03 juillet 2009
Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire (6/8)
Comme promis il y a quelques jours, je vais revenir sur la croix exposée dans la pièce principale du prieuré... lieu de l'exposition "Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire".
Cette croix en calcaire coquillé date du XIVe siècle. Elle se trouvait dans le cimetière dit romantique de Graville, à l'emplacement exact de sa copie installée pour protéger l'original après la seconde guerre mondiale.
Elle est composée de plusieurs éléments dont celui qui est présenté.
Les bras de la croix sont des octogones garnis de billettes, ils portent à leur intersection une rose à quatre lobes entourant, sur une face, le Christ, et sur l'autre face, la Vierge portant l'Enfant sur le bras gauche.
Un astucieux stratagème a été mise en place pour pouvoir observer les deux côtés de la croix...
Ici, la Vierge à l'Enfant, maintenant peu visible...
Les romantiques ont beaucoup représenté la croix de Graville dans son environnement sauvage et champêtre.
Elle a, entre autre, inspiré le décor de l'opéra en cinq actes, "Robert le Diable", celui composé en 1831 par Giacomo Meyerbeer, dont les paroles sont d'Eugène Scribe et Germain Delavigne (frère de Casimir Delavigne).
Le décor ayant parcouru les scènes, rendit célèbre le site.
Les photographies que j'ai prises des estampes présentées à l'exposition ne sont malheuresement pas exploitables pour une présentation sur le blog...
Voici néanmoins une vue extraite du site des Archives Municipales de la Ville du Havre.
Nous reste donc la vision de la croix aujourd'hui, telle qu'on peut l'admirer dans le cimetière romantique, même s'il ne s'agit que d'une reproduction.
Et puisqu'il faisait si bon dans ce merveilleux endroit, voici deux autres clichés ce lieu, sans rapport direct avec la croix, mais si pittoresques et si caractéristiques de ce cimetière gravillais.
30 juin 2009
Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire (5/8)
Poursuite de mes billets sur l'exposition "Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire", avec aujourd'hui, la découverte de l'église...
Comme on l'a déjà vu dans de précédents billets, le site de Graville est un lieu de culte connu depuis les temps les plus reculés. Des moines cénobites vivaient notamment dans les falaises.
Après qu'il fut doté par Guillaume Mallet de Graville au XIe siècle pour y installer des clercs, le prieuré est à nouveau largement doté au XIIIe siècle par la même famille pour y installer des Augustins, venus de Sainte-Barbe-en-Auge.
L'église est construite à cette époque... au XIe siècle pour la nef, en style roman, et au XIIIe siècle pour le choeur, en style gothique. Ce choeur est à trois vaisseaux et deux travées, au chevet droit.
On peut observer sur les colonnes de fines sculptures dont Brunet-Debaines (architecte de la ville du Havre qui construisit entre autres le troisième Hôtel-de-Ville de la Ville) assura lui-même la restauration au XIXe siècle.
Ce remarquable retable baroque a pris place dans l'église dans les premières années du XVIIe siècle. A gauche, la statue de Sainte-Barbe rappelle d'où venaient les Augustins arrivés au XIIIe siècle, à droite, celle de Sainte-Honorine rappelle de quelle façon le prieuré de Graville est lié à la Sainte.
Le Prieuré aurait notamment abrité les reliques de la Sainte à la fin du IXe siècle. D'importants pèlerinages ont eu lieu depuis le Moyen Age, autour du sarcophage censé avoir abrité ces reliques. Aujourd'hui, on pense pourtant qu'il s'agirait plutôt du sarcophage d'un des premiers moines installés à Graville au VIe siècle.
Quoiqu'il en soit, le tombeau est aujourd'hui vide des reliques de la Sainte qui sont à Conflans Sainte Honorine.
Sainte Honorine est invoquée pour la fécondité ou le retour des prisonniers, mais elle soigne aussi de la surdité... les pèlerins mettaient alors leur tête dans l'oculus prévu à cet effet.
On trouve aussi de nombreuses sculptures en bois dans cette église, statues d'à peu près toutes les époques...
Une figure de proue d'une qualité exceptionnelle, représentant un ecclésiastique... Il pourrait s'agir de Pie IX, et le travail pourrait avoir été exécuté vers 1850, par le sculpteur havrais Pierre-François-Armand Haumont, sculpteur des statues des évangélistes de la cathédrale Notre-Dame.
Cette représentation pourrait donc avoir orné le guibre du trois-mâts, "Pie IX" de l'armement H. I. et L. Levavasseur (Rouen), puis Levavasseur et Leloup (Le Havre).
Ce bateau appareilla du Havre, comme navire baleinier, entre 1851 et 1855, puis comme long-courrier, avant de terminer sa carrière à Ceylan en 1866, où il fut condamné pour inavigabilité, vendu et dépecé.

