28 janvier 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (6/6) : à contre-jour...
Dernier billet aujourd'hui sur la Chapelle Saint-Michel d'Ingouville. Au nombre de commentaires, je pense que ces articles vous auront plu... N'hésitez pas à aller visiter cet édifice les 15 février et 29 mars prochains. Si l'occasion le permet, je retournerai peut-être y faire un tour et ce coup-ci, je serai peut-être moins préoccupé par mes photos, et je pourrai me consacrer pleinement sur les dires du guide ! lol
Si je n'y suis pas, vous pourrez toujours enseigner le blog aux nostalgiques de la visite (bah, oui, on ne perd pas le nord tout de même, et il est toujours bon d'avoir de nouveaux visiteurs !)
Bon, trêve de bavardages, je vous présente maintenant mes derniers clichés qui sont davantage esthétiques... En sortant de la visite, vers 16h30, il y avait un beau soleil couchant, ce qui m'a permis de faire quelques photos à contre-jour, technique que je ne maîtrise absolument pas, mais qui m'a offert des rendus sympas (enfin, je trouve !)...


D'un clocher à l'autre... cinq siècles nous séparent.
La même... enfin, presque !
Voilà, cette série est terminée. Si vous ne me voyez pas ces prochains jours, ne vous inquiétez pas : c'est que je serai en train de me creuser la tête pour vous proposer d'autres billets... Je suis un peu à court de matière ! lol
26 janvier 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (5/6) : l'intérieur en détail...
Suite et bientôt fin des billets sur la chapelle Saint-Michel d'Ingouville... Après vous avoir présenté hier l'intérieur de cette chapelle avec des visions d'ensemble, je vais vous proposer aujourd'hui quelques photos qui s'attarderont davantage sur quelques détails de cet édifice.
La pierre tombale du Chanoine Albert Blais, face à l'autel.
Les statues autour de l'autel : une Vierge à l'Enfant, dite Vierge à la grappe, datant du XVIe siècle.
Saint Roch, atteint de la peste, et le fameux chien qui, selon la légende, lui apportait chaque jour un morceau de pain dérobé à la table de son maître. Saint Roch montre sur sa cuisse un bubon causé par la peste. Cette statue date du XVIIe siècle.
Saint Adrien, datant du XVIIe siècle.
Le retable du XVIIIe siècle, vestige du maître-autel situé au chevet, remonté en 1949 contre le mur Nord.
Saint Joseph portant l'enfant Jésus.
Une autre Vierge à l'Enfant, situé dans le fond de l'église.

Au bas d'une colonne située dans le clocher figure cette drôle de tête sculptée qui daterait de la première église romane du XIe siècle. Ce serait la seule trace de ce précédent édifice dans l'église actuelle.
Enfin, une plaque située au fond de l'église commémore sa reconstruction en 1949.
25 janvier 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (4/6) : l'intérieur...
Allez, comme promis hier, je ne vous fais plus languir, et je vous présente quelques photos de l'intérieur de la chapelle Saint-Michel d'Ingouville prises dimanche dernier...
Les vues présentées sont des vues générales, avec des plans relativement larges. Demain, je vous livrerai la suite avec des vues plus en détail.
L'autel, avec le grand vitrail du chevet.

On reconnaît le blason des Malet de Graville :
"De gueules à trois fermeaux d'or, deux et un, appuyés sur l'autre".
Un des vitraux des fenêtres à meneaux de la façade méridionale.
La chapelle vers le chevet. On peut admirer la voûte en berceau...
La chapelle, côté opposé. Le curieux pilier central au fond de l'église sert de soutènement au clocher, une sorte de contrefort intérieur... C'est peut-être grâce à lui que la chapelle est toujours debout, plus de cinq siècles après sa création, alors qu'elle fut construite à flan de coteaux, à un endroit qui ne fut pas épargné par les éboulements, les inondations, et plus simplement, l'écoulement des eaux de ruissellement...
A droite, on peut remarquer le magnifique retable datant probablement du XVIIIe siècle. Il fut pendant longtemps adossé au chevet, cachant la fenêtre centrale à trois compartiments...
