05 septembre 2009
Table rase...
5 septembre 1944, vers 18 heures... une nuée d'avions survolent Le Havre lâchant un flot ininterrompu de bombes.
"La nuit est complète, nuit causée par les
poussières qui s'élèvent des immeubles écrasés. L'atmosphère devient
irrespirable. Les quelques femmes qui se trouvent avec nous donnent
l'exemple du courage tranquille. Chacun sait que la situation est
extrêmement grave," écrira Pierre Courant.
Le bombardement dure plus de deux heures...
Le 6 septembre, au lever du jour, la ville est méconnaissable.
"Table rase" écrira Michel Leiris, dans sa préface de L'Age d'homme... "Le Havre est actuellement en grande partie détruite, et j'aperçois cela de mon balcon qui domine le port d'assez loin et d'assez haut pour qu'on puisse estimer à sa juste valeur l'effarente table rase que les bombes ont faite du centre ville..."
Voici quelques photographies personnelles du désastre, prises dans les jours qui suivirent les bombardements de septembre 1944. (On note en effet que les grands axes sont déblayés...)
La façade du Musée des Beaux-Arts.
L'entrée de la rue de Paris (vers l'Hôtel de Ville).
Le Muséum d'Histoire Naturelle depuis la rue des Drapiers (déblayée).
La rue Voltaire, juste derrière le Grand Théâtre.
Les Galeries, rue de Paris.
L'immeuble 'Bata', place de l'Hôtel de Ville.
L'église Saint-Michel.
L'Hôtel de Ville (côté Ouest).
Le Boulevard Foch.
Le Square Saint-Roch, transformé en fosses communes.
La rue du Président Wilson.
11 mars 2009
Vingt ans après...
Aujourd'hui, encore quelques clichés pris depuis le clocher de la tour de l'église Notre-Dame, mais cette fois-ci, vers le sud...
Ils sont tous les trois pris selon le même angle, à dix ans d'intervalle... l'un en 1944, juste après les bombardements, un autre en 1954, en pleine reconstruction, et le dernier en 1964, une fois la reconstruction achevée... Les photographies nous montrent le quai d'Escale. A chaque fois, au premier plan, on devine l'actuel quai Southampton.

en 1944...
en 1954...
en 1964...
Quelques paroles d'une chanson de Patrick Bruel, en concert au Havre jeudi 12 mars 2009, aux Docks Océanes (vive la concurrence pour le concert de Jeddam lol - à ce propos, voir ce post ! - venez nombreux quand même !) auraient très bien illustré ce post :
"On s'était dit rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même port..."
08 mars 2009
Le Havre face à la guerre...
Une des photos de mon article d'hier se prête magnifiquement au petit jeu du avant-après, et je dirais même, avant, pendant, après...
En effet, vous allez pouvoir comparer trois photographies de la rue de Paris et du Havre vers l'ouest, avant la guerre, juste après, et dans Le Havre reconstruit... Toutes ont été prises depuis le clocher de la tour de l'église Notre-Dame.
Comme on l'a vu hier, ce cliché a été pris en 1890. On pouvait découvrir la Rue de Paris vers le nord. A l'extrême-gauche, on devinait la côte et le cap de la Hève, et à droite, l'Hôtel de Ville, ce qui donnait une belle vision de la partie ouest du Havre. On pouvait aussi reconnaître le dôme du Grand Théâtre. Je vous disais que la rue de Paris était beaucoup plus étroite qu'aujourd'hui... On devinait en effet en parallèle au tracé de cette rue, celui de la rue d'Estimauville, "démarrant" au niveau inférieur gauche de la photo. Nous en reparlerons plus tard.
Enfin, on pouvait noter la présence d'une vigie de négociant au premier plan, rappelant le passé maritime de la ville.
Voici maintenant une vision de la ville en 1945, à la fin de la guerre, après les bombardements anglais... Seule la rue de Paris a été dégagée. Il ne reste rien du centre-ville du Havre. Une masse claire au milieu de la photo se dresse encore : il s'agit de la carcasse du Grand Théâtre qui sera totalement abattu. Au fond, les maisons de la côte et celles de Saint-Vincent restent encore debout, tout du moins, pour la plupart.
Enfin, voici un troisième cliché, pris dans le même angle, dans une ville en pleine reconstruction, en 1955. On découvre l'église Saint-Joseph en train de se monter, ainsi que les premiers ilôts Perret entièrement construits. Même si le chantier du nouvel Hôtel-de-ville est en cours, la tour n'est pas encore visible.
Enfin, au premier plan, on découvre l'ancien tracé de la rue de Paris. Le tracé de l'actuelle rue de Paris a en effet été aligné sur celui de l'ancienne rue d'Estimauville, ce qui explique une plus grande largeur de la rue, mais aussi la présence d'un parvis devant l'église, parvis totalement inexistant avant guerre...
31 octobre 2008
La rue Frédéric Bellanger
Le 4 septembre dernier paraissait dans la presse locale ce superbe témoignage de M. Arthur Hauchecorne à propos de la libération du Havre en septembre 1944. Il avait alors 17 ans.

Avec cet article était publiée une photographie de la rue Frédéric Bellanger, après le passage des bombardiers alliés.

A vrai dire, je n'aurais pas reconnu la rue Frédéric Bellanger si Geo ne m'avait mis sur la piste dans un billet publié sur le forum du GGHSM... ;-) Il disait : "Sur la photo, je crois reconnaître la rue Frédéric Bellanger (en direction du Square Saint-Roch). Sur la droite, on reconnaît la maison qui abrite aujourd'hui une boulangerie, et sur la gauche l'immeuble qui abrite une galerie d'Art - antiquaire... Les ruines à gauche seraient à l'emplacement du magasin Champion Saint-Vincent". Et il me tendait une perche pour aller faire la photo des lieux aujourd'hui et alimenter ma rubrique "Avant-Après".
Voilà, c'est chose faite !

Je suis d'accord... si on respecte l'angle et la distance du cliché de 1944, on ne reconnaît pas grand chose en comparant les photographies. Je me suis donc rapproché.

Et on reconnaît notre petite maison sur la droite. Geo avait donc raison... si ce n'est que la boulangerie n'est pas dans cette maison mais deux maisons plus loin.

Jolie petite maison d'ailleurs !
De l'autre côté de la rue, on retrouve aussi notre immeuble.

Cependant, je ne pense pas que celui que l'on voit, bien visible, sur le cliché de 1944, soit l'immeuble de l'antiquaire d'aujourd'hui, mais plutôt l'immeuble rouge au centre de la photo ci-dessus.
En tous cas, merci à Geo qui m'a "offert" ce billet, et à Christian Leguillon qui a publié l'article de presse sur le forum du GGHSM.
Pour compléter pleinement cet article, il me faudrait une photo de la rue Frédéric Bellanger avant guerre... Si quelqu'un en avait une dans ses archives, ce serait super, d'autant plus que mon grand-père y est né...

















