L'Hôpital général du Havre, aux XIXe et XXe siècles...
Reprise aujourd'hui de l'historique de l'Hôpital général du Havre... Vous pouvez retrouver le début de cet historique ici :
Les constructions du XVIIe siècle évolueront peu jusqu'au XIXe siècle.
"Vüe de l'Hôpital pris du pavillon de le Villain au Havre le 25 août 1808",
par Charles-Alexandre Lesueur, Muséum d'histoire naturelle du Havre.
Au centre de la composition des bâtiments, on trouve la chapelle déjà évoquée dans les posts précédents, élément essentiel dans la conception des bâtisseurs, marquant que, dans l'établissement, on s'occupe autant des âmes que des corps. Cette chapelle, qui paraissait trop vaste en 1669, s'avère insuffisante à l'aube du XIXe siècle : elle contient 300 places et la population hospitalière est de 1.000 à 2.000 personnes dont la moitié est susceptible d'assister aux offices. Une nouvelle chapelle sera construite en 1880 après démolition de la première. Elle sera finalement inaugurée le 2 novembre 1882 par le vicaire génaral Margueritte.
La chapelle, inaugurée en 1882. Vue prise peu avant sa démolition.
Une des cloches de la chapelle (1863) aujourd'hui au Carmel du Havre.
Seulement, si la chapelle s'avère trop petite pour la population hospitalière, il en va de même pour les bâtiments hospitaliers. Du coup, des constructions nouvelles vont voir le jour au XIXe siècle.
En 1834, on décide que sur la partie est, de la salle des marins jusqu'en face de l'allée d'entrée, il n'y aura qu'un seul corps de bâtiment, du nord au sud, le bâtiment nord étant prolongé pour clore le quadrilatère ainsi constitué. La nouvelle construction sera en brique et dans le même style et les mêmes proportions que celles qui existaient déjà. Il y a donc un souci d'uniformité architecturale, dans le plan et dans le style, qui mérite d'être souligné.
En septembre 1835, on ajoute un bâtiment pour les cuisines.
En juillet 1838, on décide de construire une galerie formant perron tout au long de l'aile nord, d'ouvrir des croisées dans les cuisines et de procéder au nivellement du sol et à l'établissement de ruisseaux.
En janvier 1840, on décide d'agrandir le bâtiment des femmes, sur 30 mètres de long, toujours sur le même modèle, en prolongeant celui existant vers l'ouest. Edifié d'un rez-de-chaussée et d'un étage, il contiendra quarante lits et sera consacré aux femmes malades.
En mai 1846, on approuve les plans d'un bâtiment pour les vieillards, par surélévation du bâtiment aux étoupes. On décide aussi de prolonger le bâtiment nord à l'est, de reconstruire et prolonger les bâtiments sud, de part et d'autre de la chapelle et de convertir le comble de la chapelle en dortoirs.
En 1853, on étudie la construction d'un bâtiment pour les garçons rentrés des campagnes.
En 1856, on adopte le plan de Brunet-Debaines (l'architecte qui a dessiné l'Hôtel-de-Ville du Havre, construit entre 1855 et 1859) pour la construction d'un bâtiment pour les hommes. En août, on décide de construire vers le nord, un nouveau corps de bâtiment, notamment à cause de l'augmentation de la population de la ville et des marins étrangers. Rappelons que les communes d'Ingouville, de Leure, une partie de Sanvic et de Graville ont été annexées par la ville du Havre en 1852. Le nouveau bâtiment comprendra trois salles de vingt-huit lits.
En 1859, on parle de reconstruire le "mouroir" et de construire un bâtiment pour les lieux d'aisance.
En 1860, c'est un projet de bâtiment pour les femmes incurables qui est à l'étude. On décide finalement de construire un bâtiment pour les jeunes filles de douze ans et plus, à l'ouest de celui occupé par les garçons.
En août 1861, on agrandit la crèche.
Seulement, tous ces projets "décidés" par la Commission de l'Hôpital général du Havre ne verront pas le jour. Le 20 juin 1864, on décide (!) de réaliser tous les projets décidés antérieurement et non réalisés...