Les cordes pour actionner la cloche de la chapelle. A droite, le pilier évoqué plus haut dans l'article.
24 janvier 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (3/6) : l'extérieur en détail...
Suite de mes billets sur la chapelle d'Ingouville, avec aujourd'hui, une petite série de photos prises à l'extérieur de la chapelle...

La façade méridionale, exposée sud... 
La porte des Malet de Graville...

Quelques graffitis maritimes datant au moins du XVIIIe siècle... on a retrouvé le même genre de bateaux gravés sur les murs de l'église Saint-Léonard à Honfleur. Mes premiers ancêtres Patard à s'être installés à Ingouville en 1784, venant de la paroisse Saint-Léonard d'Honfleur, je me plais parfois à rêver que ce sont eux qui les ont gravés, ceux de Saint-Léonard en partant, et ceux d'Ingouville en arrivant ! lol...
A côté de ces bateaux, quelques rosaces...
Quelques plaques, sur la façade ouest, la plus exposée aux yeux des passants...


A cache-cache, entre ombre et soleil...
Le mur nord, renforcé par de solides contreforts...
Une photo unique, je crois... la charpente de la chapelle ! Merci le vent.
Le chevet.
Promis, j'arrête de vous faire languir... dans le prochain post, je vous fais pénétrer à l'intérieur de la chapelle !
22 janvier 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (2/6) : historique
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville est sans nul doute un des plus anciens monuments du Havre. Elle s'élevait déjà au-dessus de la plaine, à mi-côte, au XVIe siècle. "Elle est restée, dit l'abbé Cochet, comme un vieillard laissé là, sur le chemin, pour raconter aux générations nouvelles, l'histoire des générations passées".
Cet édifice date de la seconde moitié du XVe siècle. Il fut probablement construit vers 1480, grâce aux largesses de Jean Malet de Graville. Sa famille est une des plus vieilles familles de France. Guillaume Malet participa notamment à la bataille d'Hastings en 1066 aux côtés de Guillaume le Conquérant. Le père de Jean Malet de Graville fut fait prisonnier en Angleterre, où il resta 17 ans... A son retour, il reçoit une énorme pension de la part du roi en signe de reconnaissance, pension que son fils utilisera en partie pour bâtir l'église Saint-Michel d'Ingouville. La construction est faite dans un style gothique flamboyant, en lieu et place de l'ancienne église romane qui servait de lieu de culte au petit bourg d'Ingouville depuis le XIe siècle. On a cependant retrouvé des vases funéraires romains, datant du IIe ou IIIe siècle après JC à Ingouville, preuve que ce lieu est habité depuis très longtemps...
Le fils de Jean Malet de Graville, amiral de Graville va terminer l'édifice, entièrement achevé en 1516, soit un an avant la fondation du Havre. Les Malet de Graville auront bien évidemment leur propre porte pour entrer dans l'église, à l'écart de celle des fidèles.
On peut voir de lourds contreforts aux angles de murailles autour de cette église, comme dans le style roman, et des rangées de silex noirs alternant avec la pierre. Les fenêtres ont la forme d'une ogive, plus gracieuse que le plein cintre. La muraille nord n'ayant pas d'ouverture, l'obscurité règne dans cette église.
Dans une description de l'ouvrage Le Havre d'autrefois (1883), on peut lire que "seule une porte latérale au Midi, masqués par un bâtiment, attire l'attention. Cette porte est surmontée d'une ogive surbaissée, dite en accolade, avec accompagnement de feuilles frisées. A côté des attributs maritimes et religieux curieusement enlacés, on voit aussi au-dessus de la porte, un écusson de pierre en incrustations de silex représentant les trois fermaux des Malet de Graville."
