14 juin 2009
Hommage à Joseph PATARD...
Parallèlement à ce blog, je mène des recherches généalogiques sur ma branche patronymique. Du coup, je me balade souvent dans le temps et l'espace... entre la fin du XVIIe siècle et aujourd'hui, entre Le Havre et le bocage virois...
Je vous avais déjà fait un petit récit romancé sur un de ces ancêtres Patard : Jacques, qui promenait ses guêtres, rue des Galions, au Havre, en 1828.
Voici un autre récit aujourd'hui... dont je ne suis malheureusement pas l'auteur ! Il rend hommage à Joseph PATARD, tué au combat lors de la Grande Guerre. Il a été écrit par Claudie Mollet il y a quelques années et j'étais tombé dessus par hasard en faisant des recherches sur le net. Je n'ai jamais réussi à la contacter, mais si par un heureux hasard elle passait sur cette page, qu'elle n'hésite pas à me contacter : ça me ferait plaisir !
Voici maintenant le récit...
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Jeudi 14 juin 1917
Demain, fin de permission. Je retourne en
première ligne. Finie la douce escale de ces quelques jours passés loin du front. Pour remercier mes hôtes, de bien braves gens, j'ai acheté à l'épicerie du village des bonbons et un kaléidoscope pour leur petit garçon. Il me réclamait un casque de soldat allemand mais j'ai trouvé que c'était un bien plus joli cadeau ! Au moins, il verra de belles choses, lui !
Vendredi 15 juin 1917
Aujourd'hui, retour à la tranchée. Je profite d'une accalmie pour écrire un peu, le masque à gaz à portée de main. J'ai appris la mort du jeune brancardier Patard, un petit gars de 20 ans ; ça m'a fait de la peine, je l'aimais bien. Plutôt que de s'adonner au badinage avec les autres, nous avions tous les deux des discussions sérieuses et nous étions souvent du même avis, aspirant à la paix l'un et l'autre. Il va me manquer. Ce soir, je pense à lui en regardant l'horizon flamboyant. Encore un de parti pour l'outre-ciel et à qui la patrie reconnaissante ne manquera pas de tresser une belle couronne de lauriers !
Samedi 16 juin 1917
Les boches sont tout proches de nous ; on les entend parler ; le vent nous apporte leurs voix aux accents gutturaux si reconnaissables. Il n'y a plus d'eau ; on meurt de soif. Eux aussi, ils ont
soif. Un gars qui comprend l'allemand nous l'a dit.
Je rêve qu'on fasse la paix ; j'espère voir cela un jour ; le plus tôt sera le mieux. Ce rêve me donne du courage pour vivre…
Dimanche 17 juin 1917
Cette nuit, j'ai rêvé au jeune Patard. Il venait me chercher alors que j'étais en train d'écrire, comme d'habitude, le carnet sur mes genoux. J'espère que ce n'est pas prémonitoire… En ce moment, j'écr
En hommage à mon grand-oncle, Joseph PATARD, brancardier, tué à 20 ans, le 14 juin 1917.
Claudie Mollet
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09 octobre 2008
Hommage à Michel Gentil et Charles Auvray
Le 12 septembre dernier, par l'intermédiaire des écrits de Pierre Courant, j'évoquais la mort de Michel Gentil, jeune homme engagé dans la Défense Passive, tué par des tirs allemands, quelques heures avant la Libération du Havre.
Pour mémoire, voici le récit :
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Vers dix-huit heures, revenus au poste de commandement du secteur Nord, nous entendons une fusillade sur le plateau derrière nous. J'entre dans le couvent et monte en haut de l'immeuble. Du grenier, j'aperçois trois F. F. I. qui, en ligne de tirailleurs, descendent lentement la pente dans l'intérieur même de la propriété. J'annonce la nouvelle et c'est déjà autour de moi une grande joie. La libération tant attendue depuis quatre ans, tant espérée depuis dix jours de souffrances, serait-elle dans quelques instants une réalité ?
La fusillade s'arrête derrière nous mais elle reprend par devant.
De la porte au Sud du jardin, nous apercevons la rue de Trigauville dans laquelle sifflent les balles et sur la gauche à une vingtaine de mètres, en haut de l'escalier qui mène à la rue de la Cité-Havraise, deux corps étendus. L'un est immobile, l'autre s'agite encore. Ces deux jeunes et courageux garçons se sont lancés armés seulement de mitraillettes à l'assaut du blockhaus allemand et ont été fauchés par les balles.