Une Vierge à l'enfant, en bois sculpté, datant du XVIe siècle.
Saint-Roch, bois de tilleul polychrome, datant du XVIIe siècle.

Saint-Denis ou Saint-Nicaise, bois polychrome du XVIe siècle. Cependant, toutes les statues ne sont pas en bois...
Saint-Joseph, patron des charpentiers et autres scieurs de long. Il se trouve dans une zone dégagée où l'on a mis en valeur des fonds baptismaux datant du XVe siècle.
Enfin, pour terminer cette visite de l'église au caractère ô combien religieux, voici une croix de procession, datant elle-aussi du XVe siècle et provenant de l'abbaye de Montivilliers...
28 juin 2009
Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire (4/8)
Comme promis hier, retour à mes billets sur le Prieuré de Graville. Aujourd'hui, nous allons parler de la Vierge Noire. Voici comment elle s'impose au quidam qui l'observe depuis la terrasse du Prieuré.
Approchons-nous maintenant, tout doucement...
sans bruit...
pour ne pas déranger.
Selon une croyance populaire, la Vierge Noire de Graville est érigée à l'endroit précis où, en 1870, les troupes prussiennes se sont "miraculeusement arrêtées". La statue aurait même été coulée avec le bronze des canons pris aux Prussiens.
En réalité, la statue de la Vierge est bien liée aux événements de la guerre de 1870, mais elle est la résultante d'un voeu, formulé par l'association des Mères Chrétiennes présidée par Mme Foache, pour qu'une statue soit érigée dans la ville si elle était préservée.
L'invasion évitée, le site de Graville dominant l'estuaire, a tout de suite semblé le plus approprié.
Le dessin de la sculpture est demandé à M. Robert, alors que son interprétation et le plan du Monument sont dus à M. Roussel, architecte au Havre.
Haute de six mètres et d'un poids de trois tonnes, la statue est alors coulée dans un alliage de zinc et d'étain, devant recevoir une couche d'argent. Mais, seulement, faute d'argent justement, l'argent ne fut jamais apposé et l'alliage se mit rapidement à noircir d'où le nom de Vierge Noire. Elle n'a donc rien à voir avec d'autres vierges noires que l'on peut trouver ailleurs dans le monde, et qui elles, sont "noires" mais de façon délibérée...
Elle est inaugurée le 27 juin 1875, en présence des autorités civiles et religieuses, bénie par le Cardinal de Bonnechose devant une foule estimée à trente mille personnes.
"Notre-Dame du Havre de Grâce
Des mères chrétiennes
et les habitants de la ville
reconnaissants de sa protection
contre l'armée ennemie
1870-1871
*************************
Cette statue a été bénite par son Eminence
Mgr Henri Marie Gaston de
BONNECHOSE Cardinal Prêtre
de la Ste Eglise Romaine du
titre de St Clément
Archevêque de Rouen
le 27 juin 1875"
peut-on lire sur la plaque apposée sous la statue.
Aujourd'hui encore, elle continue à occuper une place importante dans le coeur des havrais. Comme au premier jour, de nombreuses dévotions l'entourent. Diverses offrandes, telles que des croix, chapelets, des plaques, des médailles ou des souliers d'enfants pour invoquer la sauvegarde de la Vierge, sont déposées quasiment quotidiennement dans une petite grotte à proximité, transformées en petite chapelle.
Pourtant la seconde guerre mondiale aurait pu détruire la Vierge Noire. En effet, pendant les bombardements de septembre 1944, la statue reçoit des éclats d'obus, ouvrant la porte à la corrosion. En 1984, une restauration s'avère indispensable, mais un examen attentif oblige à prendre la décision d'en couler une autre après un moulage sur le modèle.
Le travail est confié à la fondation Pierre de Coubertin, dont les ateliers sont à Saint-Rémy-de-Chevreuse.
La nouvelle statue est alors financée par la Ville du Havre et le Département pour deux tiers de la somme, le reste par une souscription lancée aux havrais par l'association pour la restauration de la Vierge Noire présidée par monsieur Philippe Manneville.
La nouvelle statue fut bénie et inaugurée le 15 décembre 1985, en présence des autorités civiles et religieuses.
Mais qu'advint-il des fontes originales de la première statue ?
Les têtes de la Vierge et de l'Enfant Jésus sont conservées au Musée du Prieuré. Elles sont exposées lors de l'exposition "Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire".
En voici quelques clichés...
Comme on peut le voir sur les deux clichés suivants, les fontes originales sont bien abîmées, percées et rafistolées à certains endroits... On peut aisément comprendre la décision qui fut prise d'en couler une autre !
Je me garderai de toute considération architecturale, mais je lui trouve un visage très antique ! (influence grecque ou romaine ?) En tout cas, elle est bien jolie, et bien mise en valeur... Rien que pour elle, l'exposition vaut le détour !
Le prochain billet sera consacré à l'église du Prieuré.
Sources :
- Le texte, à part un ou deux compléments, est celui de l'exposition.
- Les quatre photographies de l'installation de la statue de la Vierge Noire en 1985 sont tirées de l'exposition.
23 juin 2009
Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire (3/8)
Comme promis hier, je vais vous faire pénétrer aujourd'hui dans les murs du Musée du Prieuré afin de vous faire découvrir l'exposition "Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire".
En déambulant dans les différentes salles de cette exposition, j'ai eu l'occasion de prendre un maximum de photos (près de deux cents...), mais volontairement, je ne vous en présenterai qu'une dizaine, et ce, pour deux raisons !
La première, c'est que beaucoup des documents exposés, sont présentés dans des cadres, à travers des vitres... qu'il s'agisse de plans, de cartes, de lettres, de papiers officiels, de photographies, d'estampes ou d'autres aquarelles ! Vu l'éclairage direct dans les salles d'exposition, les clichés sont de piètre qualité, avec beaucoup de reflets et les exposer sur ce blog n'aurait aucun intérêt, ni esthétique, ni pratique car ces vues ne seraient guère exploitables... En voici néanmoins un exemple.
La seconde, c'est qu'en écrivant ces billets, j'aimerais vous inciter à délaisser votre ordinateur, et vous donner l'envie de vous rendre à cette exposition. Or, si je vous montrais tout, j'obtiendrai peut-être l'effet inverse de celui escompté...
J'ai donc sélectionné quelques clichés représentatifs de ce que l'on peut trouver, sans vous noyer sous les images.
En pénétrant dans ce lieu, le premier sentiment que j'ai eu était celui de changer d'époque... Voici la pièce principale du musée. Je ne m'attarderai pas sur cette croix car j'y reviendrai dans un autre billet. Comme vous le voyez, beaucoup de pièces d'exposées...
Les organisateurs de cette exposition ont su coordonner architecture des lieux, photographies et statues... le balisage est clair et explicite.
A propos de statue, en voici trois...

