L'Hôpital Pasteur, suite...
Ce post termine l'historique de l'Hôpital Pasteur commencé avant-hier.
Retrouvez cette première partie à cette adresse : l'Hôpital Pasteur.
Le Nouvel Hôpital était constitué de dix-sept pavillons, séparés les uns des autres et bâtis en amphithéâtre. Il y en avait six pour l'administration, six pour les hommes et cinq pour les femmes. Ils étaient tous de construction identique : un rez-de-chaussée élevé sur un soubassement dont l'intérieur se composait d'un promenoir, d'une salle de jeux ou de lecture, d'un magasin d'approvisionnement et de la chaufferie ; les salles du rez-de-chaussée étaient voutées en ogive et pourvues de ventilateurs. Tous avaient leur façade au sud. L'éclairage au gaz avait été remplacé par l'éclairage électrique. A l'époque, il représentait ce qu'il y avait de mieux en France en architecture sanitaire, et il le demeura quelques décennies, tant par sa conception que pour l'hygiène qui y était prodiguée.
L'inauguration d'abord prévue pour le 31 mai 1885 fut reportée alors que les invitations avaient déjà été envoyées.
En effet, ce fut ce jour qu'eurent lieu les obsèques de Victor Hugo. Finalement, l'inauguration de l'Hôpital Pasteur eut lieu le 14 juin 1885, en présence de M. Félix Faure, de Jules Siegfried et d'un grand nombre de personnalités médicales.
Voici maintenant une
série de photographies vous présentant la plupart des pavillons de cet hôpital. Ces photographies, réalisées par H. Rexès, sont, comme hier, extraites d'un album offert à l'Hôpital en 1885. Si un jour, vous voulez le consulter, il fait partie du
Fonds Hôpital, série L, carton 32, aux Archives Municipales du Havre.
Les photographies n'étaient pas légendées. Les légendes portées sous quelques unes des photos sont données sans certitude...
L'entrée.
Le pavillon C.
Arrière du pavillon C.
Pavillon E (Aseptique) et F en arrière-plan.
La chapelle à gauche et le pavillon H dans la continuité.
Le pavillon H.
Une salle de malades.
Le pavillon J. Au fond, les buanderies et les machines électriques.
L'arrière du pavillon J.
La buanderie.
Le pavillon L où se trouvaient entre autres les cuisines.
Le pavillon M.
Je ne sais pas où se trouvait cette grotte. Seule certitude, elle devait être dans l'enceinte du Nouvel Hôpital, puisque sur l'album photo...
Pour mieux vous repérer, voici le plan masse du Nouvel Hôpital, tel qu'il est préparé pour l'inauguration du 31 mai 1885, inauguration finalement ajournée.
Les premiers malades entrèrent dans l'hôpital le 26 juin 1885. Le Nouvel Hôpital était un hôpital de traitement où l'on recevait les blessés, les malades et les contagieux, hommes et femmes. Le personnel était laïque. C'est d'ailleurs pour cette raison que fut créée en même temps que l'hôpital une école de garde-malades.
Le 25 mars 1885, il avait été décidé d'appeler l'ancien hôpital Hospice général, et le nouveau, Hôpital de l'est. Mais, à la demande du maire, le 12 mai 1885, la commission acceptait de dénommer ce dernier Nouvel Hôpital. Cependant, comme le public n'utilisait pas ce nom et parlait plus souvent de l'Hôpital Quesnel, du nom de la propriété où il avait été édifié, en 1899, on décida de l'appeler Hôpital Pasteur.
Seulement, une vingtaine d'années seulement après sa construction, il fallut déjà songer à l'agrandir.
En septembre 1892, on étudie un projet de construction d'un "pavillon de contagieux".
En 1906, il fut décidé de construire un pavillon pour les tuberculeux.
Pendant la guerre 1914-1918, l'hôpital reçut beaucoup de blessés venant du front et quatre pavillons furent mis à la disposition de nos alliés anglais.
Au fur et à mesure des années, tout en conservant sa structure d'origine, l'hôpital suivit les progrès de la médecine et s'équipa en conséquence. Ainsi, en 1921, de nouveaux travaux furent projetés :
- construction d'une galerie vitrée reliant les pavillons C et D au pavillon aseptique d'opérations,
- construction d'une salle d'opération pour les deux services.
- construction de trois salles d'opérations pour les pavillons H, I, J.
- installation d'un service de bactériologie,
- installation d'un service de stérilisation,
- aménagement d'un dépôt mortuaire,
- aménagement de l'ancien pavillon des pensionnaires payants en sanatorium pour enfants...
Voici quelques autres photographies de l'Hôpital Pasteur au début du XXe siècle... La première est une carte postale personnelle, les autres sont extraites de l'ouvrage de Gilbert Betton, De Danton aux Ormeaux, paru aux éditions Bertout en 1994, pages 201 à 203.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Hôpital Pasteur fut en partie occupé par les Anglais, puis par les Allemands, de nouveau par les Anglais, avant de finir par les Américains.
Il servit aussi de dépositoire pendant le siège de la ville.
A la Libération, en dehors des pavillons occupés par les troupes alliées, certains servirent pour l'administration de la ville. Le Conseil Municipal se tint ainsi à maintes reprises dans le pavillon C.
Une partie des collections sauvées du Musée des Beaux-Arts furent mis en dépôt dans la chapelle de l'Hôpital. Elle ne fut rendue au culte que le 9 avril 1958, jour de Pâques.
Les collections de tableaux furent alors remisées sous le pavillon D.
La remise en état des pavillons s'échelonna de 1958 à 1960, au fur et à mesure que ces locaux étaient libérés par les différentes occupations consécutives à la guerre.
Sur cette photographie du pavillon I de l'Hôpital Pasteur prise après guerre, on peut notamment deviner les indications de services municipaux : service des eaux, voirie, égouts, état-civil...
En mars 1960, le Centre Hospitalier décide de consacrer cet hôpital à la gériatrie, ce qui dura jusqu'au 28 juin 1968, date du début de sa destruction pour faire place à l'Hôpital psychiatrique Pierre Janet.
Tous les pavillons de l'Hôpital Pasteur furent détruits, y compris la chapelle et "le château" (ancienne propriété Quesnel). Le dernier pavillon détruit fut le pavillon J, le 23 avril 1970.
Aujourd'hui, il ne reste rien de ces anciennes constructions, le petit pavillon d'entrée qui abrita encore quelques années les services de la Recette du Centre Hospitalier ayant été démoli en 1993.
Sources :
- Album de photographies noir et blanc : le Nouvel Hôpital achevé 1885 - Photographies de H. Rexès - Archives Municipales du Havre - Fonds Hôpital, série L, carton 32.
- Petite histoire illustrée du Havre, Beaucamp et Le Grix, Le Havre 1893.
- Le Havre de 1517 à 1966, 2500 dates au fil des années, Michel Eloy, Le Havre 1967.
- De Danton aux Ormeaux, Gilbert Betton, Editions Bertout, Luneray 1994.
- Regards sur quatre siècles de vie hospitalière au Havre, Philippe Manneville, Centre Hospitalier du Havre, éditeur, 1994.



























