01 mai 2009
Rue des Boucheries et rue au Lard...
Premier mai et Fête du Travail obligent, le scanner est au repos aujourd'hui... Vous aurez donc le droit à un billet sans image, avec que du textes ! Super... lol
On s'invente les excuses que l'on peut... Rassurez-vous, dans les prochaines séries, vous n'aurez le droit qu'à des photographies, sans texte cette fois- ci !
Pour amener ce futur sujet, et mieux le comprendre alors, je vais vous présenter l'extrait d'une pétition adressée par les habitants du quartier des Boucheries (autour de la place du Marché de la Prison - c'est la zone cerclée de vert sur le plan suivant) au Maire du Havre, en 1834.
"Nous venons de nouveau vous porter plainte sur l'état de malpropreté et d'insalubrité des rues au Lard et de la Boucherie. Cet état de choses est intolérable et pour peu qu'il continue les habitants du quartier seront forcés de l'abandonner dans la crainte bien fondée que les miasmes pestilentiels que l'on y respire ne compromettent leur santé...
- MM. les bouchers tuent des moutons et des porcs au milieu de la rue.
- Ils cachent, sous les balayures, une partie de sang caillé et des boyaux, que les chiens traînent dans la rue et dans les allées.
- L'odeur pestilentielle de leurs étables provient de ce qu'ils ne les nettoient que rarement et ce qu'ils transvasent le sang lorsqu'ils en font la livraison par plusieurs barriques à la fois.
- Des seaux remplis de sang sont accrochés le long du mur des maisons de sorte que lorsque la rue est engagée on est obligé de passer sous ces seaux et de recevoir sur ses vêtements le sang qui s'en écoule.
- Ils mettent souvent leurs vidanges au ruisseau.
- Ils attachent les bestiaux en dehors des maisons.
- Les cris des animaux troublent le repos des habitants. Autrefois on n'avait point à s'en plaindre parce que les bouchers habitant les maisons dans lesquelles sont les tueries faisaient ce qu'il fallait pour reposer tranquillement.
- Les tripiers, malgré les ordres qu'ils ont reçus, laissent journellement couler dans le ruisseau leurs eaux fétides ; ces eaux déposent un sédiment qui exhale des vapeurs méphitiques et rend insalubres les appartements dans lesquels elles pénètrent.
- Enfin, lorsque dans les fonderies de suif, les matières sont en ébullition, la vapeur au lieu de sortir par la cheminée, sort par les portes et les croisées et l'on comprend alors combien l'odeur qui en provient est insupportable.
... Nous attendons avec impatience l'établissement d'abattoirs publics qui, débarrassant les rues au Lard et de la Boucherie des tueries, fonderies, etc., permettra de les habiter avec sécurité et donnera à nos propriétés la valeur qu'elles doivent avoir..."
(suivent trente signatures d'habitants du quartier)
La construction de ces premiers abattoirs publics est décidée en 1833. Je n'ai pas retrouvé de document (mais pas cherché longtemps non plus...) sur ces premiers édifices. Aucune cote n'est indexée à cet édifice sur le site des Archives Municipales du Havre.
Ils seront remplacés par les seconds Abattoirs du Havre en 1893. Ce sera le sujet de prochains billets sur ce blog...
Sources :
- Le Peuple du Havre et son histoire, 1800-1914, le cadre de vie (Du négoce à l'industrie), Jean Legoy, Le Havre 1982.
24 avril 2009
Rue de la Hache ou rue Martonne ?
Avant-hier, je vous avais promis un billet sur la rue de la Hache.
Je pensais avoir ce qu'il fallait pour le faire, mais je me suis heurté à un petit problème dont je vais maintenant vous faire part... Il y a très peu de documentation sur cette rue, et encore moins de photos !
Toutefois, je pensais en avoir une... Celle-ci :

Cote de l'original aux AM : 8Fi5.
Le site des Archives Municipales du Havre indique dans sa description de ce cliché : "Rue de la Hache et des Remparts - Vue sur la rue des Remparts avec des hommes, femmes et enfants posant autour d'une charrette à bras. A droite, l'intersection avec la rue de la Hache et un réverbère accroché à une maison. Au fond, la charrette du balayeur tirée par un cheval blanc, on aperçoit également l'intersection avec la rue du Collège."
