souvenirs joyeux des temps lointains.

A. PETIT

Ainsi se lamentait-on de la disparition prochaine de cet établissement du Vieux Havre en 1934, même si sa fin semblait être inéluctable pour notre journaliste conteur. Demain, je vous présenterai d'autres photographies de ce haut lieu du Vieux Havre. Pour l'anecdote, il est à noter que cette expression du 'Vieux Havre' est utilisée dès la fondation du Havre pour désigner justement ces quelques bâtisses, déjà présentes avant la construction des remparts et de la ville en tant que telle.

Posté par Patardam à 23:20 - Les édifices non religieux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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