23 mai 2009
Cambriolages dans la région havraise... la gendarmerie veille !
Avant-hier, grâce au concours d'André Devallière, j'ai pu vous présenter ce qu'était la Gendarmerie du Havre dans les années 30.
Outre les documents exposés dans ce billet, André m'avait envoyé deux autres photographies que je n'avais pas exploitées avant-hier. Je vais le faire aujourd'hui...
La première présentait un gendarme sur les pentes du Fort de Sainte-Adresse... Elle n'avait aucun rapport direct avec la Gendarmerie, si ce n'est qu'un gendarme était présent sur le cliché. Cependant, je trouvais ce cliché sympa, il permettait aussi de faire état de la proche proximité du Fort de Sainte-Adresse, fort qui revit depuis l'an passé avec la création des Jardins Suspendus...
Le second cliché était bien plus intéressant encore et il est le point de départ de cet article. Il présente trois gendarmes autour d'un véhicule dégageant une grande impression de puissance. André m'a confié que les Brigades du Havre avaient été fort impliquées dans l'arrestation d'une bande de malfrats organisés dans le cambriolage d'envergure. La voiture (dont je ne connais pas la marque) leur appartenait...
A gauche de l'auto, le Maréchal des Logis Valli et à droite, les gendarmes Brusseaux et Devallière. Au dos de l'auto, quelques dates évoquant un cambriolage sur Dieppe fin 1932...
Il ne m'en fallait pas plus pour essayer de retrouver trace de ce cambriolage dans la presse de l'époque... et notamment dans Le Petit Havre, quotidien fervent de faits divers en tout genre...
J'ai retrouvé ce cambriolage et j'ai pris des photographies des articles de presse. Malheureusement, la consultation de ces quotidiens ne peut se faire que sur microfilms et le rendu des photographies est de très piètre qualité... A chaque fois, je vous présenterai donc une photographie de l'article, mais je le retranscrirai pour faciliter la lecture sur le blog... (T'as vu Dan, je pense à toi !)
Le cambriolage eut lieu le samedi 13 février 1932, à Dieppe, chez un artiste peintre nommé M. Boyenval. Voici ce que disait l'article paru dans le Petit Havre du lundi 15 février 1932 :
"Dieppe - Un coffre-fort enlevé - Un cambriolage a été commis, dans la nuit, à Dieppe, chez un artiste peintre, M. Boyenval. Après avoir cassé un carreau et ouvert une fenêtre, des malfaiteurs ont enlevé un coffre-fort pesant 230 kilos et contenant une centaine de milliers de francs de titres et de numéraire.
Le coffre, qui a été passé par une fenêtre a dû être emmené dans une camionnette."
Finalement, un simple entrefilet relatait le fait divers. Une semaine plus tard, le samedi 20 février 1932, l'article du Petit Havre était déjà plus conséquent.
"Chronique régionale - Le coffre-fort volé à Dieppe est retrouvé à Oudalle - Nous avons signalé, dans notre numéro de lundi, que l'on avait volé à Dieppe, rue de Becquet, au cours de la nuit, un coffre-fort pesant 230 kilos et contenant environ 100.000 francs en titres et numéraire. Ce coffre-fort appartenait à M. Edouard Boyenval, artiste peintre.
Depuis, les gendarmes et la police mobile recherchaient et les voleurs et le coffre-fort.
Or, celui-ci a été retrouvé l'avant-dernière nuit par les gendarmes de Saint-Romain-de-Colbosc, dans une petite rivière, à Oudalle.
Le coffre-fort était défoncé et avait été, naturellement, vidé de son contenu. Il ne renfermait plus qu'une police d'assurance au nom de M. Boyenval.
La police mobile de Rouen poursuit son enquête."
L'enquête avancera tout doucement pendant plusieurs mois car, même si j'ai parcouru les journaux à la va-vite, je n'ai pas retrouvé de mention de ce cambriolage, ou d'avancée dans l'enquête jusqu'au jeudi 13 octobre 1932.
"Les cambriolages de Dieppe - Deux arrestations ont été opérées au Havre - Sept cambrioleurs sont ainsi sous les verrous. Nous avons relaté l'arrestation d'une bande de cambrioleurs, la plupart Havrais, convaincus d'être les auteurs de nombreux cambriolages commis à Dieppe, ou dans la région.
Parmi ces cambriolages, il en fut un qui intéressa en son temps particulièrement notre région et dont on pense tenir les auteurs.