Pourtant, quelque chose me turlupinait... J'avais déjà vu cette photographie quelque part, et je ne me souvenais pas qu'il s'agissait de la rue de la Hache ! Après une petite recherche, j'ai retrouvé le cliché qui me titillait... Il figurait dans un précédent article que j'avais écrit sur la rue des Remparts. Il est extrait du fonds photographique de la SHED (Société Havraise d'Etudes Diverses).
Oui, oui, il s'agit bien de la même maison sur les deux clichés ! Mais alors, cette petite rue qui croise la rue des Remparts... c'est la rue de la Hache ou la rue Martonne ?
Qu'à cela ne tienne, j'ai mené une petite enquête...
Pour ce faire, j'ai utilisé un autre cliché d'Angelo Caccia, le photographe qui avait pris la première vue. Le voici :

Cote de l'original aux AM : 8Fi6.
Là-encore, il s'agit de la même rue des Remparts... Le site des Archives Municipales indique : "Rue des Remparts (partie ouest) - Dans la rue, des hommes, femmes et enfants posent, deux charrettes à bras stationnent, des réverbères accrochés aux maisons. Deux rues partent sur la gauche. Au fond, la rue de la Corderie et un commerce avec des bouteilles exposées dans la vitrine."
Si vous êtes très attentifs à la première et la troisième photo, vous observerez qu'il s'agit des mêmes maisons prises d'un coin et de l'autre de la rue... Je dirai même qu'elles ont été prises le même jour, quasiment à la même heure ! Et oui... On retrouve la même charrette à bras prise de devant et de derrière, le même monsieur à la moustache, au gilet noir, col en "v" et aux manches blanches, un autre monsieur avec casquette et chemise à manches blanches lui aussi, quelques enfants avec des chapeaux identiques... On retrouve les mêmes réverbères de part et d'autre de la rue... et les mêmes maisons ! Observez bien la maison blanche à deux étages, la grande à trois étages avec des bacs à fleurs aux fenêtres du premier étage, les intersections de rues repérables aux trottoirs qui s'arrêtent et enfin, la lucarne un peu biscornue sur le toit de la maison qui fait l'angle... Convaincus ?
Si vous non, moi si ! Et alors, que vois-je sur le troisième cliché ? On est au bout de la rue des Remparts, cette rue étant fermée par la rue de la Corderie (appelée plus tard rue Emile Renouf). Or, si on prend un plan d'époque, on observe que la première rue qui prend à droite sur la rue des Remparts, en partant de la rue de la Corderie, est bien la rue Martonne !
Génial, me direz-vous !
Du coup, je peux me mettre en relation avec Cassandre, des Archives pour qu'elle modifie la base de données... Sur le premier cliché (8Fi5), il ne s'agit pas de la rue de la Hache, mais de la rue Martonne. Sur le troisième cliché (8Fi6), on peut apporter des précisions : les deux rues qui prennent sur la gauche par rapport à la rue des Remparts, sont la rue des Boucheries et la rue Martonne.
Génial hein ? Mais vous vous rappelez du sujet de départ ? La rue de la Hache... Comment je fais moi, sans photo ?
Bah, il me reste la description qu'en fait Charles Vesque dans son Histoire des rues du Havre... Je vous la livre donc telle quelle !
"Dans l'arrêté pris par Louis XVI, pour la nouvelle désignation des rues, nous lisons : "La rue en hache, tendant de la rue des Remparts à la rue des Viviers, en passant derrière le couvent des Ursulines, vulgairement appelée rue de la Hache, portera le nom de rue Collette." D'où il s'en suit un "enhachement" qui longeait le couvent des Ursulines pour aboutir dans la rue au Lard, qui n'était alors que le prolongement de la rue des Viviers, dont elle portait le même nom.
La démolition du couvent la réduisit alors à la modeste étendue qu'elle possède aujourd'hui (voir le premier plan). Quant au nom de Collette qu'elle porta, il rappelle une ancienne famille du Havre ; car on voit dans le dénombrement des fiefs, fait par ordre du Roi, une portion de terrain, sise rue Sainte-Adresse, aujourd'hui rue d'Estimauville, appartenant au sieur Collet, barbier.
