12 mars 2008
Honneur aux Poilus, hommage à Lazare Ponticelli
Aujourd'hui, Lazare Ponticelli, 110 ans, dernier ancien combattant français de la Grande Guerre s'est éteint.
J'ai eu envie de lui rendre hommage en publiant cette photographie particulièrement d'actualité. Elle a été prise en 1919, lors du retour au Havre du 129ème Régiment d'Infanterie. Sur la gauche, on trouve la place Thiers, et en face, la rue Thiers.
Voici maintenant deux photographies de Lazare Ponticelli trouvées sur le net.
Elle est extraite de l'article 'Lazare Ponticelli' sur Wikipédia. David Amberg en est l'auteur.
Comme on peut le voir sur la photo, celle-ci est extraite de la biographie de Lazare Ponticelli sur le site http://dersdesders.free.fr
16 février 2008
Les manuscrits retrouvés de Jacques Augustin Gaillard
Hier soir avait lieu à la Maison de l'Armateur, une table ronde autour des dessins de Jacques Augustin Gaillard. Présentés pour la première fois au public grâce au prêt généreux de leur propriétaire Denis Lefèvre-Toussaint, ces dessins sont au nombre de trente. Huit plans montrent l'évolution de la ville du Havre de sa fondation jusqu'à 1816. Vingt-deux planches apportent des témoignages inédits sur l'architecture locale puisque certaines d'entre elles présentent des édifices havrais dans des versions dont on n'avait de trace iconographique nulle part ailleurs. Les dessins, réalisés à l'encre de Chine, étaient reliés dans un petit carnet en papier vergé.
Pour animer cette table ronde, Hervé Chabannes, auteur des Manuscrits retrouvés de Jacques Augustin Gaillard, était entouré de Denis Lefèvre-Toussaint, propriétaire des dessins, et de Dominique Rouet, Conservateur des Fonds patrimoniaux de la Bibliothèque Municipale du Havre. Face à eux, un public d'une trentaine de personnes venues partager ce moment unique : assister aux retrouvailles dans un même lieu du manuscrit de Jacques Augustin Gaillard et de ses dessins, plus de 180 ans après leur séparation.
En effet, après un bref préambule, Hervé Chabannes explique comment, dans le cadre de la préparation de sa thèse, il avait été amené à travailler sur un manuscrit anonyme de la Bibliothèque Municipale, numéroté 559, relié en velin. Dans ce manuscrit, un précis chronologique des principaux événements arrivés au Havre depuis sa fondation, des fiches biographiques d'hommes célèbres du Havre, les listes des curés, des gouverneurs, des intendants de marine, des maires, de la fondation du Havre à 1824, ainsi que la liste des fontaines de la ville. Il sait aussi, parce qu'il en a retrouvé des descriptions, que des dessins faisaient partie de cet ouvrage destiné à la publication. Seulement, pas la moindre mention de l'auteur.
Un travail d'enquête minutieux permet à Hervé Chabannes de dresser une liste d'auteurs potentiels, d'en éliminer au fur et à mesure, pour finalement n'en retenir qu'un : Jacques Augustin Gaillard.
Cet homme, né au Havre en 1750, est issu d'une famille aisée. Son père était écrivain du Roi et lui-même devient très vite garde-magasin de la Marine, c'est-à-dire responsable de toute l'Intendance de la flotte, d'abord royale puis d'état. A ce titre, il est la quatrième personne la plus influente de la Marine au Havre. Il deviendra même Sous-Commissaire vers 1796, ce qui le place officiellement à la deuxième place de la hiérarchie de la Marine au Havre. De par son mariage, il est lié à l'élite maritime et négociante havraise, ce qui lui permet d'avoir un accès quasi total à tout type d'archives... Il entreprend alors de rédiger une histoire du Havre, tâche à laquelle il s'attèlera vraiment qu'à la retraite, à partir de 1812. Malheureusement, alors que le manuscrit est prêt à être édité, en 1825, Jacques Augustin Gaillard décède.
Les dessins disparaissent alors, le manuscrit se perd... d'où l'enquête menée 180 ans plus tard par Hervé Chabannes.
