Avant le naufrage... ou l'histoire du Havre d'avant

L'histoire du Havre et des Havrais... avant le naufrage !

17 juillet 2008

Le premier stade municipal du Havre

Le projet de construire un stade municipal au Havre fut décidé le 19 décembre 1928 lors d'une séance du Conseil Municipal.

La construction du dit stade commença en 1929 pour s'achever en 1931. Il fut finalement inauguré le 28 juin 1931.

Ce stade fut édifié à Graville. Il vit sa réalisation rendue possible en grande partie grâce à l'engagement et l'investissement personnel de M. Jules Deschaseaux, adjoint aux sports de la Ville. Une fois réalisé, Le Havre pouvait enfin s'enorgueillir d'avoir un stade qui n'avait rien à envier à ceux des autres grandes villes.

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Lors de l'inauguration eut lieu la 6ème Fête de la jeunesse, manifestation qui coïncidait en plus, avec le cinquantième anniversaire de l'école laïque de Jules Ferry. Ces fêtes de la jeunesse eurent ensuite lieu sur ce stade jusqu'à la guerre.

Le stade était d'ailleurs souvent occupé par les établissements scolaires de Graville. Des manifestations et des fêtes de quartier y avaient aussi lieu quelquefois.

Cependant, le nouveau stade municipal du Havre accueillit aussi différents matches internationaux de football, ainsi que différentes rencontres de Coupe de France. Le Havre Athletic Club (HAC) y joua quelques matches de son championnat de deuxième division, même si son stade de prédilection restait celui de la Cavée Verte. Ce sera notamment à la Cavée que le HAC fêtera sa première accession en première division en 1938 (voir l'article : Montée du HAC en Ligue 1...).

En 1938, le stade municipal du Havre accueillit même un match de la Coupe du Monde qui avait lieu en France cette année-là. C'était un Hollande-Tchécoslovaquie qui se termina par la victoire des seconds sur le score de trois buts à zéro.

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Les bombardements de septembre 1944 détruisirent en grande partie ce stade comme l'ensemble de Graville.

Les écoles et le collège le réoccupèrent très vite, mais il fallut cependant attendre plusieurs années pour retrouver une pelouse impeccable. Il fut en partie reconstruit quelques années plus tard. L'inauguration du stade reconstruit eut lieu le dimanche 14 janvier 1951.

Il prit officiellement le nom de Stade Jules Deschaseaux en 1957, mais ceci est une autre histoire...

Sources :
- Quelques souvenirs de Graville..., André Hautot, Archives Municipales du Havre, QUA-044.

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10 juillet 2008

Le Palais de la Bourse

Cet article termine une série de trois posts sur l'histoire de la Bourse et du Commerce au Havre.

Le premier post était intitulé La première Bourse du Havre..., le second La construction de la nouvelle Bourse du Havre inaugurée en 1880.

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Les deux façades du Palais de la Bourse, construites selon les plans de l'architecte Louis Lemaître et achevées en 1880 sont composées de trois pavillons. Les décors de ferronnerie sont quant à eux dus à l'artiste rouennais Ferdinand Marrou.

Le Palais de la Bourse, installé dans le quartier des affaires, détient entre ses mains, pendant plusieurs dizaines d'années, le pouvoir économique de la ville du Havre. A cette époque, la ville est une importante place financière, qui est devenue le plus grand marché européen du café. Elle occupe également une position prépondérante dans le commerce du coton et des épices.

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Pour relier la Bourse au quartier Saint-François, on construit une passerelle en 1887. Cette construction est réalisée à l'occasion de l'exposition maritime internationale inaugurée le 8 mai 1887 par Lockroy, ministre du Commerce. Cette exposition avait lieu sur les bords du Bassin de Commerce.

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En 1899, le pont Alexandre remplace la passerelle, mais il ne sera finalement ouvert au public que le 19 août 1900.

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A cette date, on compte 120 courtiers en marchandises au Havre contre 41 en 1864. Pour célébrer cette ouverture sur le monde, Louis Lemaître a fait décorer côté jardin, le fronton du Palais de la Bourse d'une allégorie de la ville du Havre communiquant avec le monde.