En 1735, parmi les propriétés appartenant à l'église Notre-Dame, on cite la maison Collette. La Révolution, et c'est étrange, conserva ce nom à la rue ; nous lisons, en effet, dans un acte administratif de cette époque : "Le Sieur Fortin, demeurant rue Collette." En 1824, la rue porte encore ce même nom, mais, par la suite, elle reprit celui de la Hache. La tradition, assez accréditée, qui prétend qu'un homme fut assassiné dans cette rue à coups de hache, d'où serait venue la dénomination, se trouve donc pleinement démentie par les documents que nous citons ici.
Quant aux maisons de cette rue, nous n'avons rien à en dire, sinon qu'elles sont hideuses à voir à l'extérieur ; quant aux intérieurs, il serait impossible d'en peindre fidèlement l'aspect misérable. Celle qui porte le numéro 4 appartint à Jean-Baptiste Lesueur, père du célèbre naturaliste de ce nom.
On rapporte que, sous Louis XV, un général, en résidence au Havre, voulait faire abattre les maisons des rues qui étaient trop étroites pour donner passage à sa voiture. Il eût été à désirer qu'il se rendit dans celle de la Hache, où les maisons se touchent pour ainsi dire ; en les faisant démolir, les propriétaires étant indemnisés, il eût rendu un grand service à l'humanité car il aurait supprimé une ruelle par laquelle l'air pénètre à peine dans les habitations. On assure que l'administration actuelle songe à élargir cette rue ; nous faisons des voeux pour que ce projet soit mis le plus tôt possible à exécution. Ce sera un véritable bienfait dont on ne pourra qu'être reconnaissant envers nos édiles."
A défaut d'illustrations sur cette rue, vous aurez donc eu un descriptif... qui permet néanmoins aisément d'imaginer quel type de maisons on aurait observé. Je pense que celles visibles autour de la place de la Gendarmerie n'avaient cependant rien à leur envier...
Sources :
- Photographies numériques d'après originaux déposés aux Archives Municipales du Havre : cotes sous chaque photographie.
- Histoire des rues du Havre, Charles Vesque, 1876, Archives Municipales du Havre.
- Le Havre en photographies 1860-1910, Yann Favennec, Fabrice Recher, Pascal Valinducq, Editions François 1er, Le Havre, 2004.
23 avril 2009
Place de la Gendarmerie (suite et fin ?)
Héhéhé, j'ai retrouvé tout à fait par hasard une nouvelle photographie de la Place de la Gendarmerie...
Elle est extraite de l'ouvrage de Jean Legoy : Le peuple du Havre et son histoire, 1800-1914, le cadre de vie.
Jean Legoy précise que cette photographie est due à M. Dulaurier et qu'elle date de 1880. Elle représente le Marché de la Prison, place du Marché-de-la-Prison ou de la Gendarmerie, quartier Notre-Dame. On trouvait sur cette place, dans les dix boutiques et dans les cabanes : 37 fripiers, 12 cordonniers en chaussures d'occasion et 4 brocanteurs (d'après l'Almanach du Commerce du Havre pour 1876).
Ursule Prévost, veuve Patard, une lointaine ancêtre y fut fripière jusqu'en 1892, année de son décès... Elle logeait au 5, marché de la Prison, donc dans l'une des vieilles bâtisses que je vous donne à voir depuis quelque jours.
A l'extrême-droite du cliché, on découvre l'entrée de la rue de la Hache. Je vous en reparlerai demain, mais j'ai des petits soucis de cohérence historique par rapport aux clichés que j'ai en ma possession...
22 avril 2009
Place de la Gendarmerie (suite)
Il y a quelques temps, j'avais publié un billet intitulé Place de la Gendarmerie.
J'y présentais cette photographie, tirée de l'album Caccia que vous pouvez consulter aux Archives Municipales du Havre.

Cote de l'original aux AM : 8Fi2.
Seulement, d'autres photographies de cette même place existent. Ce sont elles que je vais vous présenter aujourd'hui. Toutefois, elles ne conviendront sûrement pas encore à Otto Graf, qui, je sais, consulte assidument ces billets sur cette place et la rue Beauverger, car elles sont trop antérieures à la période qu'il a connue, mais ce sont les seules que j'ai retrouvées... Néanmoins, si vous avez ce type d'archives chez vous, n'hésitez pas à m'en faire part ;-). Elles pourraient intéresser beaucoup de monde.