Seulement, alors qu'il pense avoir formellement identifié l'auteur du manuscrit 559 de la Bibliothèque Municipale et qu'il s'apprête à éditer le manuscrit, Hervé Chabannes n'est pas au bout de ses surprises. Venu chez Denis Lefèvre-Toussaint pour consulter les archives familiales de ce dernier, il tombe par hasard sur un album de dessins dont il reconnaît sans peine les descriptions laissés par Alexandre Eyriès, contemporain et ami de Gaillard, qui avait vu le manuscrit et les dessins qui l'accompagnaient. De plus, ils sont eux signés 'Gaillard', ce qui laisse aucun doute sur leur provenance... d'où les sauts de carpes d'Hervé Chabannes dans toute la maison et l'amusement de Denis Lefèvre-Toussaint qui, conquis et ravi de tant de bonheur et d'excitation, lui prête généreusement sa collection !
La boucle est bouclée... le projet de publication envisagé par Gaillard peut être réalisé près de deux siècles plus tard par Hervé Chabannes. Je ne vous en dirai pas plus, mais vous incite vivement en revanche à acheter l'ouvrage d'Hervé Chabannes que l'on trouve dans toutes les bonnes librairies. Notre auteur vend aussi personnellement ses ouvrages, et pour les personnes intéressées, je peux vous avoir des versions dédicacées (dans ce cas, contactez-moi par mail privé ou tout simplement déclarez votre intérêt dans les commentaires).
Les photographies du manuscrit sont reproduites avec l'autorisation de Dominique Rouet.
Les dessins sont reproduits à partir de numérisations de l'ouvrage d'Hervé Chabannes, avec l'autorisation de Denis Lefèvre-Toussaint, propriétaire de la collection.
08 février 2008
Lesueur et Le Havre
Petit compte rendu de ma visite au Muséum d’Histoire Naturelle du Havre, afin de découvrir les 27 dessins de Charles-Alexandre Lesueur, présentés dans cette exposition : Lesueur et Le Havre.
Après un petit préambule fort sympathique sur le nouvel agencement du muséum d’histoire naturelle, Gabrielle Baglione, responsable de la collection Lesueur au Muséum du Havre, et Laurent Bréard, photographe pour le fonds des musées historiques, expliquent le pourquoi de cette exposition et le parti pris : une mise en parallèle de 27 dessins du naturaliste Charles-Alexandre Lesueur et de photographies anciennes (des Fonds Angelo Caccia et Georges Priem) ou contemporaines (de Laurent Bréard), sur le thème du Havre, mettant en valeur les constantes et les évolutions de la Ville.
Ces dessins sont issus de l’immense collection Lesueur détenue par le Muséum (plus de 8000 pages de carnet, 4500 dessins), et sont exposés pendant 3 mois avant de retourner en réserve, pour au moins 3 ans, et ce, pour des soucis de conservation.
Les dessins exposés changeront ainsi tous les trois mois, à chaque nouvelle saison (les 21 mars, juin, septembre et décembre de chaque année), avec à chaque fois une thématique nouvelle.
Né au Havre le 1er janvier 1778, Charles-Alexandre Lesueur, issu d’une famille bourgeoise aisée, fait ses études au Collège du Havre où des cours de dessin sont dispensés. Toutefois, il est peu probable que ce soit ici qu’il est acquis ce fabuleux coup de crayon…
En 1800, il s’engage avec le Commandant Nicolas Baudin dans une expédition nationale afin de découvrir les Terres Australes. Il est au départ aide-canonnier et dessinateur pour le journal de bord de Baudin, puis très vite, profitant des circonstances de voyage, devient dessinateur officiel de l’expédition.
Il se sensibilise au contact de la vingtaine de savants embarqués à l’ensemble des sciences, puis il finit par rentrer au Havre en 1804. Il repart puis revient vers 1813-1814. C’est à cette période qu’il commence véritablement à travailler sur la falaise et l’étude du littoral.