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La place Carnot ne sera cependant véritablement aménagée en jardin qu'en 1921. Sur la photo suivante, on peut distinguer les échafaudages du nouvel hôtel des postes qui sera construit à partir de 1920 et livré en 1926.

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Deux ans plus tard, en 1923, le maire Léon Meyer fait installer au centre du jardin de la Place Carnot, entre la Bourse et la Sous-Préfecture, une fontaine monumentale en porcelaine de la manufacture de Sèvres surnommée l'asperge de Meyer. A l'origine, cette fontaine avait été offerte par l'Etat à la ville de Paris pour l'exposition universelle de 1900.

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La seconde guerre mondiale et les bombardements de septembre 1944 vont avoir raison de ce superbe édifice qu'était le Palais de la Bourse. Déjà plusieurs fois endommagé au cours des années de guerre, il est entièrement anéanti en 1944, comme en témoignent ces photographies, toutes plus poignantes les unes que les autres...

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Je ne sais pas si un jour s'est posée la question de la conservation ou non des derniers vestiges de ce bel édifice. Il y avait peut-être moyen d'en conserver une partie comme ce fut fait avec l'église Notre-Dame ou le Muséum d'Histoire Naturelle. Mais peut-être parce que l'architecture de la fin du XIXème siècle était finalement assez dépréciée dans les années 50, on finit par abattre le 1er juillet 1949 les derniers pans de mur de ce qui fut le centre du négoce havrais.

Seule la majestueuse fontaine lui survécut quelques temps, mais on finit aussi par la démolir en 1967. Entre-temps, René Coty, nouveau président de la République, était venu faire au Havre sa première visite officielle le 26 juin 1954. A cette occasion, il avait posé la première pierre de la nouvelle Chambre de Commerce, inaugurée le 22 juillet 1957. Ce bâtiment est aujourd'hui devenu le casino du Havre.

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Grâce à cette photographie, on constate d'ailleurs que la Chambre de Commerce ne fut pas reconstruite au même emplacement que l'ancien Palais de la Bourse. La fontaine n'a pas changé de place et le nouveau bâtiment en est beaucoup plus éloigné que l'ancien. Pour s'en convaincre, deux photographies...

Sur la première, le Palais de la Bourse venait à la hauteur de l'hôtel des postes.

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Sur la seconde, on constate que depuis la rue de Paris, on apercevait le Palais de la Bourse qui empiétait sur la rue de la Bourse (actuelle rue Jules Siegfried).

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La destruction totale de cet édifice trouve peut-être sa réponse ici... Dans une ville nouvelle, aux artères relativement larges et alignées, il ne se trouvait plus "à sa place", au sens propre comme au figuré...

Sources :

- Chambre de Commerce du Havre 1802-1902, Le Havre, 1903.
- Prestige du Havre, Bernard Esdras-Gosse.
- Le Havre de 1517 à 1966, 2500 dates au fil des années, Michel Eloy, 1967.
- Histoire du Havre et de l'estuaire de la Seine, André Corvisier, Privat, 1983.
- Le Havre, photos d'identité, Christian Zarifian, Les Films Seine-Océan, 1994.
- Le Havre dans les années 1900, tome 2, édifices et lieux publics, Maurice Couturaud, Jean-Marc Derrien, Dominique Léost, éditions Page de Garde, 2002.
- Le Havre en photographies 1860-1910, Yann Favennec, Fabrice Richer, Pascal Valinducq, éditions François Ier, 2004.

Et un grand merci à Martine Gravé, Sophie Gréaume, Pierre Bruger et Fabrice Cavelier pour avoir partagé leurs cartes postales et photographies avec les membres du forum du GGHSM et m'avoir autorisé à les publier...

Enfin, pour terminer, vous pouvez toujours compléter cet article en allant lire celui que Geo a écrit il y a quelques jours sur son blog Le Havre Photo : Dommages causés au Palais de la Bourse et à l'Hotel des Postes pendant la dernière guerre...