Le 13 février dernier, en effet, on constatait que des malfaiteurs audacieux avaient pénétré dans le logement d'un artiste peintre, M. Edouard Boyenval, habitant à Dieppe, rue du Becquet.
Ils avaient descellé et emporté un volumineux coffre-fort pesant environ 230 kilos et contenant une centaine de mille francs en titres et numéraire.
Or, quelques jours plus tard, on retrouvait le coffre-fort aux environs du Havre dans une petite rivière, à Oudalle. Il avait été défoncé et naturellement vidé de son contenu.
Les gendarmeries du Havre et de Saint-Romain, dirigées par M. le capitaine Desfontaines, de même que la police mobile de Rouen avec l'inspecteur principal Pélissier, et les services de la Sûreté du Havre, avaient fait de nombreuses mais vaines recherches.
Pourtant, cette affaire n'avait pas été laissée à l'abandon. Il y avait notamment trace d'une certaine camionnette qui ne manquait pas d'aiguiser les recherches policières.
Il y avait lieu surtout de surveiller les agissements de deux individus fortement sujets à caution qui pouvaient très bien n'être pas étrangers à ce cambriolage si hardi. Vinrent ces derniers jours les arrestations de Derrien, Leplat, Drouot et Veirante à la suite de la laborieuse enquête de la brigade de gendarmerie de Dieppe.
Elles furent suivies lundi d'une cinquième, celle de Marcel Lelièvre, âgé de 24 ans, et sans domicile connu, qui fut conduit devant M. Lévesque, juge d'instruction.
Après un premier interrogatoire d'identité, on laissa quelques repos à l'inculpé, qui venait du Havre.
L'après-midi, M. Lévesque interrogea Marcel Lelièvre sur le fond de l'affaire.
A 20 heures, Lelièvre quittait le cabinet de M. Lévesque pour y revenir une heure après. Ce n'est qu'à deux heures du matin que l'inculpé regagna la prison du Pollet.
Au cours de ces divers interrogatoires, M. Lévesque recueillit d'intéressants aveux, portant sur un vol commis à la maison Obot.
Marcel Lelièvre n'en est pas à son coup d'essai. Il y a un an environ, il fut condamné au Havre à deux mois d'emprisonnement pour cambriolage.
Il a précisé le rôle de ses "camarades" dans l'affaire Obot, à laquelle il participa lui-même.
M. le juge Lévesque, à la suite des différents interrogatoires qu'il fit subir aux inculpés, avait également eu son attention attirée par la présence au Havre des deux individus dont nous parlons plus haut. Il donna l'ordre de les rechercher et de les appréhender, quitte à les placer sous mandat d'amener.
Bien connus de la police secrète havraise, de la police mobile et de la gendarmerie, Marcel Pisiaux, né le 25 novembre 1907 au Havre, demeurant 36, rue Saint-Jacques, et Francis Armand Troly, né le 12 avril 1909, docker, ayant demeure rue des Poilus, rue Daguerre et ayant été commerçant dans le quartier Saint-Vincent, étaient appréhendés mardi par le maréchal des Logis chef Valy, les gendarmes Devallière et Brusseaux [ceux de la photo] et amenés au Parquet.
Ils y subirent simplement un interrogatoire d'identité. Ils seront aujourd'hui transférés à Dieppe, à la disposition du juge mandant qui a décerné contre eux un mandat d'amener et qui les interrogera à son tour sur le fond.
Cette laborieuse enquête a ainsi amené, à ce jour, sept arrestations parmi une bande qui a à son actif de très nombreux méfaits."
Deux jours plus tard, le Petit Havre faisait encore écho de ces arrestations et relatait les dernières avancées de l'enquête...
"Les cambriolages de Dieppe - L'instruction concernant les cambriolages de Dieppe vient de faire un sérieux pas en avant."
En effet, dans le courant de l'après-midi de jeudi, l'inculpé Marcel Pisiaux, arrêté au Havre, comme nous l'avons relaté, ayant été habilement interrogé par la gendarmerie, "se mit à table" et narra dans ses détails le cambriolage chez M. Boyenval, entrepreneur de peinture, rue Pecquet, à Dieppe, opération effectuée sur les indications, a-t-il ajouté, de l'autre inculpé Derrien.