Ensuite, il repart pour deux ans aux Etats-Unis, pays où il séjournera finalement 21 ans. Revenu au Havre en 1837, il s’installe chez ses neveux à Sainte-Adresse où il s’éteindra le 12 décembre 1846. Il y est d’ailleurs enterré.
Lors de son passage au Havre, il dessine l’évolution du littoral et laisse des témoignages fort intéressants sur les phares de la Hève, sur le rôle des mâts de signaux qui servaient entre autres à informer ceux de la Tour François Ier sur le niveau des marées, sur l’importance des épis dans la conservation du littoral, sur le problème du ramassage des galets. Il atteste aussi des activités de pêche, de la présence de parcs à huîtres au Havre, des nombreux fossiles présents sur la falaise.
Toutes ces observations se retrouvent dans les 27 dessins de l’exposition regroupés selon quatre centres d’intérêt : le littoral ; la Hève et ses épis ; le port, les bassins, les bateaux ; et la Ville.
Malheureusement, cette dernière n’était pas le sujet de prédilection de Charles-Alexandre Lesueur qui a finalement très peu dessiné la ville, et quand il le faisait, il ne la représentait pas toujours de manière réaliste.
Ainsi, sur ce dessin de la rue d’Ingouville, il a "fait rentrer" tout ce qu’il a voulu y "faire rentrer", sans souci de réalisme. Les plans se juxtaposent artificiellement. Le dessin recompose cette zone sur un feuillet étroit, faussant la perspective.
Il faut dire qu’au premier abord, on s’attend à autre chose que ces petits feuillets de carnet, sur vélin, de dimension 13 par 18 cm. Finalement, on est envoûté par la précision du tracé, la finesse du trait, le détail que seuls la loupe et l’œil expert de Gabrielle Baglione permettent de repérer.
Les dessins présentés dans ce post proviennent de l’ouvrage de Philippe Manneville, édité aux éditions Bertout en 1987. Toutefois, je trouve que le rendu n’est pas excellent. Ces représentations en noir et blanc, aux traits souvent trop marqués, sont loin de valoir les originaux.
Je ne vous conseille donc qu’une chose : allez vite voir cette exposition : ça vaut le détour ! De plus, rappelez-vous qu’après le 15 mars, il vous faudra attendre au moins trois ans avant de revoir ces dessins…
Une autre conférence visite de l’exposition aura lieu le jeudi 6 mars 2008.
06 février 2008
Lesueur dessine Le Havre
Demain, jeudi 7 février 2008, aura lieu à 18h30, au Muséum d'Histoire Naturelle, place du Vieux Marché, une conférence visite de l'exposition "Lesueur et Le Havre." Cette conférence sera animée par Gabrielle Baglione et Laurent Bréard. L'entrée est gratuite.
Merci à Christian Leguillon d'avoir communiqué cette information sur le forum du GGHSM. Je ne fais que relayer l'information.
19 janvier 2008
Hommage à Charles-Alexandre Lesueur
Yves Boistelle, Hervé Chabannes et Ritsert Rinsma viennent de publier Alex l'explorateur, la malédiction du serpent. Cette bande dessinée est un bel hommage au dessinateur naturaliste Charles-Alexandre Lesueur et pour le tout début de l'album au Havre des années 1800 (même si j'accroche moyen au style Boistelle...). A cette époque, Bonaparte décide d'envoyer des explorateurs scientifiques au bout du monde, afin de rapporter de nouvelles espèces d'animaux ou de plantes. Lesueur est embauché par le commandant Baudin afin d'illustrer son journal personnel.
Nos trois auteurs se sont servis des journaux de bord pour rendre compte de la vie sur les navires et du déroulement de l'expédition. Mais comment représenter un Havre réaliste ? Par les photos ou les illustrations existantes, pardi !
Voici deux extraits tirés des premières pages de l'album.
Il me semblait avoir déjà vu ça quelque part ! Mais où ? Peut-être ici...
Un lien sympa pour découvrir Alex l'explorateur : 
Une petite vidéo pour découvrir l'oeuvre de Boistelle, Chabannes et Rinsma, en même temps que Le Havre de 1800 :





