Je recherche notamment des photos de la Gendarmerie en question, mais aussi de cette place sans ces baraquements, ainsi que des photographies de la rue Beauverger.
Voici maintenant les photographies dont je vous ai parlé précédemment.

Cote de l'original aux AM : 8Fi3.
Au premier plan, on découvre une des halettes du marché ouverte. Sur l'étal, une rangée de chaussures et des coupons de tissu en exposition. Un enfant est assis à l'extrême droite. Au second plan, on retrouve les vieilles maisons d'habitations d'avant-guerre, certaines étant recouvertes d'ardoises. A droite, sur l'une d'entre elles, on voit la plaque indiquant la place de la Gendarmerie ainsi qu'un réverbère, marquant probablement l'entrée de la rue de la Hache (rue Collette). Je reviendrai sur cette rue demain.

Cote de l'original aux AM : 8Fi4.
Là encore, on repère au premier plan, les hallettes fermées du marché, et au second plan, des maisons d'habitation.
Sources :
- Photographies numériques d'après originaux déposés aux Archives Municipales du Havre : cotes sous chaque photographie.
21 avril 2009
Le quai Southampton
Hier, je vous parlais de petites cours intérieures, en arrière du quai de Southampton. Je vais vous parler aujourd'hui du quai proprement dit.
Cependant, auparavant, je voulais vous présenter une nouvelle photographie, oubliée hier.
Elle date de 1928 et a été réalisée par Raoul Lefaix. Elle est à mettre en regard avec le premier cliché présenté hier. Il s'agit de la même vue, prise quelques années plus tard. Raoul Lefaix signale que la sculpture sur bois qui orne la façade provient d'un ancien vaisseau nommé la Bretagne. Sylvie Barot, ancienne directrice des Archives Municipales, précise dans l'ouvrage Le Vieux Havre en 1928, que les éléments de cette sculpture sont parvenus jusqu'à nous, sauf malheureusement la partie supérieure comprenant les visages des anges. Je ne sais pas où elle est conservée... Peut-être à la Maison de l'Armateur ? Au fond de cette allée, on trouvait aussi un bel escalier Louis XIII.
Revenons maintenant au quai de Southampton...
Longtemps appelé Grand Quai, il prit le nom de Quai de Southampton en 1913, afin de marquer le rapprochement des municipalités du Havre et de Southampton.
J'ai nommé cet article "Le Quai de Southampton", parce que c'est sous cette désignation que vous trouverez les photographies suivantes aux Archives Municipales du Havre. Pourtant, à la date des clichés, on parlait bien du Grand Quai...

Cote de l'original aux AM : 7Fi21.
Le cliché est pris du quai situé de l'autre côté de l'avant-port. Il a été réalisé par E. Letellier à la fin du XIXe siècle. Au premier plan, on découvre l'avant-port et les bateaux à roue à aube servant à la traversée de l'estuaire en échouage (marée basse). Au second plan, le Grand-Quai avec des sacs de marchandise et les immeubles d'habitations... L'oeil avisé reconnaîtra parmi ces maisons, la maison de l'Armateur, la Romaine (les Douanes) et l'hôtel de l'Amirauté. C'est sur ce quai que donnaient les petites cours vues hier. Au fond à droite, les mâts des bateaux du bassin de la Barre.

Cote de l'original aux AM : 7Fi87.
Ce second cliché a été réalisé par A. Villeneuve avant 1861. En effet, il est pris depuis le sommet de la tour François Ier, dont la destruction commencera en 1861...
A gauche, au premier plan, on repère le Grand-Quai avec les maisons d'habitation du quartier Notre-Dame, l'hôtel des Passagers puis l'Hôtel de France. Au second plan, on découvre le quartier Saint-François avec la Romaine et la maison de l'Armateur. Au fond, des hangars. A droite, l'avant-port et les bateaux passagers à roues à aube.
Sources :
- Photographies numériques d'après originaux déposés aux Archives Municipales du Havre : cotes sous chaque photographie.
- Le Vieux Havre en 1928, Raoul Lefaix, Editions La Galerne, Fécamp, 1993.