L'un de mes collègues et Garnier, architecte de la Ville, qui est très robuste, s'élancent et ramènent le blessé. Nous le déposons sur mon lit, ma chambre se trouvant proche de l'entrée.
Le pauvre garçon a une blessure au ventre qui a dû amener une perforation de l'intestin. Il souffre et il a du sang dans la bouche.
Il me reconnaît. De façon touchante, il me dit : "Pardon, Monsieur le Maire, d'avoir quitté la défense passive." Je l'embrasse. "Tu sais bien que je t'aurais félicité d'aller faire ton devoir. Toi comme moi nous attendions cette heure-là depuis quatre ans."
Il me répond, le visage crispé par la douleur : "Il y a dix jours que je n'ai pas fermé l'oeil en attendant de passer à l'action." Il me parle de sa situation, me confie son argent, ses papiers et me fait quelques recommandations, puis il semble perdre un peu connaissance.
Un instant après, il ouvre les yeux : "C'est vrai, Monsieur le Maire, que je suis couché dans votre lit ? Je suis content d'être dans votre lit." Puis, de nouveau, la souffrance reprend le dessus.
J'ai dû le quitter pour répondre à d'autres devoirs impérieux. Une Soeur Carmélite, ancienne infirmière de Verdun et qui accompagnait les fusillés de Fresnes pendant cette guerre, l'a admirablement soigné, puis quatre de mes collègues l'ont porté au péril de leur vie dans un hôpital voisin. Il est mort quelques instant après ; sa blessure ne laissait pas d'espoir de guérison. Il s'appelait Gentil. C'était un vaillant garçon, qui s'était dévoué dans la défense passive. Il était aimé de ses camarades.
Il est mort en héros.
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J'ai découvert il y a peu qu'une plaque commémorant la mort de ce jeune homme et celle de son compagnon Charles Auvray existait à l'endroit de la tuerie, en haut de l'escalier qui descend vers la rue de la Cité havraise...
"Une plaque, deux vies à jamais suspendues à 2 mètres du sol"
lit-on dans l'ouvrage de Gilbert Betton Entre Gare et Rond-Point.
Cette plaque se situe au bout de la rue de Trigauville...
...tout en haut de la rue de la Cité Havraise.
Si on veut visualiser la scène décrite par Pierre Courant, il faut imaginer le quartier tout autrement que ce qu'il est aujourd'hui...
En effet, juste derrière nous, à quelques mètres de cette plaque, on trouve aujourd'hui l'entrée du tunnel Jenner.
Cependant, à l'époque, la rue de Trigauville ne s'arrêtait pas ici, mais continuait un peu plus loin. Elle devait mener à peu près au pied de la propriété Grosos, qui devint Hôtel de Ville provisoire à partir de mars 1947.
Du même endroit, on n'aperçoit aujourd'hui que le toit de la propriété, cachée derrière un haut mur enlaidi par ces affreux panneaux publicitaires. L'accès à cette propriété depuis la rue de la Cité Havraise devait être beaucoup plus calme et sûr avant guerre qu'aujourd'hui...
Voici cette même propriété dans les années 50 et aujourd'hui...
Quant à Pierre Courant, il devait loger rue Henri IV, dans le couvent des Soeurs Dominicaines.
Je ne regrette donc pas d'avoir promené mes guêtres dans ce quartier la semaine passée, car cet endroit est véritablement chargé d'histoire. En effet, une deuxième plaque est apposée à quelques mètres de la première. Elle rappelle l'historique du tunnel Jenner, et commémore en même temps les 319 victimes qui périrent dans ce tunnel le 6 septembre 1944. J'avais déjà évoqué ces sinistres événements dans ce billet.
12 mars 2008
Honneur aux Poilus, hommage à Lazare Ponticelli
Aujourd'hui, Lazare Ponticelli, 110 ans, dernier ancien combattant français de la Grande Guerre s'est éteint.
J'ai eu envie de lui rendre hommage en publiant cette photographie particulièrement d'actualité. Elle a été prise en 1919, lors du retour au Havre du 129ème Régiment d'Infanterie. Sur la gauche, on trouve la place Thiers, et en face, la rue Thiers.
Voici maintenant deux photographies de Lazare Ponticelli trouvées sur le net.
Elle est extraite de l'article 'Lazare Ponticelli' sur Wikipédia. David Amberg en est l'auteur.
Comme on peut le voir sur la photo, celle-ci est extraite de la biographie de Lazare Ponticelli sur le site http://dersdesders.free.fr



















