Le Havre d'avant... ou l'histoire en photo de la ville du Havre et des Havrais avant la guerre...

Le Havre... toute l'histoire du Havre et des Havrais... avant le naufrage et les bombardements de 1944 ! Beaucoup de photos dans Le Havre d'aujourd'hui également...

15 juin 2009

L'ancienne Caserne des pompiers

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Il y a quelques jours, j'avais fait un billet sur l'Hôtel de Beauvoir qui fut un temps le deuxième Hôtel de Ville du Havre. Au cours de cet article, j'avais été amené à vous parler des casques qui ornaient le portail de cet édifice, casques que l'on peut encore admirer sur le portail de l'actuelle caserne des pompiers, sise 9, rue Dumé d'Aplemont.

Cependant, avant d'être installés sur le portail de cette caserne, ils le furent aussi sur celui de l'ancienne caserne du Havre, située 1, rue Caroline (devenue ensuite, rue Racine).

Voici ce que disait Raoul Lefaix en 1928 à propos de cet édifice...

"Elevé en 1822 par les dames Ursulines à l'angle de la rue de la Mailleraye et de l'ancienne rue du Parc, devenue rue Caroline, puis finalement, la rue Racine de nos jours, cet édifice fut vendu à la Ville, en 1852, pour la somme de 350.000 francs. Elle y installa l'école des Frères, de 1853 à 1855, puis, en dernier lieu, la caserne des pompiers, laquelle fut démolie vers 1925, après l'aménagement du nouveau local, rue Dumé-d'Aplemont.
L'ensemble formait un vaste quadrilatère au centre duquel était une cour. Déjà, il y a quelques années, on avait dû jeter à terre le bâtiment de la partie occidentale qui menaçait de s'écrouler.
Les cimiers surmontant la porte d'entrée, sont aujourd'hui au musée d'archéologie de Graville. Ils provenaient de l'ancien Hôtel de Ville."

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En fait, si on choisit de démolir cette caserne en février 1925 pour édifier, sur le même ilôt délimité par les rues Emile Zola, Racine, de la Mailleraye et Bernardin de Saint-Pierre, une maison collective à bon marché de 75 logements, c'est que malgré seulement un siècle d'existence, sa vétusté la rendait dangereuse. En témoigne l'étayage d'une partie du bâtiment vers 1920...

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Finalement, les logements en question ne seront même pas construits, le coût du projet entraînant son abandon au profit d'une place publique dénommée Albert René en 1930.

Jusqu'à la création de cette caserne, les interventions sur les incendies étaient assurées par une cinquantaine d'hommes, répartis en quatre brigades de gardes-pompes volontaires. Des pompes à incendie étaient implantées sur plusieurs points de la ville.

Ce n'est qu'en 1852 qu'une compagnie de sapeurs-pompiers est créée au Havre suite à un arrêté préfectoral. Cette compagnie s'établit donc comme vu plus haut, dans l'ancien couvent des Ursulines, situé 1, rue Caroline (rue Racine).

Une trentaine d'hommes, habillés et équipés en conséquence, s'installent dans ces lieux le 16 décembre 1855.

Deux magnifiques casques sculptés provenant de l'Hôtel de Beauvoir viennent couronner l'entrée de la caserne.

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Celle-ci est organisée en carré autour d'une vaste cour intérieure.

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Les échelles et les pompes sont tractées par des chevaux. Ainsi, jusqu'au début du XXe siècle, les Havrais sont habitués à voir sillonner dans les rues du Havre et intervenir sur les lieux d'incendie ces drôles de pompes hippomobiles.

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Les vieilles habitations des quartiers Notre-Dame et Saint-François, ainsi que les constructions en bois du quartier du Perrey donneront d'ailleurs beaucoup de fil à retordre aux sapeurs-pompiers.

La mort de cette caserne est programmée dès 1912, quand après un conseil municipal, on décide d'entreprendre les travaux de construction d'une nouvelle caserne, rue Dumé d'Aplemont. Retardés par la première guerre mondiale, ces travaux seront finalement achevés en 1924. Les pompiers quittent alors l'ancienne caserne de la rue Caroline pour la nouvelle le 15 décembre de la même année. Ils emmèneront avec eux les deux fameux casques qui seront réinstallés sur le portail de la nouvelle caserne.