20 avril 2009
Cours intérieures, quai de Southampton
Cours intérieures, quai de Southampton...
Tel est le titre de cet article, mais j'ai longtemps hésité avec un autre : "De l'insalubrité au Havre à la fin du XIXe siècle" !
En effet, comme vous pourrez le constater sur les clichés que je vais vous proposer, si le pittoresque est indéniable, je ne sais pas qui aimerait vraiment habiter ces logements aujourd'hui, s'ils avaient eu l'heur d'être épargnés par les bombardements de la seconde guerre mondiale...
Le premier cliché vous est peut-être familier...

Cote de l'original aux AM : 6Fi6.
Il s'agit d'une cour intérieure, sise au 71, quai de Southampton. Le cliché est pris du premier étage d'une habitation, par Victor Bayle, photographe au Havre, à la fin du XIXe siècle. De part et d'autre de la cour, on peut observer différentes maisons d'habitation. Au fond, il s'agit de la maison de Jules Auderne, frère et soeur louant des chambres meublées et faisant café. Entre le rez-de-chaussée et l'étage de la maison, est accrochée l'ornementation arrière d'un navire : un blason avec des hermines entouré de deux angelots.
En revanche, je ne connaissais pas les deux photographies suivantes avant de les découvrir aux Archives Municipales du Havre. Elles sont l'oeuvre de Angelo Caccia, photographe au Havre à la fin du XIXe siècle. Il tenait boutique au 84, boulevard de Strasbourg.
Par deux fois, il s'agit d'une cour intérieure pavée, sise au 51, quai de Southampton...

Cote de l'original aux AM : 8Fi8.
A droite, on peut observer une vieille maison en pierre et colombages. A gauche, un mur avec du linge séchant sur un fil, un baquet et une brouette. Au fond, une maison en colombages avec deux enfants assis sur un escalier et une femme sur le pas de la porte. Quand on voit cette photographie, on a du mal à imaginer qu'elle fut prise au Havre, en plein centre ville...

Cote de l'original aux AM : 8Fi9.
Cette photographie présente les mêmes lieux pris depuis les marches de la maison en colombages du précédent cliché (probablement d'où se tenait la femme)... On retrouve donc la même cour pavée, avec à gauche, prise en biais, la maison en pierre et colombages avec un étage. On distingue aisément les deux lucarnes sur le toit et les fleurs aux fenêtres. Au fond, le passage sous une voute mène vers le quai Southampton.
Sources :
- Photographies numériques d'après originaux déposés aux Archives Municipales du Havre : cotes sous chaque photographie.
15 avril 2009
Rue de Bretagne... aux origines du Havre
Lors de la dernière sortie blogueurs, le 5 avril dernier, mon regard a été attiré par de drôles de personnages qui jouaient les curieux...
Mais que pouvaient-ils bien faire à regarder par la boîte aux lettres du restaurant "La Bigouden" ?
Tout simplement, parce que l'ami Nicéphore leur avait indiqué que cette maison était en fait, une des plus vieilles du Havre, construite avant l'Hôtel Dubocage de Bléville...
Si aujourd'hui, rien ne permet de le deviner depuis la rue, c'est dû aux plaques d'ardoise qui recouvrent colombages et parements de silex. En revanche, ces murs restent visibles par la boîte aux lettres ! lol
Cette maison date au moins du XVIIe siècle, peut-être même du XVIe... Elle a survécu aux bombardements de la seconde guerre mondiale, comme les quatre maisons qui la bordent...
Raoul Lefaix avait eu l'heur de les photographier en 1928.
Dans sa légende, il disait : "l'immeuble portant le n°64 de la rue de Bretagne possède un bel imposte en fer où se lit la date de 1786. Le n°66, qui lui est contigu, est construit en briques et pierres avec des panneaux en silex noirs taillés qui lui donnent un air de parenté, avec son voisin, le manoir des Dubocage-de-Bléville".
Toutes ces demeures, sauf celles du fond, ont été épargnées par la guerre et leurs façades et toitures ont été inscrites à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Voici la même vue aujourd'hui, prise avec le même angle.
Si le bel imposte de fer a disparu, les maisons, elles, sont toujours là...