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09 juillet 2008

La construction de la nouvelle Bourse du Havre inaugurée en 1880

Dans mon dernier billet, j'ai évoqué la première bourse du Havre, sise sur l'ancienne place d'Armes, aussi appelée Place François Ier. Elle s'élevait à l'origine entre la Tour François Ier et le Logis du Roy qui fut pendant un temps Hôtel de Ville du Havre. Voici une nouvelle photo découverte depuis la rédaction de l'article. Elle est extraite de l'ouvrage Le Havre en photographies 1860-1910 de Yann FAVENNEC, Fabrice RICHER et Pascal VALINDUCQ (édition François Ier) et fait partie du Fonds des Archives Municipales du Havre. Elle daterait de 1860.

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Les négociants havrais délaissent cette bourse à partir de 1840. Pendant un temps, ils se réunissent sur le parvis de l'église Notre-Dame où ils viennent traiter leurs affaires. Ils s'installaient devant une pièce d'artillerie utilisée comme borne. Elle donnera son nom à cette bourse dite "du canon". Seulement, ce lieu était mal choisi. A certaines heures de la journée, la circulation y était très active. C'est de là, notamment, que partaient vers la fin de l'après-midi, les diligences "Laffite et Caillard". Gênés par ce mouvement et par le bruit, les négociants prirent le parti de se transporter Place Louis XVI même s'ils n'étaient protégés en cas de mauvais temps, par aucun véritable abri, si ce n'est les arcades des maisons situées de chaque côté du Grand Théâtre.

Dès 1843, ils cherchent à acquérir ou faire construire un nouveau lieu pour y établir leur bourse. Il fut un temps proposer de construire sur les carrés nord et sud de la place de la Mâture deux pavillons destinés, l'un, celui du nord à la salle de la Bourse, avec salle de ventes publiques, salle pour les courtiers, etc., l'autre, celui du sud, au tribunal de commerce, à la Chambre de Commerce et à quelques installations accessoires. Un jardin orné de massifs de fleurs et fermé par des grilles devait réunir les deux pavillons.

Seulement, un malheureux événement vint contrecarrer ces plans. Dans la nuit du 28 au 29 avril 1843, le Théâtre fut détruit par un incendie. L'idée surgit alors d'élever la Bourse sur l'emplacement du Théâtre, mais finalement, la municipalité jugea préférable de conserver au Théâtre son emplacement d'origine et décida de le réédifier.

Du coup, l'absence de budget entraîna l'abandon du projet des négociants havrais... si bien qu'en 1862, ils se réunissaient toujours Place Louis XVI... Comme il fallait quand même une bourse légale, avec une adresse fixe où afficher les documents dont la loi exigeait la publication, on construisit une bourse provisoire (le Lloyd commercial) rue de la Comédie en 1847. Elle ferma ses portes en 1858. Les négociants désignèrent alors comme Bourse légale le rez-de-chaussée d'une maison formant un des angles de la rue de la Chaussée et de la Place de la Mâture...

Entre 1848 et 1870, la Chambre de Commerce proposa une cinquantaine de projets qui visaient à l'édification d'une nouvelle Bourse, mais tous furent rejetés par la Municipalité car trop onéreux, ou en contradiction avec la politique municipale.

Les premières études visant à installer la Bourse sur la future place Carnot datent de 1860. Pourtant, ce n'est que le 3 mars 1877 qu'un décret municipal déclarait d'utilité publique la construction de la Bourse et autorisait l'emprunt de 1.846.200 francs pour ce faire. Le reste était financé par la Chambre de Commerce et les négociants. Le coût total de cette construction s'élevait à 2.244.000 francs. Comme la Municipalité avait donné son accord à un projet qui visait à placer la Bourse sur un îlot d'immeubles se situant entre la Place de la Sous-Préfecture et la Place du Commerce, dès la parution du décret, la Chambre de Commerce s'occupa de l'achat des immeubles et des indemnités à accorder aux locataires.

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La Chambre de Commerce chargea l'architecte Louis Lemaître de mener à bien le projet. Il fut assisté dans sa tâche par deux personnes de compétence reconnue, mandatées par la Municipalité : M. Huchon, architecte, et M. Rodet, entrepreneur. Le 15 septembre 1877, il était procédé à l'adjudication des travaux et les entrepreneurs purent alors se mettre à l'oeuvre.