Une Vierge couronnée, provenant peut-être de Dol. Elle est inspirée des vierges du XIVe siècle.
Une Vierge assise à l'enfant, provenant de Tresson, dans la Sarthe.
Une statue unique (en fait, Elisabeth Leprêtre disait qu'il y avait un seul équivalent connu, appartenant au Musée du Louvres) par sa pause agenouillée et le fait qu'elle allaite. Elle date du XIVe siècle et la pause utilisée est directement liée à l'épidémie de la Grande Peste qui frappa l'Europe au XIVe siècle.
Des sceaux sont aussi présentés. Ici, ceux du Prieuré Sainte-Honorine de Graville à travers différents époques : 1384, 1474 et 1718.
Là, le sceau de la famille Mallet (1293), celui de Jean Mallet (1293) et encore le sceau du Prieuré Sainte-Honorine de Graville (1689). On constate qu'on retrouve souvent les trois fermaux des armoiries des Mallet, même quand ceux-ci ne sont plus seigneurs de Graville...
Une salle est consacrée aux différentes guerres et aux bombardements qu'a connu le Prieuré de Graville. L'église a par exemple perdu sa tour Nord pendant la guerre de Cent Ans, sa tour Sud en 1563 pendant les guerres de religion, sans oublier les terribles bombardements de la seconde guerre mondiale.
Les salles basses du Prieuré sont également accessibles... dans l'une d'elles, on trouve cette très belle statue, le reste de la pièce étant consacrée à la Statue de la Vierge Noire. J'y reviendrai dans un prochain billet...
Enfin, la dernière pièce que vous visiterez aujourd'hui est sans doute la plus belle (enfin, à mes yeux) : c'est la crypte. Malheureusement, pour des problèmes de sécurité, elle est inaccessible. On peut juste l'admirer à travers une grille en fer forgée qui en barre l'accès...
J'attends une confirmation (ou une infirmation) d'Armelle Bellet, attachée de Conservation au Musée du Prieuré de Graville, mais il se pourrait que j'ai retrouvé dans cette crypte "ma" fameuse plaque commémorative du massacre des frères Raoulin, celle en cuivre, évoquée par Julien Guillemard dans son "Esprit du Havre"...
Voilà tout pour ce soir... Demain, retour sur cette fameuse statue de la Vierge Noire.
21 juin 2009
Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire (1/8)
Premier billet d'une série de huit concernant l'exposition "Le Prieuré de Graville, un monument dans l'Histoire".
Pas d'historique aujourd'hui (faute de temps), mais des photos que tout un chacun peut faire en se rendant au Prieuré. Elles sont toutes prises en extérieur. Dans les jours qui suivent, je vous présenterai l'exposition en détail, en vous donnant diverses informations historiques, au coup par coup.