Pour ceux qui ont du mal à imaginer cette maison comme l'une des plus anciennes du Havre, une vue un peu plus lointaine qui permet de voir ses murs sans les ardoises qui les recouvrent, finira sans doute de vous convaincre de sa vétusté...
Pour retrouver d'autres survivantes dans le quartier Saint-François, vous pouvez cliquer sur ce lien Rue Dauphine : les survivantes... billet traité en février 2008.
27 mars 2009
Place de la Gendarmerie
Un petit billet très succinct à la demande de Charles qui cherchait une photographie de la place de la Gendarmerie...
Celle-ci a été réalisée par Angelo Caccia vers 1865...
Concernant Notre-Dame avant 1935, je n'ai pas compris s'il s'agissait de l'église ou du quartier... Je pense que vous trouverez votre bonheur dans un de ces deux articles :
Enfin, pour terminer, vous trouverez la seule photographie de la rue Beauverger que j'ai jamais vue à cette adresse : la rue Beauverger.
Tous ces articles viennent de ce blog... N'hésitez pas à fouiller, en utilisant les archives et plus précisément les archives par catégories. Vous trouverez des photographies surtout dans les rubriques : Les rues et les places, les édifices religieux et les édifices non religieux.
Dites-moi si ces infos vous conviennent, s'il vous plaît.
22 mars 2009
Le bassin du Commerce et la place Gambetta...
Vraiment très peu de temps à accorder au blog en ce moment, d'où une très faible émission de posts... vivement des jours meilleurs et plus prolifiques !
Je profite de ce week-end pour scanner une petite carte postale acquise récemment et éditer un PPT (Petit Post Tranquille) comme dirait Phyll... J'aime beaucoup cette vue, la petite fille en habits d'époque au premier plan, les spectateurs au bord du quai, les drapeaux qui ne sont pas tous des drapeaux français, et le Grand Théâtre en arrière plan.
Je pense que cette vue se prêterait très bien à un avant-après, façon Dan, en superposant les quais du bassin d'hier avec ceux d'aujourd'hui...
07 mars 2009
Le Havre avant guerre...
Le semaine passée, je vous ai présenté l'église Notre-Dame, devenue cathédrale en 1974.
Aujourd'hui, je vais vous présenter deux clichés du Havre d'avant guerre, pris depuis le clocher de l'église Notre-Dame, l'un vers le nord, l'autre vers l'est.
Sur cette photographie, prise en 1890 depuis le haut de la tour Notre-Dame, on découvre la Rue de Paris vers le nord. A l'extrême-gauche, on devine la côte et le cap de la Hève, et à droite, l'Hôtel de Ville. Juste à côté, on peut reconnaître le dôme du Grand Théâtre. La rue de Paris était beaucoup plus étroite qu'aujourd'hui... On devine en parallèle au tracé de cette rue, celui de la rue d'Estimauville, "démarrant" au niveau inférieur gauche de la photo. La tracé de l'actuelle rue de Paris a d'ailleurs été aligné sur celui de cette rue d'Estimauville, ce qui explique une plus grande largeur de la rue, mais aussi la présence d'un parvis devant l'église, parvis totalement inexistant avant guerre...
Enfin, on peut noter la présence d'une vigie de négociant au premier plan, rappelant le passé maritime de la ville.
Sur ce second cliché toujours pris depuis la tour Notre-Dame, sans doute vers 1890 également, on découvre la ville vers l'est. Au premier plan, on distingue les façades des maisons de la rue des Drapiers. On se rend compte de la hauteur des maisons de la vieille ville. Elles avaient été quasiment toutes réhaussées au XVIIIe siècle afin de faire face à la pénurie de logements dans une ville où les places disponibles aux nouvelles constructions étaient inexistantes du fait de l'enclavement de la ville dans ses remparts. On peut distinguer l'aile sud du muséum à droite de la photo, détruite en 1944 et jamais remontée. Au fond, on devine la silhouette imposante du Palais de la Bourse...
Source : Le Havre 1517-1986, du Havre d'autrefois à la métropole de la mer, Jean Legoy, Martine Liotard, Philippe Manneville, Henri Dulaurier, Eric Levilly, Editions du P'tit Normand, Rouen, 1986, pp. 108-109.





