Le 2 mars 1878 eut lieu la cérémonie de la pose de la première pierre, sous la présidence de M. Limbourg, préfet de la Seine-Inférieure, en présence de nombreuses personnalités du département et de la ville du Havre. De nombreux notables vantèrent au cours de discours grandiloquents la prospérité du Havre, sa réussite et son extraordinaire expansion en moins de quatre siècles. Une boîte en plomb renfermant plusieurs pièces de monnaie de l'époque fut déposée par M. le Préfet dans un socle de granit situé à l'angle nord-ouest du monument, avec une plaque de cuivre portant l'inscription suivante :

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Les travaux se poursuivirent activement et le 28 septembre 1880 eut lieu le dernier jour de la Bourse sur la Place du Théâtre où les négociants havrais se réunissait depuis 1840.

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Le lendemain, le 29 septembre 1880, le nouveau Palais de la Bourse, un bâtiment de style renaissance, était inauguré. A cette occasion, un grand bal fut donné.

Voici deux cartes postales du lieu en question :

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Façade Sud

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Façade Nord

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Façade Nord, toujours...

(à suivre...)

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07 juillet 2008

La première Bourse du Havre...

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Il y a quelques temps, j'avais évoqué dans un billet la première place de la Bourse du Havre. Je vais aujourd'hui vous parler de la Bourse en question. Ce billet sera le premier d'une petite série retraçant l'histoire des différentes bourses que connut Le Havre entre la fin du XVIIIème siècle et 1944.

En 1774, les négociants du Havre adressent une demande à la Municipalité en vue d'obtenir la libre disposition d'un terrain communal situé entre la Tour François Ier et la Porte du Perrey, où depuis longtemps ils tiennent leurs assemblées journalières. Leur intention est d'y faire construire un bâtiment à usage de Bourse.

Dans ce but, des souscriptions auprès des dits négociants avaient été recueillies.

L'assemblée générale de la communauté, par délibération du 24 octobre 1774, donne son consentement à l'abandon sollicité. Dans cette délibération, il est stipulé que le bâtiment aura 24 à 25 pieds carrés et que le surplus de terrain sera fermé par une balustrade et planté d'arbres pour servir de place publique.

Seulement, les préoccupations causées par la guerre d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique et par la guerre avec l'Angleterre ajournèrent l'exécution du projet. Il ne fut repris qu'en 1784.

C'est Madame de Villeneuve, femme du lieutenant du Roi, qui posa la première pierre de la nouvelle bourse des négociants. L'édifice s'élevait sur l'ancienne place d'armes, près de la Tour François Ier, sur un terrain qui faisait face au logis du Roy, jadis premier Hôtel de Ville du Havre. C'est à cet endroit que quelques années plus tard, on construisit le Musée des Beaux-Arts.

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A l'occasion de la pose de la première pierre de la Bourse des négociants, on fit graver une plaque que l'on retrouva dans les fondations du bâtiment lors de sa démolition en 1862. Dessus, on pouvait lire ces mots :

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Au départ, cette nouvelle Bourse n'eut cependant pas d'existence légale, d'autant plus qu'elle fut fermée pendant la Révolution. Le bâtiment servit même d'atelier d'équipement pendant cette période. Il ne fut rendu au Commerce qu'en 1801 par un arrêté du 7 thermidor an IX (26 juillet 1801).

La Bourse se tenait tous les jours de midi à deux heures, son ouverture et sa clôture étant annoncées par le son d'une cloche. Au fil des années, les horaires d'ouverture finirent par se décaler et se réduire si bien qu'en 1830, la Bourse n'était plus ouverte que de deux heures à trois heures.

Depuis 1784, le nombre de personnes fréquentant la Bourse s'étant considérablement accru, l'installation finit par se révéler insuffisante. Voici le croquis qu'en fait Jacques Augustin Gaillard dans les années 1810-1820 afin d'illustrer son Histoire du Havre et des Havrais, écrite entre 1810 et 1824.

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Dès 1821, en vue de remédier à cette situation préoccupante pour les affaires des négociants, on cherche à agrandir ou à déplacer la dite bourse. Plusieurs projets sont alors proposés, mais aucun n'aboutit réellement.

Finalement, faute de solution recueillant l'unanimité des suffrages, on finit par opter en 1835 pour la construction d'un péristyle en avant de l'ancien local, afin de remédier à l'insuffisance de la salle, mais surtout de procurer un abri aux négociants en cas de mauvais temps. Les travaux s'achevèrent en juillet 1836.