L'entrée du prieuré de Graville.
Si quelqu'un a une idée sur la présence de ces canons, je suis preneur !
L'abbaye.







La seule tour encore visible de l'abbaye de Graville, vue depuis le cimetière...
Il faut savoir qu'au XIIIe siècle, deux tours carrées encadraient l'entrée de l'église, comme l'abbaye de Saint-Wandrille ou celle de Jumièges. Voici une reconstitution probable de ce que pouvait être le prieuré au XIIIe siècle (document présenté à l'exposition).
Le fameux cèdre dont Phyll nous a parlé il n'y a pas si longtemps...
Demain (ou peut-être après-demain, je ne sais pas encore l'ordre exact de mes futurs billets), promis, on entre dans les murs du prieuré... (mais pas par cette superbe fenêtre du XIIIe siècle) !
Si le sujet vous intéresse, vous pouvez aussi vous rendre sur le blog de François qui parle également du prieuré de Graville actuellement : Franciscopolis, la ville de François Ier.
17 juin 2009
Plaque commémorative du massacre des frères Raoulin dans la cathédrale Notre-Dame
Ce billet est une réactualisation d'un précédent paru avec le même titre le 30 mars 2008. J'y évoquais une plaque commémorative du massacre des frères Raoulin, mais je ne savais pas où la situer... Elle avait été posée en 1603 dans l'église Notre-Dame puis avait pas mal voyagé. On l'avait ainsi retrouvée rue Fontaine aux Viviers, dans l'ancien Musée des Beaux-Arts ou au Musée de l'Abbaye de Graville...
Or, dimanche dernier, pendant que certains blogueurs déambulaient dans les rues de Saint-Valéry-en-Caux, j'étais retenu au Havre pour des obligations familiales ! Bah oui, j'étais invité à assister à une profession de foi et à un baptême ! Déçu de ne pas avoir pu les accompagner, mais en même temps, j'en ai profité pour déambuler dans la cathédrale Notre-Dame.
Je suis alors tombé sur une drôle de plaque quasiment illisible. Toutefois, j'ai pu déchiffrer quelques mots : "Raoulin", "saize ième jour de mars mil cinq cent quatre vingt dix neuf"... Rentré à la maison, j'ai vérifié si cela pouvait être "ma" plaque... et bingo !
J'y suis donc retourné aujourd'hui pour la photographier...
En voici le texte :
"Ici reposent les corps de Isaye Raoulin, écuyer,
sieur de la Regnardière, vivant cornette de la compaignie des gens à cheval de feu Mgr de Villars, vivant admiral de France et gouverneur pour le roy en la ville de Grâce ; de Pierre Raoulin, écuyer, sieur de Saint Laurens, vivant lieutenant en la compaignie de gens de pied, entretenus par le roy en Normandie ; et de Jacques Raoulin, écuyer, sieur de Rogerville, vivant enseigne de la compaignie des gens de pied, fils uniques de Robert Raoulin, écuyer, avocat en parlement, décédés en cette ville du Havre de Grâce, le 16ème jour de mars 1599, en une même heure ; priez Dieu pour leurs âmes."
Elle se trouve dans la chapelle Saint-Sébastien.
En vous rendant dans cette chapelle, ayez une pensée pour les trois frères Raoulin... leur tombeau se trouve quelque part sous vos pas, même si aujourd'hui, on n'en voit plus trace...
06 juin 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville, en 1878
Petit souvenir de 1878...
C'est ce qui est noté au dos de la photographie...