Sources :
- Le Havre de 1517 à 1966, 2500 dates au fil des années, Michel ELOY, Etaix, Le Havre, 1967.
- Le Vieux Havre en 1928, Raoul LEFAIX, Editions La Galerne, Fécamp, 1993.
- Le Havre en photographies 1860-1910, Yann FAVENNEC, Fabrice RICHER, Pascal VALINDUCQ, Editions François 1er, Le Havre, 2004.

Posté par Damien Patard à 21:52 - Les édifices non religieux - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires

  • casques

    Salut Damien. C'est justement un point que je voulais éclaircir, à savoir si les casques de la rue Dumé d'aplemont étaient bien ceux de l'ancienne caserne. Me voila renseigné.
    L'histoire du Havre, notamment de la partie complètement détruite, n'est pas toujours aisée, à cause du "remembrement" des rues. Et cette caserne de pompier me semble bien petite comparée l'actuelle bâtiment des pompiers.
    Une page d'histoire très bien raconté, merci Damien !

    Posté par DAN, 15 juin 2009 à 23:30
  • Excellent.

    Un petit point d'intérrogation au sujet de la date de destruction de cette ancienne caserne. A t'elle été par les bombardements ou antérieurement ?

    Dans le livre consacré aux sapeurs pompiers du Havre pendant la guerre "Soldats du Feu" on peut lire des témoignages de pompiers nostalgiques de leur ancienne caserne...on peut lire qu'après les bombardements de Septembre 44, certains d'entre eux on déposé une gerbe symbolique à l'emplacement de cette vieille caserne que certains avaient connu en activité.

    Je cite:

    "Il y a aussi pour les sapeurs pompiers un peu de leur vie qui s'en va. Certains d'entre nous sont nés à la caserne, dans cette vieille caserne qui est disparue pour donner son nom à la place Albert René, mais beaucoup de concitoyens continueront à dénommer cette place la place des pompiers. Et dans cette vieille caserne ou nous avions vu le jour, dans ce quarter qui fut celui de notre enfance, il y'a tant de souvenirs qui s'évoquent que lorsque nous voyons tous ces vieux murs qui s'éffondrent, un film se déroule devant nos yeux. Nous revoyons les rues ou nous avions tant joué, la Mailleraye, Racine, Emile Zola, l'école Emile Zola, toutes ces rues étroites et tortueuses, les Ramparts, Guillaume de Marceilles, les Allées percées, la rue de Paris que l'on a si souvent surnommé la Cannebière des havrais ... / ... tout cela n'est plus que monceaux de briques, de charpentes et, dessous des milliers de cadavres qui, cetet fois, étaient restés pour acclamer les soldats de l'armée victorieuse."

    fin de citation.

    Posté par geo, 16 juin 2009 à 00:05
  • nous avions évoqué lors d'une conversation avec DAN ces fameux casques et sans être sûr, il me semblais bien que c'était les mêmes.
    sinon, encore une belle Histoire !!

    Posté par phyll, 16 juin 2009 à 00:25
  • A priori, la date de destruction (février 1925) est bonne...
    Elle est en tout cas citée par Raoul Lefaix dès 1928...
    Voici aussi ce qu'on trouve sur le site des AM à propos de la place Albert René : http://avenio.ville-lehavre.fr/4DCGI/Web_VoirLaNotice/08_04/1952/ILUMP24587
    et sur la caserne en elle-même :
    http://avenio.ville-lehavre.fr/4DCGI/Web_VoirLaNotice/07_03/1393/ILUMP24587

    Posté par Damien, 16 juin 2009 à 00:33
  • Contrairement à d'autres pièces du patrimoine ces casques ont su être préservé, cependant ils m'ont l'air d'avoir été rénové car j'ai l'impression qu'ils avaient l'air plus volumineux à l'époque, maintenant ce n'est peut être qu'une simple idée que je me fais.

    Posté par yannick_76, 16 juin 2009 à 11:53
  • Un reportage magnifique,et des explications très claire,avec toi nos n'avons pas le temps de nous ennuyer...une nouvelle page d'histoire à notre disposition. Meci Damien

    Posté par buddy2259, 16 juin 2009 à 16:53
  • Je confirme que les casques sont les mêmes.

    Sinon pour la petite histoire, la caserne actuelle (construite par William Cargill) possède des garages pour les camions très très étroits, car elle fut entamée avant la première guerre mondiale (à l'époque où les voitures de pompiers étaient hippomobiles) et terminée après, au moment de la généralisation de l'automobile...

    Posté par Villedart, 18 juin 2009 à 16:46

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