Cependant, le bâtiment se révélait décidément trop petit et on finit par l'abandonner en 1840. Les négociants prirent alors le parti de se transporter place Louis XVI, mais là-encore, ils étaient sans abri en cas de mauvais temps... leur seule ressource était alors de se réfugier sous les arcades des maisons situées de chaque côté du Théâtre. Un an plus tard, en 1841, le Tribunal de Commerce qui siégeait dans l'ancien Hôtel de Ville (le Logis du Roy) depuis 1792 est lui aussi transféré au 15, rue de la Halle. C'est ainsi tout le centre des affaires des négociants qui quitte l'ancienne place d'Armes (place François Ier ou place des Pilotes).

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En 1862, on démolit définitivement l'ancien bâtiment de la Bourse afin de permettre l'exécution des travaux d'élargissement de l'entrée du port. Un grand chantier s'est engagé dans ce secteur puisqu'un an plus tôt, on a commencé la démolition de la Tour François Ier. On a aussi démoli la Porte du Perrey et les remparts qui l'avoisinaient et rejoignaient la Tour François Ier. En 1864, on achève le deuxième brise-lames et on livre l'anse des pilotes à ses usagers. C'est la fin de la place d'armes. En 1865, on démolit l'Hôtel de Beauvoir qui servit un temps de second Hôtel de ville et enfin, en 1867, on achève la démolition de la Tour François Ier. La photo suivante prise probablement en 1860 est une des dernières de ce quartier en l'état, quartier qui fut pendant longtemps le centre des affaires des négociants. On constate que les travaux d'élargissement de l'entrée du port ont déjà bien avancés...

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C'est à cette même époque que les négociants désignèrent comme Bourse légale le rez-de-chaussée d'une maison formant un des angles de la rue de la Chaussée et de la Place de la Mâture...

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21 juin 2008

Le kiosque à musique

En ce samedi 21 juin 2008, jour de la Fête de la Musique, je ne pouvais laisser passer l'occasion de parler d'un lieu de l'ancien Havre chargé d'histoires musicales... Je veux bien sûr parler du kiosque à musique du jardin de l'Hôtel de Ville.

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Edifié en 1898, ce kiosque se situait face à l'ancien Hôtel de Ville, en plein centre du jardin. De nombreux concerts en plein air y étaient donnés par différentes fanfares et harmonies, notamment le dimanche.

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Cette carte postale témoigne du grand nombre d'auditeurs qui se déplaçaient pour assister à ces concerts gratuits.

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Cependant, malgré un succès musical qui ne s'est jamais démenti, le kiosque à musique fut démoli en 1921, à cause notamment des nuisances provoquées par la circulation automobile autour du jardin. On édifia à la place une statue de François Ier...

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08 juin 2008

La gare du Havre, vers 1900...

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Cette vue du début du siècle dernier présente la Place de la Gare et le Boulevard de la République, appelé aujourd'hui, Cours de la République. On peut admirer la vie qui régnait à cet endroit, réputé pour être dangereux. Voitures à bras, tramways, chariots et piétons s'y entrecroisent... Sur la place, devant la gare d'arrivée, les cochers de place attendent.

Cette 'nouvelle' gare du Havre fut construite à partir de 1881. Son érection fut décidée quelques années plus tôt, notamment parce que le premier débarcadère, construit en 1847 se révélait insuffisant.

En 30 ans, la ville s'est considérablement agrandie, sa population a doublé et le trafic ferroviaire a augmenté de manière exponentielle. Les voies et les trains, en nombre insuffisant, ne peuvent plus absorber ce trafic saturé.

A cause de problèmes de voirie, notamment du côté de la rue Magellan, qui retardèrent l'achèvement de l'édifice, la gare fut livrée en deux temps. La gare d'arrivée fut mise en service le 16 février 1882 tandis que la gare de départ ne sera opérationnelle qu'en 1883.