Cote de l'original aux AM : 7Fi120.
Sur la gauche, on distingue des maisons d'habitation et la rue d'Ingouville. A droite, la chapelle Saint-Michel et son square avec des jeunes marronniers en fleurs, marronniers qui ont d'ailleurs bien poussé.
La chapelle a finalement assez peu changé malgré des destructions pendant la seconde guerre mondiale et diverses restaurations. On remarque néanmoins qu'elle a perdu ses vitraux, mais qu'en revanche, sa toiture entièrement refaite, a un bien plus bel aspect aujourd'hui.
Vous pouvez retrouver d'autres billets sur cette chapelle en cliquant sur le sujet "Chapelle Saint-Michel d'Ingouville" dans la colonne de droite, rubrique "Les articles du blog".
29 mai 2009
La cathédrale Notre-Dame
Dimanche dernier, lors de la Fest'Yves, alors que je regardais je ne sais quel groupe se produire sur la scène près de la Halle aux poissons, mon regard n'a cessé d'être attirée par la Vieille Dame havraise et sa coiffe si atypique...
En soi, ce cliché n'a rien d'exceptionnel, mais puisqu'il est fait, autant s'en servir... Il va être prétexte à la présentation de trois autres clichés de la cathédrale, alors église Notre-Dame. Les deux premiers sont de Angelo Caccia, photographe au Havre dans les années 1890, le troisième est de Kaiser, photographe au Havre sensiblement à la même époque.
Depuis Saint-François, le chemin le plus simple pour accéder à l'église Notre-Dame en cette fin de XIXe siècle, était d'emprunter la rue Saint-Jacques. On avait alors cette vue.

Cote de l'original aux AM : 8Fi13.
Sur ce cliché, on peut repérer à gauche, des maisons d'habitation, la devanture d'un coiffeur pour dames. Dans la rue, des hommes et des femmes posent pour le photographe. Une charette à bras et un chariot tiré par un cheval blanc stationnent dans l'étroite rue. Au fond, la rue de Paris. Sur la droite, le côté sud de l'église Notre-Dame dont on voit le clocher.
Un peu plus loin sur la gauche, au niveau du réverbère, on trouvait la rue Saint-Julien. Depuis cette rue vers l'église, on avait alors cette vue.

Cote de l'original aux AM : 8Fi12.
Cette vue donnait donc sur le côté sud de l'église Notre-Dame. Au premier plan, de part et d'autre de la rue Saint-Julien, des maisons recouvertes d'ardoises. Sur la gauche, un homme pose devant l'entrée de la Maison Lescene, commission du Mont-de-Piété. Derrière lui, la boucherie Briard.
En continuant dans la rue Saint-Jacques, on accédait à la rue de Paris. Du coin sud-ouest, l'église se présentait ainsi.