En 1870, constatant que les cabanons pour les fous et les folles sont humides, construits en pans de bois, ouvrant directement sur les cours, sans chauffage, sous l'ardoise, en un mot insalubres, on décide de construire sur le même emplacement un quartier pour les fous.
Finalement, voici le plan d'ensemble de l'Hôpital général avant 1880. La chapelle évoquée au début de l'article est encore à l'entrée. On peut noter l'augmentation des constructions par rapport au plan de 1712, visible dans l'article L'Hôpital général du Havre, en 1669...
Plan de l'Hôpital général avant 1880.
Pourtant, malgré toutes ces constructions, l'hôpital se révèle vraiment trop petit. Les constructions au coup par coup, et presque au cas par cas, ont en plus conduit à un mélange des services. Enfin, pendant la guerre de 1870-1871, est parue ce qu'on a appelé "la pourriture des hôpitaux".
Le 25 août 1874, la commission retient la solution de construire un "nouvel hospice" pour les vieillards et enfants malades. J'en parlerai dans des posts futurs. Cet hôpital ne sera inauguré qu'en 1885. Du coup, à partir de cette date, la question de cette nouvelle construction est posée et tout projet de construction ou de réaménagement de l'hôpital y sera associée. Un plan d'ensemble est adopté le 24 février 1880 pour éviter les inconvénients produits par des constructions au coup par coup.
Toutefois, la construction de ce nouvel hôpital ne va pas empêcher les nouvelles constructions dans l'enceinte de l'hôpital général.
En 1895, un pavillon pour les malades, parallèlement à la rue Saint-Thibaut (= Gustave Flaubert) est construit. Il comprend deux salles de 24 lits par étage, soit en tout 150 lits.
En 1900, le rapport d'inspection dit qu'il ne reste plus rien des premières constructions, l'hôpital ayant été rebâti au fur et à mesure sur le modèle des anciens bâtiments. Le plan d'ensemble élaboré en 1880 se poursuit, composé de pavillons à trois étages, avec corps central où sont placés les locaux de servitude, les W.C., les lavabos, les bains.
Voici le plan masse de l'hôpital général, dressé en 1901.
Plan masse de l'hôpital général, dressé en 1901 (AM Le Havre, FQ/Q3 10, 11).
Cette carte postale a été publiée sur le forum du GGHSM par Pierre Bruger.
En 1909, on décide de construire une aile à l'est du bâtiment des hommes et une nouvelle salle de chirurgie pour les femmes.
En 1923, quatre nouvelles salles sont inaugurées, ainsi qu'un bâtiment neuf à deux étages avec quatre salles d'opération.
Un nouveau projet d'aménagements et d'agrandissements est à l'étude en mai 1930, mais la guerre interrompra ces projets...
Voici quelques vues de l'hôpital sinistré suite aux bombardements de 1944...
Le pavillon de médecine (vue arrière), sinistré.
Façade et entrée du pavillon de chirurgie, déblayées après le bombardement du 2 août 1944.
Le pavillon Charcot (service des aliénés), après bombardement.
Le viaduc du funiculaire, tombé dans l'hôpital, le 2 août 1944.
Certains bâtiments seront reconstruits ou restaurés après guerre. C'est le cas du pavillon Mallard, du pavillon Launay, du pavillon Berger, devenu en 1988 le Pavillon Mère-enfant, communément appelé la maternité Flaubert... autant de constructions toujours visibles aujourd'hui...
Hôpital général, pavillon Mallard, après reconstruction de la partie sinistrée.
Ancien pavillon Berger, devenue Pavillon Mère-enfant.
Sources :
- Petite histoire illustrée du Havre, Beaucamp et Le Grix, Le Havre 1893.
- Le Havre de 1517 à 1966, 2500 dates au fil des années, Michel Eloy, Le Havre 1967.
- Regards sur quatre siècles de vie hospitalière au Havre, Philippe Manneville, Centre Hospitalier du Havre, éditeur, 1994.
Toutes les illustrations sont extraites de ce dernier ouvrage.