Alphonse Martin décrivait ainsi cette porte à la même époque : "Les colonnettes des ébrasements sont reliées par un arc surbaissé portant, en claveau, les armoiries de Graville : ces colonnettes sont surmontées de deux pinacles et d'un troisième central avec bouquets brisés et têtes d'animaux au milieu d'un panneau de pierre avec moulures prismatiques. Dans ce panneau, sont incrustées, en double et en silex noir, les armes de Graville, c'est-à-dire trois fermeaux. Au-dessus règne une frise sculptée en creux avec feuillages et animaux divers ; cette frise est divisée, au milieu, par un écu portant les lettres I.H.S. en caractères gothiques, sur une ancre en pal c'est-à-dire le symbole de la fonction de l'amiral de Graville, adopté par lui après sa nomination en 1487, comme nous l'apprend M. Favet, son biographe. Ce monogramme signifie la légende : Jésus sauveur des hommes."
Pourvue de décorations qui ont disparu depuis au moins le XIXe siècle, cette église était autrefois la métropole dont dépendaient les églises Notre-Dame et Saint-François. Pendant la Révolution, elle servit de lieu de réunion et aussi à l'extraction du salpêtre. Rouverte au culte en 1795, c'était encore en 1822 l'église paroissiale d'Ingouville. En 1823, on lui retira son titre de paroisse, et, en 1838, on lui enleva son ancien patron pour dénommer ainsi l'ancienne chapelle des Pénitents. Elle fut alors officiellement nommée "Chapelle Notre-Dame de Bonsecours", mais pour tous les Havrais, elle reste encore la chapelle Saint-Michel d'Ingouville...
A l'intérieur, on peut admirer la voûte en bois ou berceau. Il fut refait à neuf en 1917, mais les sept tirants, les poinçons et la sablière datent du XVIe siècle. Cet intérieur reçoit la lumière du jour du côté sud par cinq fenêtres à meneaux de pierre de style flamboyant.
Le chevet plat du côté Est, est percé d'une fenêtre à trois compartiments.
A gauche, côté nord, il n'y a aucune ouverture, même si Lenoble vers 1830, peint l'église Saint-Michel avec deux ouvertures : pure vision de l'artiste...
Un retable agrémente cette muraille. Il se trouvait autrefois au chevet. Il est orné de trois belles statues en bois, vraisemblablement du XVIIIe sièce, avec une Vierge à l'enfant au centre, Saint-Joseph à gauche et Saint-Thibault à droite.
Au cours de son existence, l'église Saint-Michel d'Ingouville fut très souvent menacée de destruction... Elle fut mise à sac par les protestants le 8 mai 1562, et fut menacer de sauter avec le dépôt de poudre qui y avait été établi, de 1756 à 1758, lors des bombardements du Havre.
En 1790, il fut même question de la vendre... En 1839, le conseil paroissial de l'église Saint-Michel (celle des Pénitents) sollicita heureusement en vain auprès de la municipalité que l'église d'Ingouville soit démolie afin que ses matériaux soient employés à l'agrandissement de l'église paroissiale. Elle dut en partie son salut au fait que le méridien passe par son clocher... En 1876, on parla de nouveau de détruire la chapelle Saint-Michel d'Ingouville, cependant elle fut sauvée grâce à l'intervention du Cardinal de Bonnechose et de nouveau affectée au culte le 29 septembre 1917 par le Cardinal Dubois, archevêque de Rouen.
Le 5 septembre 1944, les bombardements aériens éventrèrent la partie Est de la chapelle.
Après la Libération, elle fut entièrement restaurée et au cours d'une émouvante cérémonie le 4 décembre 1949, elle fut rendue au culte en présence de M. Pierre Courant, député-maire, qui en remit les clefs à Monseigneur Martin, archevêque de Rouen, primat de Normandie.
Actuellement, la chapelle Saint-Michel d'Ingouville est spécialement affectée aux communautés orientales et particulières.
Demain la suite du reportage menée de façon un peu plus légère, avec essentiellement des photos...
Source :
- Petite histoire illustrée du Havre, Beaucamp et Le Grix, Le Havre 1893,
- Le Havre et ses églises, Gilbert Décultot, Le Havre, 1992.
- Les commentaires éclairés de Françoise Gasté, guide conférencière.