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La gare d'arrivée

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La gare de départ

Cette gare, dite 'nouvelle' pendant un certain temps ne le restera pas très longtemps... En effet, dès 1920, elle ne répond plus aux exigences d'un trafic ferroviaire qui a triplé au cours des dix dernières années. Elle fut finalement démolie en 1931, après cinquante ans de bons et loyaux services. Elle laissa la place à un nouvel édifice, plus moderne et fonctionnel, construit suivant les plans de l'architecte Henri Pacon.

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Cet édifice existe encore aujourd'hui. Cependant, les alentours ont beaucoup changé, à commencer par la tour de l'horloge, qui, à la fois parce que fragilisée par les bombardements de 1942, mais aussi pour permettre le prolongement du boulevard de Strasbourg, sera détruite au début des années 1970.

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26 mai 2008

I have a dream...

I have a dream...

J'ai un rêve, celui de déambuler dans Le Havre d'avant...

J'ai reçu aujourd'hui un travail d'Eric Chardine, autodidacte passionné d'infographie et d'images de synthèse depuis plusieurs années. Il s'est amusé à modéliser en 3D l'Hôtel de ville du Havre, et notamment celui détruit durant la seconde guerre mondiale. "En cette année de célébration des 50 ans d'un chef d’œuvre de "l'architecture PERRET", il me semblait amusant d'escamoter le principal intéressé au profit de son illustre prédécesseur", me dit-il.

Ce petit exercice de style pose aussi la question : Et si la guerre n'avait pas fait disparaître le Vieux Havre quel visage aurait la ville aujourd'hui ?

Avec des si... vaste sujet déjà évoqué sur ce même blog dans cet article.

Avec son autorisation, je vous livre son travail. Pour en profiter pleinement, cliquez sur l'image...

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Félicitations pour ce merveilleux travail, Eric. Et merci d'en avoir fait profiter le blog.

Au passage, je m'excuse encore une fois auprès de mes fidèles lecteurs pour les avoir délaissés ces dernières semaines. Je vois enfin le bout du tunnel et je prévois une reprise active d'ici la semaine prochaine.

A bientôt

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17 avril 2008

La nef dite Grande Françoise

La nau Françoise devait être la plus grande et la plus belle nef de l'époque. Elle jaugeait 2.000 tonneaux et elle comptait plus de 100 mètres de long, trois rangs de sabords, deux gros mâts et trois misaines à l'arrière. De plus, elle était munie d'une puissante artillerie. On trouvait à bord, une chapelle, une forge, un jeu de paume, un moulin à vent, une maison construite en bois...

Selon Guillaume de Marceilles, la Grande Nef Françoise fut faite en 1520 dans la fosse de Leure, distante du Havre de Grâce d'une lieue, par le capitaine Lespargne, gentilhomme de Bretagne, sous la responsabilité de l'architecte Jérôme Fer. "Elle fut longtemps à bâtir, était plombée à clous de fonte depuis la quille jusqu'à la première ceinte, avec trois rangées de sabords où elle avait son artillerie. Elle était si longue qu'il ne se trouva personne qui du fer d'une boule put atteindre par dedans une extrémité jusqu'à l'autre. Il y avait dedans une fort belle chapelle fondée en l'honneur de Saint-François. Au devant de cette nef était peinte une image de saint François qui est celle encore posée dans l'église Saint-François en la ville avec la figure d'une salamandre. Il y avait aussi dans la dite nef un jeu de paume, une forge, un moulin à vent, et une maison ceinte de bois et au derrière étaient plantées les armoiries de France avec une figure de phénix. En icelle y avait deux gros mâts, y avait quatre hunes l'une sur l'autre assis au petit mât, et trois sur le gros mât. Ce gros mât avait cinq à six brasses de tour, composé et assemblé de plusieurs pièces de bois sur le Perrey. Il ne s' est jamais vu une si grande pièce pour être du port de 2000 tonneaux. Le roi avait projeté de l'envoyer au pays du Levant pour faire tête au grand Turc. Achevée en 1524, elle mesurait 50 toises (97,50 m) de long et avait sept hunes avec le château devant et le château derrière, et avait le bois de quoi elle avait été faite quatre pieds d'épaisseur (1,30 m) et coûta plus de cent mil écus d' or".

Ce gigantesque navire, qui avait coûté plus de trois millions de francs, fut lancé au mois de mars 1524. Il fallait maintenant le faire passer par la Grande Barre dans le Hâvre de Grâce et, de là, lui faire gagner la pleine mer.