Ce fut Troly qui vint avec Pisiaux du Havre, dans la soirée du 13 février. On a su que Francis Troly, marchand de légumes et volailles, ayant fait par intermittence le marché de Dieppe le samedi était divorcé et sur le point de se remarier. Il y a une dizaine de jours, il avait vendu une auto [celle de la photo] et il est probable que cette voiture a servi aux opérations.
Arrivés vers 23 heures à Dieppe, Troly et Pisiaux rejoignirent Derrien et Leplat au café "Tout va bien", quai Henri IV, et où le rendez-vous était fixé. Après avoir pris une consommation, ils se dirigèrent, avec la camionnette, vers la maison Boyenval, où, rapidement, l'enlèvement du coffre s'effectua. Leplat et Derrien restèrent à Dieppe, tandis que les deux Havrais regagnèrenet leur ville. Ils s'arrêtèrent près de Saint-Romain, à Oudalle, où ils défoncèrent le coffre à coups de pioche, près d'une carrière. Pisiaux prit l'argenterie, les bijoux et les titres tandis que Troly gardait l'argent, soit 14.000 francs mais il devait y avoir plus.
Le partage du numéraire se fit aussitôt arrivés à Graville. Pisiaux a déclaré avoir jeté argenterie et bijoux dans un aqueduc et avoir reçu 2.800 francs en espèces. Les titres auraient été brûlés. Ceci semble douteux. Derrien serait venu quelques jours après chercher sa part et celle de Leplat. Il aurait reçu 5.000 francs pour les deux.
D'après Pisiaux, Troly aurait conservé le gros morceau.
A la suite de ces aveux, Pisiaux a été amené devant M. le juge d'instruction, à qui il a renouvelé ces aveux.
Dans le courant de l'après-midi, la reconstitution de cambriolage Lanbion s'est effectuée en présence des magistrats, des avocats et des enquêteurs. Derrien, Lelièvre et Drouot, ayant accompli ce cambriolage, ont renouvelé leurs aveux et précisé chacun leur rôle. Le partage du butin se fit dans la chambre de Derrien. Les clés du bureau et un carnet des assurances sociales furent jetés par eux au bassin Bérigny."
Ainsi se terminent ces récits sur ces cambriolages dans la région havraise et dieppoise au cours de l'année 1932. La Gendarmerie du Havre eut un rôle important dans l'arrestation des malfaiteurs. La photographie de ce gros véhicule que m'a envoyée André Devallière, avec en photo son père, le gendarme Brusseaux et le Maréchal des Logis chef Valli, fut prise le mardi 11 octobre 1932, juste après l'arrestation de Pisiaux et de Troly. La date figure encore au dos du cliché... Belle prise, et très joli souvenir.
Merci André de nous l'avoir fait partager...
21 mai 2009
La Gendarmerie du Havre, dans les années 30...
Aujourd'hui, je vais vous présenter un nouveau billet sur la Gendarmerie du Havre, gendarmerie qui était située place de la Gendarmerie, dans le quartier Notre-Dame.
Cette gendarmerie fut achevée en décembre 1863, en lieu et place de l'ancienne prison, démolie en 1860 pour l'installer rue Lesueur. Elle était située dans le quartier Notre-Dame, entre la rue Beauverger et la rue J. Gruchet, et entre la rue des Remparts et la rue de la Halle. Dans Le Havre d'aujourd'hui , elle serait située en lieu et place du lycée Porte Océane. Très peu de documents circulent sur cette gendarmerie et la place qui se trouvait juste devant. J'ai déjà évoqué cette place dans plusieurs billets :
- La rue Beauverger (9 février 2008)
- Place de la Gendarmerie (27 mars 2009)
- Place de la Gendarmerie (suite) (22 avril 2009)
- Place de la Gendarmerie (suite et fin ?) (23 avril 2009)
J'ai cependant de nouvelles précisions et documents à vous proposer sur cet édifice... Pour une fois, ils ne proviennent pas des Archives Municipales du Havre, mais des archives personnelles d'André Devallière, lecteur de ce blog, qui m'a apporté les documents et les explications qui allaient avec. Un grand merci à lui donc...
La Gendarmerie Nationale du Havre occupait une surface correspondant à un
vaste rectangle jouxtant, sur toute sa longueur, la Place de la Gendarmerie, et
s’ouvrant, en gros, au Nord.
Voici le croquis qu'André a fait... Il n’indique pas de cotes, faute de les connaître précisément... La Gendarmerie occupait toute la longueur de la place. Les chiffres en rouge renvoient aux photographies présentées à la fin de cet article.