Cote de l'original aux AM : 7Fi134.
Au premier plan, à gauche, on distingue la rue de Paris ; à droite, le portail de l'église Notre-Dame. Au second plan, sur la droite, un magasin de confection à l'angle de la rue des Drapiers. Au fond, l'Hôtel de ville.
On remarque l'absence de parvis. A ce propos, si vous ne connaissez pas le pourquoi du parvis devant la cathédrale Notre-Dame aujourd'hui, vous pouvez vous reporter à l'excellent article de l'ami Dan, richement illustré : pourquoi la rue de Paris est-elle décalée par rapport à son ancien tracé ?
En empruntant la rue des Drapiers, on arrivait au pont Notre-Dame, dont nous sommes partis.
28 mai 2009
La Chapelle Saint-Roch
Il y a de cela plus d'un an maintenant, je vous avais fait un petit historique du Square Saint-Roch...
Son histoire commence en 1587, soixante-dix ans après la fondation du Havre, lorsqu'un pré-de-santé est fondé sur un hectare de terre, à l'emplacement du futur square Saint-Roch. Ce terrain est clairement à l'extérieur de la ville du Havre, sur la commune d'Ingouville.
Ensuite, sous l'administration de Richelieu, on le destine aux pestiférés (au sens propre du terme...) En 1626, il est aménagé avec chapelle et bâtiments divers. "La chapelle Saint-Roch était pour les personnes attaquées du mal de la peste ; il y avait dans le pré plusieurs maisons pour les malades". Avec cette chapelle dédiée à la Vierge, les pestiférés ont leur propre lieu de culte. Ce pré fut pendant un siècle un voisinage que l'on redoutait...
Le temps passa... Le pré-de-santé Saint-Roch fut laissé à l'abandon à partir de 1669, devint cimetière en 1783. A partir de cette date, on recélèbra des offices religieux dans la chapelle Saint-Roch.
A partir de 1854, on laissa de nouveau à l'abandon, le cimetière Saint-Roch qui n'avait plus de raison d'être avec la création du cimetière Sainte-Marie.
La chapelle, elle-aussi, ne sert plus à rien. On la démolit en 1861...
La photographie que je vais maintenant vous présenter est unique, je pense... Comme beaucoup de documents iconographiques présentés récemment, je l'ai découverte aux Archives Municipales du Havre. Elle date de 1860 ou 1861. Elle fut sûrement prise peu de temps avant la démolition de la chapelle.

Cote de l'original aux AM : 7Fi121.
"Vue sur l'autel avec des gravats devant. A l'arrière, un retable encadré, à gauche, par une statue de la Vierge à l'enfant, à droite par un statue de Saint-Roch et son chien. En haut, à gauche, on aperçoit la charpente du toit mise à nu"... nous dit le site des Archives.
Une petite erreur néanmoins s'est glissée dans ce texte puisqu'il ne s'agit pas de Saint-Roch et de son chien, mais de Saint-Adrien et d'un lion. La statue de la Vierge, dite à la grappe, date du XVIe siècle, celle de Saint-Adrien du 17e... Elles sont toujours visibles aujourd'hui au Havre, restaurées (du coup, Saint-Adrien a récupéré son épée...) dans la Chapelle Saint-Michel d'Ingouville.
Les voici en photographies aujourd'hui, photos extraites d'un précédent billet sur la chapelle Saint-Michel d'Ingouville.
19 mai 2009
L'intérieur de l'église Notre-Dame
Il y a quelques temps, Geo et Jean-Michel Harel m'avaient demandé si j'avais déjà vu des photographies de l'intérieur de l'église Notre-Dame, et notamment de ses vitraux...
Voici un cliché trouvé aux Archives Municipales du Havre.
La qualité de l'original n'est pas extraordinaire compte tenu que le cliché a été griffonné au crayon et que les vitraux ont été redessinés... Toutefois, cela donne un bel aperçu de l'intérieur de l'église.

Cote de l'original aux AM : 7Fi52.
Intérieur de l'église Notre-Dame.
Pour plus de détails sur l'église Notre-Dame devenue cathédrale en 1974, vous pouvez vous rendre sur ces billets :
- La cathédrale Notre-Dame (22 décembre 2008)
- La cathédrale Notre-Dame (1/2) : historique (24 février 2009)
- La cathédrale Notre-Dame (2/2) : photographies (25 février 2009).




































