Malgré tous les efforts des pilotes et de l'équipage, on ne put le faire sortir du port, qui se trouvait être trop étroit. La profondeur d'eau de la passe, entre les deux jetées, n'offrait pas un tirant d'eau suffisant. Il aurait fallu démolir le port. On ramena donc le navire jusqu'à l'entrée de la Grande Barre, où il resta comme un objet de curiosité jusqu'en 1538.

On attendit la grande marée d'équinoxe du 23 septembre 1533, mais là-encore, ce fut un échec. Le 14 novembre de la même année, lors d'une grosse tempête, le navire rompit ses amarres dans un grain et se coucha sur le côté. Définitivement bloqué dans le port de part ses dimensions, la Nef Françoise fut alors dépecée à partir de 1538. Les matériaux furent employés à construire la plupart des maisons du quartier des Barres.

Les bâtiments de guerre de l'époque, au nombre d'une dizaine au Havre, n'avaient pas changé depuis le moyen âge. On trouvait les nefs et les galères à côté des vaisseaux ronds appelés caravelles.

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Ci-dessus, un vaisseau du type de la Grande Françoise. Quoique très lourds, les navires de ce type restèrent en usage jusqu'au XVIIIème siècle, époque où l'on débarrassa le pont des châteaux d'avant et d'arrière, pour donner plus de légèreté à ces navires. La manie de l'ornementation eut alors libre cours...

Source : la citation de Guillaume de Marceilles est extraite du site Patrimoine de France, article 'Bateau de combat : nef dite la Grande Françoise à Le Havre'.

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Sur ce dessin de Jacques-Augustin Gaillard, on retrouve les trois étapes de la courte vie de la Grande Nef Françoise : sa construction dans la fosse de Leure en bas à droite, la tentative de sortie du port en bas à gauche, et finalement son échouage et son dépeçage près de la Grande Barre.

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16 avril 2008

Le logis du Roy, premier hôtel de ville

Construite vers 1520, la maison de M. de Chillou devint un édifice public sous le nom de Logis du Roy. De forme quadrangulaire, elle avait un rez-de-chaussée, un étage, des combles et deux tourelles octogonales. A l'origine, ce bâtiment fut créé par Du Chillou pour son usage personnel.

Après la mort de du Chillou, cette maison fut affectée à la juridiction maritime et à l'administration municipale. Sous Henri II, en 1551, les bourgeois du Havre l'achetèrent aux héritiers de l'ancien gouverneur pour 50,000 francs : ce fut le premier Hôtel de Ville. Il le restera jusqu'en 1752.

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En 1679, on le dota de galeries latérales afin d'accueillir les notables qui y descendaient.

En 1752, on construisit un nouvel hôtel pour le lieutenant du roi, en remplacement du Logis du Roy qui tombait en ruines. Il fut édifié près de la porte du Perrey et servit d'Hôtel de ville de 1792 à 1859 et se nommait Hôtel de Beauvoir.  En effet, en 1792, le Logis du Roy cessa d'être hôtel de ville pour devenir la sous-préfecture et le tribunal de Commerce.

Voici maintenant la description qui en était faite dans un ouvrage de 1825.

C'est un vaste corps de bâtiments, situé au Havre, près de la place de la bourse. L'architecture en est de mauvais goût, quoiqu'il ait été construit à l'époque où les beaux-arts florissaient en France. Il fut bâti par Guyon le Roy, seigneur du Chillou, premier gouverneur de cette cité. C'était là qu'il demeurait, mais sous le règne d'Henri II, en 1551, les habitants en firent l'acquisition de Louis Duplessis, ancêtre du fameux cardinal de Richelieu. [Note 1] Les souverains qui venaient visiter le Havre, descendaient jadis dans ce vieil édifice. L'infortuné Louis XVI y logea le dernier.