Les bâtiments étaient construits en brique rouge-noir, traditionnelle dans l’Ancien Havre, organisés autour d’une cour centrale. Ils ne disposaient que d’une seule entrée, celle donnant sur la place.
Ces bâtiments étaient sans cave, des caveaux existant au niveau du rez-de-chaussée.
Deux rues encadraient cette construction, côté Est, la rue Beauverger, et côté Ouest, la rue J. Gruchet qui trouvait son prolongement dans la rue des Viviers au sud...
De part et d’autre de l’entrée, se trouvait un bureau.
Le long des deux rues précitées, on trouvait les bâtiments d’habitation des Gendarmes, sur deux étages, les logements étant répartis de part et d’autre d’un couloir central obscur, desservi en bout par un escalier assez large.
Ces logements étaient sans confort. Le chauffage était réalisé par une cuisinière à charbon fer et fonte (commune à l’époque, mais appartenant aux occupants), dans la pièce-cuisine, disposant d’un bain-marie pour y puiser de l’eau chaude (capacité : environ 3 à 5 litres). Il y avait l’électricité et l’eau sur l’évier. En général, les gendarmes disposaient de 2 ou 3 pièces d’habitation carrées en enfilade.
Les W-C à la turque étaient sur le palier et communs à l’étage, sans aucune pièce sanitaire.
Face à l’entrée, et côté sud de l’ensemble immobilier, on trouvait des écuries pour chevaux. Dans les années 30 où André vécu dans cette gendarmerie, ces écuries n'étaient plus utilisées puisque la Gendarmerie à cheval fut remplacée par de la Gendarmerie à pied vers 1925. Du coup, elles abritaient la voiture de fonction (et d’inspection) du Capitaine, mais aussi un cheval d’apparat (ou de "distraction"), à l’usage du Capitaine. A ce propos, André m'a raconté cette anecdote... En 1934 ou 1935, le Capitaine avait touché une Renault (bâchée) genre Primaquatre. Son chauffeur (l'Officier ne conduisant pas, selon la règle militaire) s'était extasié d'avoir atteint la vitesse de pointe de 104 km/h sur le plateau de Gainneville... Ce Capitaine en exercice dans les années 1928 à 1936 se nommait Desfontaines. C'était un homme de belle prestance, et apprécié de ses subordonnés. Il poursuivit ensuite sa carrière à Paris où il fut nommé Général.
En façade, donnant sur la place, on trouvait le logement de l’Officier commandant, avec vue aussi sur cour, et un jardinet attenant, côté Ouest.
Au centre, en carré, un jardin d’agrément ou décoratif relativement famélique. La cour était constituée de terre battue et gravier.
Deux bâtiments avaient été ajoutés ultérieurement (fin XIXe ou plutôt début XXe, par leur style et matériaux) pour y accueillir les Sous-Officiers : Adjudant-Chef et Chef (s) de Brigade (Maréchaux des Logis, en termes techniques). Ces bâtiments disposaient d’un relatif confort individuel.
L’un de ces deux bâtiments était situé dans un décrochement (au sud) ceint de hauts murs mitoyens, avec une courette sans soleil.
L’effectif se composait de :
- Un Officier, le Capitaine, responsable de la Ville et de l’Arrondissement, avec ses Brigades locales.
- Des Sous Officiers : un Adjudant-Chef, Adjoint du Capitaine et un (ou deux) Maréchaux des Logis.
- 20 Gendarmes à pied. Ces derniers exerçaient une fonction de recherches, d’enquêtes, d’arrestations, de répression des délits, de recrutement, mais en aucun cas de police de la route ou de circulation en général (du moins, en ville). En gros : ils faisaient un travail policier. (J'en reparlerai dans un prochain billet).
Après cette description ô combien précise effectuée par André, voici maintenant quelques clichés datant tous des années 30.
Alfred Marescaux, en premier communiant, dans la cour de la Gendarmerie (probablement en 1933). Derrière lui, on peut apercevoir la place de la Gendarmerie.
J'ai également très peu de photographies de cette place, hormis celles visibles dans les billets mentionnés plus haut.
Voici cependant plusieurs édifices, tels qu'ils étaient dans les années 30.
Cet immeuble, appelé "roi du rhum" faisait l'angle de la rue Beauverger avec la place de la Gendarmerie. Charles Renault, un autre lecteur assidu du blog, y est né en 1931. Il m'avait envoyé deux photos d'avant-guerre du café de son papa... Il était situé au 18 de la rue Beauverger, juste à côté de la place. Sans doute André l'a-t-il aussi connu...