19 janvier 2009
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (1/6) : vue générale
Il y a quelques jours, Dan et Nicéphore ont consacré un billet à la rue Georges Lafaurie (anciennement rue de Montivilliers) et à la chapelle d'Ingouville sur leur blog Havrais Dire. Cette chapelle m'a toujours attiré, mais depuis quelques années que je fais des recherches sur l'histoire du Havre, je n'avais jamais eu l'occasion de la visiter.
Le hasard a voulu que je passe cette semaine sur le forum du GGHSM, où j'ai découvert cet encart paru dans la Presse locale.
Je me suis bien évidemment rendu à cette visite guidée dimanche après-midi... J'ai pris pas mal de photos que je vous présenterai cette semaine, intérieur et extérieur, en plan large ou en détail. J'y ajouterai aussi un petit historique afin d'être le plus complet possible.
J'avais déjà évoqué cette chapelle Saint-Michel d'Ingouville, il y a presque un an, en partant d'une carte postale du début du siècle dernier... Je vais utiliser le même procédé avant de vous faire découvrir les photos prises ce dimanche.
Cet endroit a finalement beaucoup et assez peu changé en un siècle. La chapelle et le square sont toujours présents. Les beaux chênes centenaires, ont bien évidemment vieilli mais ils protègent toujours vaillamment cet édifice construit à la fin du XVème siècle, et en partie démoli au cours des bombardements de la seconde guerre mondiale.
Ce chêne est très joli, mais finalement bien gênant pour prendre des photos, et ce encore plus en été qu'en hiver ! Quoique...
Voilà tout pour aujourd'hui... premier billet tout en douceur, avec des photos que tout un chacun aurait pu faire. Demain, je ferai l'historique de cette chapelle, avant de publier dans les jours qui viennent des photos un peu moins courantes de cet édifice.
13 février 2008
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville (suite)
En complément du billet d'hier sur la chapelle Saint-Michel d'Ingouville, je me permets d'ajouter quelques liens vers les blogs d'autres amoureux du Havre, qui présentent la chapelle à leur façon, c'est-à-dire en photos. Le rendu est bien plus joli que le mien... N'est pas photographe qui veut...
- La chapelle de nuit, avec la touche esthétique de Yannick, sur Le Havre - Terre de Normandie
- La chapelle d'Ingouville de nuit, reportage réalisé par tce76 sur tce76.canalblog.com
- La chapelle vue de jour, photographiée par Yllen sur Objectif.Le Havre
- Les vitraux de la chapelle par GL sur Havre Aplemont Photo
12 février 2008
La chapelle Saint-Michel d'Ingouville
Cette chapelle a un intérêt tout particulier pour moi puisque pas moins de 74 personnes de mon ascendance y ont célébré un événement (36 baptêmes, 34 mariages et 28 inhumations). Lorsque j'ai commencé mes recherches généalogiques, c'est donc le premier édifice havrais que j'ai photographié. C'est aussi le premier sur lequel je me suis documenté. Je n'en livrerai pas le détail dans ce billet, mais il faut juste se rappeler que c'est un des bâtiments les plus anciens du Havre puisqu'il existait avant même la fondation du Havre en 1517. L'église actuelle a en effet été construite vers la fin du XVème siècle dans un style gothique dit flamboyant.
Sur cette photographie datant déjà de 2004, on s'aperçoit que peu de choses ont changé depuis le début du siècle. L'église a perdu son horloge. Le dessus de porte où l'on pouvait lire 'dédiée à N. D. de Bon-Secours' a disparu ainsi que les deux vitraux en façade. A droite de la photo, on remarque que l'église a aussi perdu une de ses parties extérieures, victime des bombardements de la seconde guerre mondiale. Sinon, le reste est resté à l'indentique, même si l'église dut être entièrement restaurée après 1944. Elle fut d'ailleurs la première église en partie détruite pendant la guerre rendue au culte. Pierre Courant, député-maire de l'époque, assista à l'émouvante cérémonie d'ouverture célébrée par Monseigneur Martin, archevêque de Rouen le 4 décembre 1949.
Autres manifestations du temps qui passent : les fils télégraphiques sont aujourd'hui enterrés et les arbres ont bien poussé...




