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Devant l'ancien hôtel de ville se trouve une cour d'honneur, sous laquelle est une immense citerne pour fournir de l'eau au Havre s'il venait à être assiégé, et que les canaux qui lui en procurent fussent rompus.
Dans cet antique monument, il se passa autrefois un fait inouï, dont la cause est encore couverte d'un voile impénétrable. Sous le règne d'Henri IV, en 1599, le gouverneur du Havre y fit venir trois jeunes officiers de la garnison, nommés Raulin ; et là, dit-on, il les somma d'obéir à des ordres contraires au service du Roi : ceux-ci, mus par le sentiment de leur devoir, refusèrent de les exécuter. Alors, ils virent paraître des hommes plastronnés. Ces infâmes sicaires, soudoyés par le gouverneur, qui haïssait ces jeunes militaires, égorgèrent deux des frères dans la salle des assemblées. Le troisième avait échappé aux meurtriers, en fuyant par l'une des galeries régnant sur la cour, quand, poursuivi par sa fatale destinée, il demeura attaché à un clou fixé contre la muraille. On le massacra en cet endroit. [Note 2] Le père de ces infortunés, avocat au Havre, furieux d'une telle cruauté, voulut vainement ameuter le peuple contre le bourreau de ses fils. Ce fut probablement en expiation de cet assassinat que le corps des victimes fut déposé dans l'église Notre-Dame. Une épitaphe, placée sur l'un des piliers, indiquait que ces trois frères moururent à la même heure, le 16 mars 1599. L'auteur du crime fit courir le bruit qu'ils étaient coupables envers le Roi, mais ce moyen ne put le disculper de ce que sa conduite avait d'odieux. On connaissait l'inviolable fidélité de ces braves officiers, et chacun pensa qu'ils avaient été immolés à un ressentiment particulier.
Maintenant, ce vieux bâtiment renferme le tribunal de commerce, celui de la justice de paix et l'administration de l'octroi.
Certains jours de la semaine, la cour et l'escalier sont remplis d'une foule de gens qui se dirigent, les uns au tribunal de commerce, et les autres au tribunal de paix.
En observant ceux qui fréquentent le premier de ces tribunaux, on remarque que leur costume est généralement soigné et leur ton décent, ce qui forme un contraste parfait avec les individus qui se montrent à l'autre tribunal.
Au tribunal de commerce comme en première instance, ce sont presque toujours des avocats qui défendent les parties. Alors l'attention que l'auditoire apporte à leurs plaidoyers est proportionnelle à leur talent oratoire.

En 1839, le premier musée du Havre est créé dans une partie du Logis du Roy.

Deux ans plus tard, en 1841, on transfére le Tribunal de Commerce du Logis du Roy au 15, rue de la Halle. Complètement désaffecté, on peut alors faire place nette.

En 1842, on démolit définitivement le Logis du Roy pour installer au même emplacement le Musée des Beaux-Arts.

[Note 1] : Armand-Jean du Plessis, futur cardinal de Richelieu, était le petit-fils de Louis du Plessis, seigneur de Richelieu, marié à Françoise de Rochechouart. Ce Louis du Plessis était lui-même le petit fils de Guyon le Roy, seigneur du Chillou. Ce n'est donc pas un hasard si Richelieu se retrouva gouverneur du Havre en 1626.

[Note 2] : voir Le massacre des frères Raoulin et Le massacre des frères Raoulin (suite).

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12 avril 2008

Quelques adresses où loger dans Le Havre du XVIème siècle...

Au XVIème siècle, alors que Le Havre comptait environ 500 maisons, on ne recensait que trois hôtelleries. La principale était celle où pendait pour enseigne la Salamandre ; elle était située sur le Grand-Quai, près de l'allée Duval (sur l'actuel quai de Southampton, à hauteur du restaurant Le Southampton). La seconde, celle du Lyon d'or, devenu ensuite L'Aigle d'or, était située rue Saint-Michel (aujourd'hui rue de Paris). A l'angle de la rue de la Crique et de la rue Faidherbe s'élevait la maison du Passeur, évoquée hier. Enfin, s'élevait aussi au n° 49 rue Royale (plus tard rue Faidherbe) l'hôtel des Trois-Têtes. Un panneau provenant de cette auberge fut conservé. C'était un des rares vestiges de la sculpture sur chêne de la Renaissance (milieu du XVIème siècle), au Havre. Il avait été détaché de l'entrée de l'auberge en 1868. Je ne sais pas ce qu'il est aujourd'hui devenu.

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