Ce cliché date de 1930-1931. Comme celui qui va suivre, il présente différents chefs et gendarmes devant le bureau de la brigade. (Le personnage central était nommé Nectoux, et celui de droite prénommé Camille).
Ce cliché date aussi de 1930-1931. Il présente la brigade presque au complet, avec de gauche à droite, Francel, Couture, Nectoux (adjudant), Michel, Devallière (le père d'André) et un sixième personnage non identifié.
Ce cliché date de 1932-1933. On y retrouve Alfred Marescaux (le communiant du premier cliché), sa tante et André Devallière, assis, une canne sur l'épaule, signe d'une convalescence suite à la fracture d'une jambe... Les trois personnages posent dans le jardinet décoratif, situé au centre de la cour de la Gendarmerie. Tout au fond, on découvre les écuries pour chevaux évoquées plus haut...
Ainsi se termine ce reportage sur la Gendarmerie du Havre, telle qu'André l'a connue dans les années 30. Un grand merci à lui pour sa gentillesse, sa disponibilité et la confiance qu'il m'a accordée en m'envoyant ses précieux documents. Merci pour tout, ce fut un beau cadeau !
Merci aussi à Charles Renault de m'avoir envoyé les photographies du café de son papa.
Pour terminer, je préciserai que j'ai pris le parti de nommer les différents personnages présents sur les photographies. Au cas où vous seriez sur ces photographies, ou descendants d'un des personnages et que le fait d'être nommé vous gêne, n'hésitez pas à me contacter. Et si cela ne vous gêne pas, vous pouvez aussi prendre contact avec moi, je pense qu'André en serait ravi et... ému.
Sources :
- Photographies personnelles et commentaires explicatifs d'André Devallière.
- Photographies personnelles de Charles Renault.
23 avril 2009
Place de la Gendarmerie (suite et fin ?)
Héhéhé, j'ai retrouvé tout à fait par hasard une nouvelle photographie de la Place de la Gendarmerie...
Elle est extraite de l'ouvrage de Jean Legoy : Le peuple du Havre et son histoire, 1800-1914, le cadre de vie.
Jean Legoy précise que cette photographie est due à M. Dulaurier et qu'elle date de 1880. Elle représente le Marché de la Prison, place du Marché-de-la-Prison ou de la Gendarmerie, quartier Notre-Dame. On trouvait sur cette place, dans les dix boutiques et dans les cabanes : 37 fripiers, 12 cordonniers en chaussures d'occasion et 4 brocanteurs (d'après l'Almanach du Commerce du Havre pour 1876).
Ursule Prévost, veuve Patard, une lointaine ancêtre y fut fripière jusqu'en 1892, année de son décès... Elle logeait au 5, marché de la Prison, donc dans l'une des vieilles bâtisses que je vous donne à voir depuis quelque jours.
A l'extrême-droite du cliché, on découvre l'entrée de la rue de la Hache. Je vous en reparlerai demain, mais j'ai des petits soucis de cohérence historique par rapport aux clichés que j'ai en ma possession...
22 avril 2009
Place de la Gendarmerie (suite)
Il y a quelques temps, j'avais publié un billet intitulé Place de la Gendarmerie.
J'y présentais cette photographie, tirée de l'album Caccia que vous pouvez consulter aux Archives Municipales du Havre.

Cote de l'original aux AM : 8Fi2.
Seulement, d'autres photographies de cette même place existent. Ce sont elles que je vais vous présenter aujourd'hui. Toutefois, elles ne conviendront sûrement pas encore à Otto Graf, qui, je sais, consulte assidument ces billets sur cette place et la rue Beauverger, car elles sont trop antérieures à la période qu'il a connue, mais ce sont les seules que j'ai retrouvées... Néanmoins, si vous avez ce type d'archives chez vous, n'hésitez pas à m'en faire part ;-). Elles pourraient intéresser beaucoup de monde.
Je recherche notamment des photos de la Gendarmerie en question, mais aussi de cette place sans ces baraquements, ainsi que des photographies de la rue Beauverger.
Voici maintenant les photographies dont je vous ai parlé précédemment.

Cote de l'original aux AM : 8Fi3.
Au premier plan, on découvre une des halettes du marché ouverte. Sur l'étal, une rangée de chaussures et des coupons de tissu en exposition. Un enfant est assis à l'extrême droite. Au second plan, on retrouve les vieilles maisons d'habitations d'avant-guerre, certaines étant recouvertes d'ardoises. A droite, sur l'une d'entre elles, on voit la plaque indiquant la place de la Gendarmerie ainsi qu'un réverbère, marquant probablement l'entrée de la rue de la Hache (rue Collette). Je reviendrai sur cette rue demain.

Cote de l'original aux AM : 8Fi4.
Là encore, on repère au premier plan, les hallettes fermées du marché, et au second plan, des maisons d'habitation.
Sources :
- Photographies numériques d'après originaux déposés aux Archives Municipales du Havre : cotes sous chaque photographie.
27 mars 2009
Place de la Gendarmerie
Un petit billet très succinct à la demande de Charles qui cherchait une photographie de la place de la Gendarmerie...
Celle-ci a été réalisée par Angelo Caccia vers 1865...
Concernant Notre-Dame avant 1935, je n'ai pas compris s'il s'agissait de l'église ou du quartier... Je pense que vous trouverez votre bonheur dans un de ces deux articles :
Enfin, pour terminer, vous trouverez la seule photographie de la rue Beauverger que j'ai jamais vue à cette adresse : la rue Beauverger.
Tous ces articles viennent de ce blog... N'hésitez pas à fouiller, en utilisant les archives et plus précisément les archives par catégories. Vous trouverez des photographies surtout dans les rubriques : Les rues et les places, les édifices religieux et les édifices non religieux.
Dites-moi si ces infos vous conviennent, s'il vous plaît.
09 février 2008
La rue Beauverger
Cette rue a un attrait particulier pour moi, puisqu'un de mes ancêtres Jean PATARD y vivait en 1805. C'est dans cette rue qu'il rencontra son épouse Rose Désirée LEBOUCHER.
La rue Beauverger était située dans le quartier Notre-Dame et faisait la jonction entre la rue de la Halle (qui deviendra la rue Edouard Lang en 1936) et la rue des Remparts. Par cette rue, on pouvait accéder à la place du Marché de la Prison, et par conséquent à la dite prison, mais aussi à la rue Guillaume de Marceilles. Ironie de l'Histoire, on démolit cette prison en 1860 pour l'installer rue Lesueur, et on construisit à la place une Gendarmerie, achevée en décembre 1863. Cette prison avait été construite sur une partie de l'ancien couvent des Ursulines, ce qui valut parfois le nom de "rue des religieuses" à la rue Beauverger. Jusqu'en 1853, on trouvait encore des religieuses dans un autre bâtiment du couvent, à l'angle de la rue Beauverger et de la rue Guillaume de Marceilles. Pour mieux vous rendre compte de la disposition de ces rues, voici une représentation sur un plan de 1838.
Dans une description du Havre datée de 1825, on pouvait lire ceci à propos de la Place de la Prison : C'étoit autrefois un jardin où de pieuses Ursulines cherchoient à faire diversion à l'ennui du cloître. Plus d'une, en secret, y regretta le sacrifice qu'elle avoit fait de sa liberté, et de toutes ces choses qui répandent tant de félicité sur le cours de la vie. Ce même lieu est maintenant un marché de fripiers : les embarras du monde ont succédé au calme de la retraite ; un asile de paix s'est changé en un séjour tumultueux. [...] La place de la prison est parcourue de temps en temps par des prévenus qui se rendent à la maison d'arrêt, conduits par des gendarmes.
Plus tard, dans la seconde moitié du XIXème siècle, on élargit la rue Beauverger. Toutefois, elle garda sa largeur initiale entre la place de la prison, devenue place de la Gendarmerie et la rue des Remparts.
Sur cette photographie, on remarque l'étroitesse de la rue Beauverger dans sa seconde partie. La place de la Gendarmerie est à gauche, la rue des Remparts tout au fond. L'imposant immeuble représenté date de 1833.
Comme le reste de la rue, il sera détruit en 1944. La rue Beauverger ne fut pas reprise dans le plan d'urbanisme, lors de la reconstruction. Aussi bien son nom que son tracé furent alors abandonnés.
Dans Le Havre d'aujourd'hui, elle se situerait entre la rue Edouard Lang actuelle et la rue Emile Zola, parallèlement aux rues Jules Masurier et d'Estimauville. En voici un aperçu sur ce photo-montage réalisé à partir d'une image Google Earth.




















